VIDEO. PSG-Montpellier : Blâmer Neymar pour avoir chambré balle au pied, est-ce bien raisonnable ?

FOOTBALL Très en vue, Neymar ne s'est pas privé de narguer ses adversaires

William Pereira

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Cette photo parle avec l'accent italien
Cette photo parle avec l'accent italien — Christophe Ena/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Le coup d’envoi de PSG-Montpellier vient à peine d’être donné, le ballon ne roule que depuis une minute et Neymar touche son premier ballon. Pas le plus simple. Acculé dans son camp au bord de la ligne de touche, le Brésilien fait mine de prendre de l’élan pour dégager le ballon dans les 22 mètres adverses. Il n’en sortira qu’un grand coup de pied dans le vent. Son vis-à-vis tombe grossièrement dans le panneau et Neymar l’observe, pied sur le ballon, tourner le dos pour se protéger inutilement. Une minute de jeu et le Brésilien a déjà répondu par la provoc' aux nombreuses critiques formulées par Andy Delort après le match aller, reformulées avant le match et sur lesquelles l’attaquant est revenu en zone mixte.

« Pourquoi je regretterais (ce qu’il a dit sur Neymar)? J’ai jamais dit que c’était pas un bon joueur, c’est un très bon joueur on l’a vu ce soir. Bravo à lui, c’est un super joueur. Ce soir on a vu qu’il était en forme,  je sais pas si c’est parce qu’il a pas joué en Coupe de France, en tout cas quand il joue comme ça c’est inarrêtable. »

Stopper Neymar, les Montpelliérains n’y sont parvenus que de manière illicite. Neuf fautes subies par le numéro 10 parisien, soit une toute les dix minutes en moyenne. Un joli score qu’on peut expliquer par un cercle vicieux. Ney chambre, les défenseurs le charcutent, il s’énerve, chambre encore plus et ainsi de suite.

Neymar aurait bien pris un jaune pour avoir chambré la défense

L’apogée de ce schéma survient peu après la demi-heure de jeu, moment choisi par Neymar pour dégainer sur le couloir gauche la fameuse lambretta qu’on sentait poindre depuis un moment devant le pauvre Arnaud Souquet, complètement dépassé. Une poignée de seconde plus tard, l’arbitre se dirige vers le Brésilien pour discuter avec lui. Le ton monte, et M.Brisard sort le jaune.

Selon Presnel Kimpembe, interrogé en zone mixte, c’est bien pour son chambrage balle au pied que son coéquipier a été sanctionné.

« La réponse de l’arbitre a été un peu bizarre. Il disait qu’il a chambré l’adversaire et donc il a reçu un carton », ce à quoi même Andy Delort n’adhère pas. « J’ai pas compris pourquoi il a mis le jaune. Si c’est pour un dribble je trouve pas ça normal. »

L’embrouille s’est poursuivie à la mi-temps dans le tunnel du Parc des Princes. Alors que Verratti demande des explications à l’arbitre sur les raisons du blâme écopé par son coéquipier, Neymar débarque et interpelle à nouveau M. Brisard. « Moi, je joue au football et lui me met un carton jaune. Dis-lui qu’il ne peut pas me mettre un jaune ! » L’arbitre lui demande de s’exprimer en français. Réponse : « Parle français… Mon cul ! ». Ambiance. Si la version des Parisiens se confirme, en effet, il ne peut pas lui mettre de jaune, même si l'intention peut être celle de préserve la star parisienne. L'arbitre pensait-il dissuader Neymar de poursuivre son cirque pour lui épargner la guillotine à chevilles? 

« Le Neymar qu'on aime voir »

Le fond du débat est connu. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’on s’écharpera sur le cas Neymar. Joueur incroyable au style de jeu clivant. Oui, il peut être insupportable, inélégant dans l’humiliation, lourd dans sa manière d’en rajouter une caisse sur Instagram, tout ce qu’on veut. Mais on ne peut lui enlever un certain sens du spectacle entre quatre lignes. En cela, il est l’un des derniers garants d’une certaine vision du football, celle de son pays d’origine. Delort comme tous les autres reconnaissent sa valeur une fois les frustrations mises de côté. Finalement, Presnel Kimpembe est peut-être celui qui raconte le mieux le Neymar de samedi soir.

« C’est le Neymar qu’on aime voir, c’est le Neymar que les spectateurs aiment voir. Quand il est dans des grands soirs comme ça, on a les yeux grands ouverts, et on est très heureux de l’avoir parmi nous. » Les adversaires sont simplement inversement proportionnellement tristes de devoir se le farcir. Mais entre nous, mieux vaut se prendre dix petits ponts dans l’année et applaudir l’otarie le reste du temps que s’emmerder dans une farmers league sans fantaisie​, non ?