PHM a passé le premier tour des qualifs
PHM a passé le premier tour des qualifs — PHILIPPE LOPEZ / AFP

TENNIS

Roland-Garros: Sans rancune, grosse ambiance... On était au premier match de qualif' de PHM

Paul-Henri Mathieu s'est qualifié pour le deuxième tour des qualifications de Roland-Garros. Et le court n°6 était plein à craquer pour voir ça...

  • Paul-Henri Mathieu a été privé de wild-card et doit donc passer par les qualifications pour espérer jouer Roland-Garros
  • Il a battu le Japonais Ito en trois manches
  • Le court numéro 6 était plein à craquer pour assister au match du Français

C’était un vrai match de Roland-Garros : le court n°6 était plein, il y avait des enfants, des jeunes, des vieux, des « popopopololo » et même le gros relou qui gueule toutes les 30 secondes « allez Paulo » sans faillir jusqu’à la fin du match. Tout le monde était chaud pour aider Paul-Henri Mathieu à franchir le premier palier de ces qualifications qu’il n’avait « pas du tout planifié » comme il l’a répété au sortir de sa victoire contre le Japonais Ito (6-7, 6-2, 6-2).

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Fichue wild-card que le tournoi n’a pas voulu lui accorder pour sa dernière à la Porte d’Auteuil. De quoi laisser PHM sur sa faim, forcément : « Il a fallu passer au-delà de beaucoup de frustration », a-t-il avoué, fatigué, au sortir de son combat de plus de deux heures. Et de se rattraper :

« Je n’ai pas de revanche à prendre. J’ai joué pour défendre les valeurs du sport, comme je le fais depuis que je suis tout petit. »

« PHM, je suivais ses matchs quand j’étais au lycée »

Le public est un peu plus belliqueux. « C’est un énorme scandale. On en donne une à Benneteau et pas à Paulo ? Elle est où la logique », s’insurge Stéphane, bientôt la soixantaine, et grand habitué des courts annexes. Tellement habitué qu’il s’est équipé d’un petit coussin pour s’octroyer un surplus de confort sous le soleil parisien. « Ça fait plus de 20 ans que je viens à Roland-Garros », nous raconte-t-il.

Du haut de son expérience, il nous confirme que les gradins sont anormalement remplis pour un premier tour de qualifs. « Bien sûr que c’est l’effet Paulo ! C’est pour lui tout ce monde. D'habitude ce n'est pas rempli ici. » A quelques rangées de là, Amandine, 30 ans de moins, fait partie de ces personnes qui ne seraient pas venues en temps normal. « PHM c’est un joueur emblématique de sa génération. Je suivais ses matchs quand j’étais au lycée. Je sais pas si c’est par nostalgie mais oui, c’est pour lui que je suis là. Et puis le coup de la wild-card… Il faut qu’on lui montre qu’on est là », s’enflamme la jeune femme.

La spéciale Paulo : tie break perdu 7-0 puis résurrection

Pendant les deux grosses heures qu’a duré la rencontre, les fans étaient bien là. Surtout quand Paul-Henri Mathieu en avait le plus besoin, comme après ce tie-break de la première manche inexplicablement balancé (il l’a perdu 7-0). « Allez Paulo, c’est rien ! », clament les uns, « relâche-toi, joue ton jeu », conseillent les autres.

Comme par miracle, le Français se réveille. Plus incisif, plus confiant, il ose rentrer dans la balle, prend le contrôle du jeu en fond de court et gifle le Japonais d’un double 6-2. L’histoire ne dit pas qui de cette pause de presque dix minutes ou des encouragements des supporters du court n°6 auront fait pencher le match en faveur de PHM. Sans doute un peu des deux. Une chose est sûre, l’Alsacien a apprécié l’ambiance.

« J’ai vécu tellement de moments forts et intenses ici. Je suis tellement fier de partager ces moments avec eux. »


 

Son succès de lundi lui permet donc non seulement de continuer à rêver d’atteindre le tableau final de Roland-Garros mais aussi de s’offrir un nouveau bain de foule mercredi, face à Alejandro Gonzalez. Seul problème, un invité indésirable se pointera avec Paulo sur le court : la fatigue.

Et quand on lui a demandé s’il en avait assez dans le coffre pour franchir les trois tours de qualif, il a un peu soupiré. « Peut-être avec l’aide du public », a-t-il souri, avant de s’éclipser. Par chance, Gonzalez a également bataillé pendant trois sets sous le cagnard lundi après-midi. Les jambes seront donc lourdes des deux côtés. Les supporters, eux, ne pousseront que dans un sens.