PSG-Basaksehir : « La décision est venue des joueurs »… Que s’est-il dit dans les travées du Parc mardi soir ?

FOOTBALL Turcs et Parisiens sont longuement revenus sur les événements de mardi après la victoire du PSG contre Basaksehir

Aymeric Le Gall

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De concert, joueurs turcs et parisiens ont pris la décision de ne pas revenir sur la pelouse mardi soir.
De concert, joueurs turcs et parisiens ont pris la décision de ne pas revenir sur la pelouse mardi soir. — FRANCK FIFE / AFP
  • Après l’interruption du match mardi soir, le PSG s’est finalement imposé (5-1) contre Basaksehir au Parc des Princes mercredi.
  • A l’issue de la rencontre, les acteurs sont revenus sur les échanges en coulisses qui ont conduit à ne pas revenir sur la pelouse mardi.

Au Parc des Princes,

Sans surprise, la raclée parisienne contre Basaksehir mercredi soir n’a pas accaparé les questions des journalistes en conférence de presse d’après-match. D’une part parce que sur le terrain il n’y a pas eu photo entre les deux équipes, d’autre part parce que les événements de la veille étaient encore dans tous les esprits. L’un après l’autre, Thomas Tuchel et Okan Buruk ont pris le temps de revenir sur ce qu’il s’était passé la veille, au moment où les deux équipes ont décidé de rentrer aux vestiaires pour se parler loin des micros et des caméras.

S’il a expliqué qu’à titre personnel il n’avait pas tout entendu de ce qui s’était dit au bord du terrain avec le quatrième arbitre, Tuchel s’est rangé derrière l’avis de ses joueurs sans discuter. « Ils ont pris une décision très forte hier [mardi], ils ont montré de la solidarité avec l’adversaire, c’est une décision courageuse. Dans les vestiaires, c’était vraiment clair dès le début qu’ils voulaient avoir cette réaction, c’était nécessaire pour eux de se montrer solidaire des adversaires. »

Tuchel opte pour l’autogestion

Pour Kylian Mbappé, très impliqué dès le départ des échanges entre les Turcs et les arbitres roumains mardi soir, la question de savoir s’il fallait ou non reprendre la rencontre ne s’est pas posée longtemps. « Bien sûr que je suis fier de ce qui a été fait, confiait-il au micro de RMC mercredi. Plein de choses ont été dites mais, en réalité, il n’y a rien de mieux que les actes. On est fatigués, on ne veut plus jamais subir cela. On est tous des êtres humains et ça c’était intolérable. Les gens en ont marre et il fallait faire quelque chose. Hier [mardi], on n’était pas déçus de ne pas jouer. On a pris cette décision, on était fiers. Car, à force de laisser passer ce genre de choses, on laisse croire que c’est normal. Mais non. Après, il fallait se remettre la tête au foot et on l’a très bien fait. »

A circonstances exceptionnelles, préparation exceptionnelle : après les événements de la veille, l’entraîneur parisien et son staff sont tombés d’accord pour ne pas trop intervenir auprès du groupe. La préparation purement sportive de ce match avait déjà été effectuée les jours précédents, l’idée mardi soir et mercredi était donc de laisser les joueurs gérer ça à leur sauce. Il faut dire que Tuchel commence à avoir l’habitude de ces matchs de Ligue des champions disputés sur deux jours à cause d’événements étrangers au terrain, même si le traumatisme vécu par ses joueurs à Dortmund était tout autre en 2017 après l’attaque à l’explosif avant le quart de finale aller contre Monaco.

« On a montré au monde entier qu’on était tous unis »

« On a fait un déjeuner ensemble aujourd’hui [mercredi], on n’a pas parlé de sport parce qu’on avait déjà préparé ce match en amont. Là, c’était nécessaire de ne pas forcer la concentration de mes joueurs, j’ai pris conscience que je devais les laisser échanger entre eux. C’est important qu’il n’y ait pas que le foot dans leurs préoccupations. On les a donc laissés faire tranquillement. On savait qu’ils répondraient présents et qu’ils feraient un bon match malgré le contexte. J’ai vraiment aimé l’état d’esprit qu’ils ont affiché. »

Pour Okan Buruk, le coach de Basaksehir qui a pris la suite de Tuchel dans l’auditorium du Parc des Princes, la claque reçue sur le terrain était déjà de l’histoire ancienne. « L’important, a-t-il dit, c’était de montrer qu’on était tous derrière Achille Webo, nous, le staff, nos joueurs, mais aussi ceux du PSG, Neymar, Mbappé, etc. Tout le monde a été uni. Dans les vestiaires, la décision est venue des joueurs. Certains ne voulaient plus retourner sur la pelouse, on l’a parfaitement compris et le principal c’était de ne pas se diviser sur cette question. L’UEFA nous a aussi aidés en acceptant le report du match, on a montré au monde entier qu’on était tous unis contre le racisme. »