OM-PSG: Ronaldinho, la rivalité, la fausse signature de Blanc... Trois anecdotes racontées par l'historien du PSG

FOOTBALL Michel Kollar compile dans « 100 histoires extraordinaires du PSG » sorti mercredi des anecdotes sur l'histoire du club parisien...

N.C.

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Ronaldinho et Aloisio lors d'un match Lille-PSG, le 12 septembre 2002.
Ronaldinho et Aloisio lors d'un match Lille-PSG, le 12 septembre 2002. — LEFEVRE SYLVAIN/SIPA
  • L'historien du club parisien Michel Kollar sort un livre, «100 histoires extraordinaires du PSG».
  • Il nous en détaille trois concernant les OM-PSG, avant la rencontre de dimanche soir. 
  • Vous le saviez, vous, que Laurent Blanc avait signé un contrat avec Paris à l'été 1992?

En plus de 40 ans d’histoire,le PSG en a connu, des vedettes, des trophées, des défaites, des matchs dingues, des prises de bec. De quoi nourrir un paquet de petites anecdotes. Historien attitré du club parisien, Michel Kollar a choisi les plus marquantes, qu’il raconte dans un livre, 100 histoires extraordinaires du PSG, paru mercredi. Avant OM-PSG dimanche, nous lui en avons fait relater trois, en rapport avec d’anciennes rencontres entre les deux rivaux.

>> Vous pourrez poser vos questions à Michel Kollar lors d’un Facebook live diffusé sur notre page 20 Minutes Sport à partir de 15h ce vendredi.

Anecdote numéro 1 : Ronaldinho avait tout prévu

Le contexte

Tout le monde se souvient de ce match. 9 mars 2003, Ronaldinho, avec l’aide de Jérôme Leroy, s’offre un festival au Vélodrome. Ses accélérations et ses dribbles rendent folle la défense marseillaise, et le PSG s’impose 3-0. Incontestablement le meilleur match du Brésilien lors de son passage à Paris, où il aura brillé par son irrégularité.

Ce qu’en dit l’auteur

« Jérôme Alonzo m’a raconté que c’est lors de la mise au vert, le matin du match, que Ronaldinho a décidé qu’il gagnerait le match à lui tout seul. Ça paraît un peu fou, mais c’était tout lui. Ce matin-là, il trouvait qu’il faisait beau, il était zen. C’était le genre de rencontre qu’il adorait. Ronaldinho n’a pas gagné de trophée avec Paris, mais il a toujours été présent dans les grands matchs. Cette saison-là avait été compliquée avec Luis Fernandez, et Alonzo s’est souvenu de la raison de la brouille entre les deux hommes. Elle est peu connue. En tout début de saison, le Brésilien, tout juste champion du monde, devait faire son retour lors d’un match à domicile. Il démarre sur le banc, part s’échauffer, se change, tout le monde est sûr qu’il va rentrer mais au dernier moment, Fernandez lui dit d’aller se rasseoir. Le regard que lui a lancé le Brésilien à ce moment-là annonçait la saison venir. Il s’est senti humilié. »

Luis Fernandez et sa grande passion: faire sortir Ronnie du banc.
Luis Fernandez et sa grande passion: faire sortir Ronnie du banc. - GABRIEL BOUYS / AFP

Anecdote numéro 2 : Une bonne équipe, mais pas trop

Le contexte

En 1991, Canal +, diffuseur exclusif de la D1, rachète le PSG dans le but de concurrencer l’OM et relancer l’intérêt du championnat. Il fallait donc monter une équipe compétitive (arrivées de Le Guen, Valdo et Ginola la première année, Weah, Roche et Lama la seconde)… mais pas trop, pour ne pas non plus tout gagner trop facilement. Une stratégie originale dans le sport professionnel.

Ce qu’en dit l’auteur

« Michel Denisot ne s’en est jamais caché. Il fallait faire gagner le PSG, mais surtout faire de PSG-OM un vrai feuilleton. Bernard Tapie avait aussi son intérêt là-dedans. L’exemple le plus flagrant, c’est Sonny Anderson. A l’époque, le Brésilien appartient au Servette Genève, qui est une filiale du PSG. Le club parisien aurait donc pu le récupérer sans problème, c’était un jeune attaquant promis à un grand avenir dont tout le monde parlait. Mais Canal a préféré laisser le joueur à l’OM, qui avait des soucis [le transfert se fait en 1993, quelques mois après l’affaire VA-OM]. Il ne fallait pas qu’un club écrase l’autre, un choix fait pour l’intérêt des abonnés. D’ailleurs, après les déboires des Marseillais, le PSG aurait dû être sacré champion de France à leur place, et disputer la Ligue des champions l’année suivante. Mais le club n’a pas voulu. Il y avait une rivalité mais aussi une complicité entre les dirigeants des deux clubs. »

«Désolé».
«Désolé». - Stephane Allaman/SIPA

Anecdote numéro 3 : Tant pis pour Laurent Blanc

Le contexte

A l’été 1992, Laurent Blanc, alors à Naples, veut rentrer en France. Tout est en place pour un transfert au PSG, il signe même un contrat. Mais le club parisien fait machine arrière au dernier moment. « J’ai encore le contrat dans une de mes armoires », dit dans le livre l’ex-sélectionneur, qui a finalement rebondi à Nîmes.

Ce qu’en dit l’auteur

« Cet épisode l’a énervé. Même quand il était entraîneur du club (2013-2016), il avait encore du mal à en parler. En fait, c’est à cause de Bernard Tapie. Marseille voulait acheter Blanc, mais ce dernier avait refusé de venir. Entre-temps, le PSG avait pris Roche à Auxerre, alors que l’OM devait le récupérer. Voyant Blanc disponible, les Parisiens sautent sur l’occasion. Mais Tapie est intervenu pour expliquer aux dirigeants du PSG qu’il leur avait gentiment laissé Roche, et qu’il n’accepterait jamais que Blanc signe aussi. Paris et Jean-Michel Moutier, le directeur sportif, étaient très embêtés. Il a fallu trouver une solution, et ça a été malheureusement pour Blanc de l’empêcher de venir. Conséquence indirecte, on a dit à l’époque que c’était une question de nombre de joueurs sous contrat, et Bravo et Simba, qui devaient partir mais qui étaient finalement restés, étaient devenus les têtes de turc du Parc parce que tout le monde pensait que c’était de leur faute. En fait, c’était un choix politique vis-à-vis de Tapie. »