France-Afrique du Sud: «On a gagné deux mi-temps sur quatre, c’est déjà pas mal », Guy Novès sait rigoler (quand il veut)

RUGBY Le sélectionneur joue gros après les deux défaites inaugurales contre la Nouvelle-Zélande…

J.L.
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Guy Novès lors de France-pays de Galles le 18 mars 2017 au Stade de France.
Guy Novès lors de France-pays de Galles le 18 mars 2017 au Stade de France. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Il paraît que la délégation française est rentrée retourner Marcoussis all night long après l’attribution de la Coupe du monde 2023 à la France, mercredi à Londres. Si les troisièmes mi-temps victorieuses veulent encore dire quelque chose, il faut croire qu’on avait déjà eu le temps de ranger les cadavres de bouteille au CNE. Novès, lui, avait dû mettre des boules quies, ou alors il n’a pas été invité. Venu livrer la composition des quinze braves envoyés au front samedi contre l’Afrique du Sud, le sélectionneur des Bleus s’est déclaré « ravi de cette victoire époustouflante, une magnifique récompense pour tout le rugby français », mais l’affaire doit lui paraître bien lointaine.

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Pendant que les cadres de la fédé faisaient la chenille dans les couloirs de Marcoussis, lui devait déjà faire des cauchemars peuplés de Sud-Africains doublement remontés. Remontés par la fessée cul nul reçue en Irlande samedi dernier, remontés par la défaite diplomatique pour l’obtention du Mondial 2023. « Je ne pense pas que les boks vont penser à ça en rentrant sur le terrain, c’est quand même dans six ans. Mais c’est une équipe qui a été capable de prendre 57 points contre la Nouvelle-Zélande et de presque les battre la fois d’après. La réaction ils vont l’avoir, je peux vous le garantir ». Et les Bleus, ils vont l’avoir la réaction ? On parle de ceux qui ont pris des photos des Néo-Zélandais en première mi-temps au Stade de France, quand la B faisait cent fois mieux deux jours après contre les (baby) blacks avec deux entraînements et demi en commun.

« Je ne peux pas vous garantir que ça va être le feu »

Le staff a décidé de donner une seconde chance à tous ces garçons, dans l’espoir de les voir « se racheter ». On a donc lancé Teddy Thomas, pas le plus mauvais l’autre jour, sur la dite notion de rachat. « Est-ce qu’on a compris pourquoi on avait raté notre entame ? Oui et non, mais ce n’est pas non plus plaisant pour nous de jouer comme ça. Je ne peux pas vous garantir que ça va être le feu en première mi-temps, mais avec la qualité qu’on a dans le groupe, quand elle va s’intégrer dans le collectif. C’est embêtant parce qu’on répète toujours la même chose, mais quand on va se trouver… ».

Le problème ? On se trouve rarement contre les Springboks, qui s’occupent avant tout de fracasser les bonnes intentions adverses en en faisant du hachis parmentier pour le dîner. Paul Jedraziak peut en parler, lui qui était du dernier test de la tournée sinistre de juin dernier. « On a parlé des 100 points encaissés sur les trois matchs, le staff nous l’a rappelé, et je crois que c’est dans la tête de tout le monde. Mais il faut se dire qu’on n’a rien à leur envier ». Comprendre qu’on avait plus à envier aux Blacks, et que cette série de test se joue maintenant, considérant que ça devrait le faire contre le Japon, quand même. A ce propos, puisque c’est déjà mort pour l’objectif des trois victoires en quatre matchs décrété par oukaze présidentiel, il vit comment le torrent de critiques qui va lui tomber sur la tête en cas de nouvelle humiliation, Guy Novès ?

« Cette question me fait toujours rire. Il faudrait lui poser à lui. On a joué deux fois la meilleure équipe du monde, si vous ne l’avez pas encore compris. Je sais faire des additions, ça va être compliqué de gagner trois matchs sur les deux derniers. Mais je vous répondrai qu’on a gagné la première mi-temps mardi et la deuxième samedi. C’est déjà pas mal ». C’était dit gentiment, avec l’humour du désespoir. Une autre pour la route : « Je serai tolérant si on donne le meilleur de nous-mêmes et qu’on doit perdre contre meilleur que nous. On veut une prestation qui se rapproche de celle de mardi, qu’on a observée avec fierté ». Une défaite honorable, donc, ce que le rugby français semble devoir espérer de mieux ces temps-ci.