PSG – Bordeaux : Messi et Neymar sifflés, ultras courroucés… Paris a passé un sale aprèm malgré la victoire en Ligue 1

FOOTBALL Messi et Neymar ont été ciblés par les ultras parisiens en colère lors de PSG-Bordeaux (3-0), dimanche, plusieurs jours après la défaite contre le Real Madrid en Ligue des champions

William Pereira
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Neymar a été largement sifflé par le virage Auteuil
Neymar a été largement sifflé par le virage Auteuil — Thibault Camus/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Evacuons immédiatement le sportif. Deux équipes dépressives pour des raisons bien distinctes – le PSG a ses problèmes de riche, Bordeaux de pauvre – ont offert en Ligue 1 un triste spectacle à l’épilogue prévisible (3-0, buts de Mbappé, Neymar et Paredes). En définitive, et pour reprendre les mots du virage Auteuil après l’ouverture du score de Kylian Mbappé, on se battait bien les couilles de ce qui pouvait advenir sur la pelouse du Parc des Princes, dimanche après-midi. Ce n’est pas manquer de respect à qui que ce soit que de le dire, c’est un fait. La saison du PSG a sombré dans la vacuité à la minute où son sabordage à Madrid était acté et celle de Bordeaux n’a jamais commencé. Le seul intérêt de la journée résidait donc dans la réaction des supporters parisiens et plus précisément de ses ultras après ce nouvel exploit à l’envers en Ligue des champions. Verdict, on n’a pas été déçu.

Les plus taquins diront que le 12e homme a, contrairement à son équipe, le goût des grands rendez-vous. Le virage Auteuil ne s’est pas dégonflé à l’heure de tenir la promesse d’une ambiance hostile. Les supporters en colère avaient tout prévu, des sifflets aux chants en passant par le jet de papier toilettes sur la pelouse, bien à l’ancienne. Petit regret pour la dernière partie du plan : le PQ n’ayant passé la sécurité, elle n’a pas vu le jour. Il restait bien les mouchoirs blancs en dernier recours, mais utiliser un gimmick du foot espagnol juste après s’être fait taper par le Real, bof.

Mbappé et Mendes épargnés, Messi et Neymar hués

Le club a bien fait ce qu’il a pu pour étouffer la déferlante hostile en provenance des tribunes, dans la limite de ses moyens. C’est-à-dire qu’après avoir foutu la sono du stade à fond au moment où les joueurs pénétraient la fosse aux lions, il n’y avait plus rien pour empêcher les sifflets et les insultes, déjà bien présents à l’annonce de la compo parisienne.

A part Nuno Mendes et Kylian Mbappé, vivement applaudis, les autres joueurs ont été snobés. L’attaquant français a même eu droit à un moment de contemplation jubilatoire en seconde période. Seul au point de penalty, patientant ballon à la main la décision de la VAR, Mbappé reçoit les hommages appuyés de supporters reconnaissants. Neymar et Messi (sans oublier Leonardo et Nasser Al-Khelaïfi) ont également reçu un traitement de faveur, mais dans l’autre sens, celui où vos tympans saignent sous l’effet des sifflets. Deux salles, deux ambiances.

Pochettino défend Messi et Neymar

Un courroux à géométrie variable dénoncé par Mauricio Pochettino après la rencontre, au micro de Canal +. « Pour moi c’est injuste. Nous méritons tous cette colère des supporters, pas uniquement Messi et Neymar. » Un peu culotté de la part d’un homme qui n’a pas osé s’aventurer dans sa zone technique de tout le match pour aller récolter sa part du butin. Ne jetons tout de même pas la pierre sur l’Argentin, il y avait de quoi flipper. Combien de paires de jambes parisiennes a-t-on senti trembler, combien de mâchoires a-t-on entendu claquer dès les premières minutes de la première période, où chaque prise de balle parisienne était huée et chaque passe bordelaise couronnée d’un « oooooolé » ?


L’ironie veut ici que Paris doive la bonne tenue de sa journée à plusieurs interventions autoritaires de son gardien – Navas à la place de Donnarumma - en début de match, quand tout menaçait d’aller à vau-l’eau. A l’heure où l’on écrit, les amateurs d’uchronies imaginent probablement Marquinhos soulever la Ligue des champions dans leur monde fictif où San Keylor aurait été titularisé à Madrid. Mais là, on s’égare.

Kimpembe comprend « la haine et les cris »

Il y a quand même eu du courage côté parisien, dimanche. Du panache, même. Prosternation totale devant Thilo Kehrer. L’Allemand se fait chambrer comme pas permis depuis le jour où il a signé à Paname, n’a aucune responsabilité dans l’échec européen mais se dévoue quand même pour être du trio qui va se rapprocher au plus près des fans enragés. Le petit groupe est mené par Presnel Kimpembe qui applaudit et s’excuse timidement, avant de faire demi-tour.

« On comprend leur déception forcément, on comprend leur haine et leurs cris, a déclaré le défenseur au micro de Prime Video. Maintenant on est professionnel, il faut savoir le rester aussi, c’est maintenant qu’il faut relever la tête et pouvoir avancer pour pouvoir remporter cette Ligue 1. » Le championnat, dernière branche à laquelle s’accrocher. A part ça, plus rien : ni Ligue des champions, ni Coupe de France, ni soutien.