Roland-Garros : « Porte-la, Julie ! » Comment une fan française de Novak Djokovic a soulevé la coupe des Mousquetaires
Témoignage•La Franco-Britannique est une fan inconditionnelle du champion de tennis serbe, qui lui a offert un magnifique cadeau après sa finale gagnée contre Casper RuudNicolas Stival
Les paupières lourdes mais le cœur léger, Julie a pris l’Eurostar ce lundi matin, pour un retour à la vie normale : son métier de professeur d’anglais à Londres. Avec elle, des souvenirs gravés à vie et une raquette de Novak Djokovic, dédicacée #23forJulie, offerte au sortir du 23e Majeur glané par le Serbe dimanche à Roland-Garros, après sa démonstration face à Casper Ruud. Rafael Nadal est (définitivement ?) dans le rétro, où l’on aperçoit au fond le bandeau de Roger Federer.
« Voilà, il l’a fait, savoure la trentenaire franco-britannique, fan absolue de Djoko depuis qu’elle l’a découvert devant la télé à l’aube de sa carrière, lors de l’édition 2006 de « Roland ». Nous [ses supporteurs] savions qu’il était le GOAT depuis très longtemps. Maintenant, plus personne ne pourra le contester. C’est le bonheur. »
Julie a fait plus que partager la joie de Djoko dimanche sur le court Philippe-Chatrier, comme en janvier lors de son triomphe à l’Open d’Australie. Elle a brandi la prestigieuse et robuste coupe des Mousquetaires (14 kg), remise quelques minutes plus tôt par Yannick Noah à son idole. « La porter pendant dix secondes, c’est un honneur, mais elle est très lourde », sourit-elle, avant de retracer la genèse de ces images peu communes, partagées sur ses comptes Twitter et Instagram dédiés à sa passion.
« « Novak a d’abord répondu à des interviews. Puis il est venu vers notre loge, où Lacoste m’avait invitée. Il m’a serrée dans ses bras et a posé sa tête sur mon épaule. J’ai eu encore plus l’impression que c’était mon frère ! Ensuite, il a pris mon téléphone. Le trophée a été ramené vers nous, il s’est tourné vers moi et m’a dit : "Porte-le, Julie". J’ai été très surprise, puis je l’ai pris. » »
On le devine en lisant ce témoignage : l’enseignante originaire des Deux-Sèvres n’est pas une supportrice ordinaire au sein de la « Nolefam », la communauté mondiale de mordu(e)s qui se régale à aduler celui qui est si souvent dénigré, sur et en dehors des courts.
Un entraînement avec Djoko à Belgrade
La Londonienne d’adoption, depuis treize ans, a noué une relation forte avec Djokovic, qu’elle suit dès qu’elle le peut autour de la planète, et dont elle a partagé l’entraînement lors d’un de ses séjours à Belgrade. A Adelaïde début janvier, le Serbe l’avait publiquement saluée après sa victoire sur le Canadien Denis Shapovalov en quart de finale. En 2022, il lui avait déjà offert une raquette, à Wimbledon, qui va donc avoir de la compagnie sur l’étagère à souvenirs de son domicile.
Cette fois, après avoir brandi la coupe des Mousquetaires, Julie a servi d’intermédiaire entre des fans du Serbe, qui n’avaient pas un accès direct au maître de Belgrade, et ce dernier. « Des gens m’ont donné plein de choses pour que je les fasse signer. Un Monsieur m’a confié son téléphone pour que Novak fasse une photo avec les gens derrière lui. »
Dans le grand livre de sa passion, le chapitre « Paris 2023 » tiendra forcément une place particulière. « J’ai découvert Novak à la télé à Roland-Garros, je suis Française, c’est le tournoi qu’il a le plus de mal à avoir, et c’est là qu’il pète le record ! », énumère Julie, après avoir assisté à cinq des sept matchs de la nouvelle épopée de Djoko - « je travaillais lors du quart et de la demi-finale ».
Bientôt des cours de français ?
A présent, la Franco-Britannique s’attend à un contrecoup, au sortir d’un dimanche aussi chargé en émotions : « Ce soir [lundi], je pense que je vais pleurer de bonheur comme une madeleine. » Ce moment de catharsis passé, il sera temps de penser à Wimbledon, près de chez elle, où Djokovic apparaîtra, encore, comme le grand favori. Ensuite, il s’agira peut-être d’affiner ses talents de polyglotte. « Toute la semaine dernière, Novak a dit qu’il cherchait un prof de français, reprend Julie dans un sourire. Après la finale, il m’a dit : "Au fait, je crois que je l’ai trouvé : toi !" Peut-être qu’un jour… »
Pour l’heure, il n’est pas encore question d’apprendre les charmes de l’imparfait du subjonctif au champion, déjà à l’aise lors de ses discours d’après-match dans la langue de Richard Gasquet. « Il fait des erreurs, quand même ! », plaisante Julie. Toujours plus que pendant un tie-break, c’est certain.


















