PSG-Montpellier : Tuchel a sorti Mbappé, Kyky a encore boudé et ça commence à devenir agaçant

FOOTBALL Nouvelle prise de bec entre Mbappé, pas content de sortir, et Tuchel, pas content que Kyky soit pas content

William Pereira

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Pas toujours facile, la vie de couple
Pas toujours facile, la vie de couple — Christophe Ena/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Ça commence à devenir une vilaine habitude dont Thomas Tuchel se passerait volontiers. On approche de la 70e minute, le PSG mène déjà 5-0 contre Montpellier et l’entraîneur allemand fait logiquement tourner son effectif. Il décide de faire sortir Kylian Mbappé au profit de Mauro Icardi. 

La scène qui suit, vous la connaissez, vous l’avez peut-être anticipée comme nous en voyant la nonchalance de Kyky et l’absence de joie émanant des poignées de mains adressées à ses partenaires entrants. Mbappé boude, passe sa main devant la bouche pour éviter de donner du grain à moudre aux lecteurs sur lèvres et glisse deux, trois mots qu’on devine pas très sympas à Tuchel. L’entraîneur parisien retient tant bien que mal le loustic, tente de se justifier, de le calmer, rien n’y fait. Le buteur file sur le banc et met un vent au membre du staff qui lui tendait une doudoune.

Ambition vs partage

Zone mixte, une bonne demi-heure après le coup de sifflet final. Entre des vents de joueurs montpelliérains dépités et l’arrivée, trois siècles plus tard, des joueurs du PSG, gros débat entre journalistes sur le cas Mbappé. Un confrère ne cache pas en avoir « marre de ses réactions à la con », un autre reproche à ce dernier son aigreur. Chacun choisira son camp, chacun se fera son avis. Pour Idrissa Gueye, par exemple, pas de problème, les grands joueurs sont comme ça, c’est une saine ambition, il veut marquer tout plein de buts, enfin bref, vous connaissez le blabla.

« Énervé [Mbappé] ? Non mais frustré oui parce que c’est un compétiteur, qu’il veut marquer plus de buts, et il sentait qu’il y avait peut-être l’opportunité de marquer plus de buts. On a besoin de ce genre de joueurs qui ont cet état d’esprit de vouloir gagner tout le temps, de marquer tout le temps. »

Pacifique, Idrissa Gueye. D’ailleurs, personne n’ose vraiment accabler le jeune homme. Seul Angel Di Maria s’est mouillé (mais seulement le bout du bout des orteils) au micro de Canal+. « Tout le monde veut jouer, personne ne veut sortir, c’est normal. Kylian ou n’importe quel attaquant que l’entraîneur veut sortir, c’est difficile mais il faut comprendre qu’il y a des gars sur le banc qui veulent rentrer et il y en avait la possibilité. Il faut le comprendre. »

« Je ne suis pas en colère mais je suis triste »

On peut comprendre, nous, qu’aucun joueur ne veuille créer d’incident diplomatique alors que tout roule sur le plan sportif et encore moins un soir de manita. La responsabilité du recadrage revient, en toute logique, à Thomas Tuchel en conférence de presse. Agacé. Peiné, même : « Je ne suis pas en colère mais je suis triste parce que ce n’est pas nécessaire ». Pour l’Allemand, ce genre de scène reflète une réalité parallèle à celle du quotidien du groupe parisien qui « montre chaque jour un état d’esprit professionnel », et ce type de comportement « donne toujours l’impression que ce n’est pas comme ça ». Avant de tacler plus durement l’international français. « Ça va rester comme ça : je vais toujours décider sportivement. On ne joue pas au tennis, on joue au foot, on doit avoir du respect pour tout le monde. »

Pas sympa pour les joueurs de tennis, mais on n’aurait pas dit mieux. Et puis Kylian, si on peut se le permettre, s’agirait de voir à long terme. Dortmund approche, il faut économiser ses forces. La rage de vaincre, il faut la garder pour le mutant de 19 ans qui tourne à un but toutes les quinze minutes en moyenne.