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PSG: Le public du Parc des Princes est-il blasé ?
FOOTBALL•Il n’y avait déjà pas beaucoup d’ambiance au Parc, mais c’était encore plus frappant contre Lyon dimanche soir…B.V.
L’idée n’est pas de refaire tout l’historique, on le connaît : plan de sécurité Leproux + rachat par les Qataris + politique de starification = moins d’ambiance au Parc des Princes depuis près de cinq ans. La formule mathématique est difficilement contestable. Mais elle n’a jamais semblé aussi vraie depuis quelques semaines, et particulièrement lors de cette aussi éclatante (sur le terrain) que silencieuse (dans les tribunes) victoire face à Lyon.
>> Coupe de la Ligue : PSG-Saint-Etienne est à suivre mercredi en direct dès 20h45
Dans une chronique très partagée sur les réseaux sociaux, le journaliste de l’Equipe Vincent Duluc assommait lundi un public « incapable d’organiser un chant », « qui fait du bruit à chaque fois qu’il y a deux buts d’écart », sans « éducation et culture foot ». Quoi de bien neuf, au fond ? « Que c’est encore pire qu’avant », répond Frédéric, abonné de longue date. Qu’il y a six mois, un an, depuis que le PSG domine sans le moindre suspense la Ligue 1 ?
« Vincent Duluc passe un message à Nasser et au Parc dans L’Équipe d’aujourd’hui. #PSG pic.twitter.com/FTnScpvlXE — Alex Foo (@alex_foo) December 14, 2015 »
Présent en tribune Auteil dimanche soir, Faïsal, un habitué de 28 ans, raconte son match : « Il y avait pas mal d’ambiance au début du match et à partir de 3-1 c’est tombé, alors que c’est quand même Lyon en face. Quand Lucas rentre (à la 82e minute), alors que c’est un mec qui peut faire une action de génie, il y a déjà plein de gens qui sont partis. Et à la fin, les supporters n’étaient pas blasés, mais pour eux c’était comme normal, une formalité. » Passer 5-1 à son plus grand rival est donc devenu une « formalité » et ne suffit plus à exciter le supporter parisien.
Des touristes « au Parc comme au Sacré-Coeur »
Tout juste s’énerve-t-il pour chambrer son propre gardien, insulter ponctuellement l’arbitre ou sifflouiller le rebelle à frisette Adrien Rabiot. Et ne s’intéresse grosso modo plus qu’à la Ligue des champions quand arrive le printemps, par exemple lors d’un bouillant PSG-Chelsea l’an passé. « Il y avait eu au début un effet d’engouement du public avec l’arrivée de Beckham par exemple, puis le retour d’anciens ultras lors de certains matchs européens, poursuit Frédéric. Mais c’est retombé, ça se voit contre Lyon, qui est quand même censée être une affiche… »
Comme le révélait le Parisien en février, de nombreux abonnés ne prennent par exemple même plus la peine de venir au Parc pour la Ligue 1 mais gardent leur ticket à l’année pour être sûr d’assister à la LDC. Ce qui explique par exemple qu’à la veille du 16e de finale face à Saint-Etienne, mercredi, des places à 5 euros étaient mises en vente par le PSG.
Pour Frédéric, 26 ans de Parc des Princes derrière lui dont la majorité avec le Kop of Boulogne, tout ça n’est qu’une suite logique et amplifiée de l’interdiction massive des ultras et de tout ce qui s’en rapproche depuis le Plan Leproux. « C’est désormais devenu un public de spectateurs plus que de supporters. Il y avait déjà beaucoup de spectateurs avant, mais dans les virages ça chantait pendant 90 minutes. » Depuis, le visage du Parc a changé : des supporters historiques ont été poussés dehors, d’autres se sont lassés de l’ambiance ou des tarifs et ont été remplacés par une nouvelle vague de supporters post-qatarie, plus jeune, à qui se joignent des « touristes qui viennent au Parc comme au Sacré-Coeur et prennent des selfies dos au terrain », souffle Frédéric.
Sauf « qu’on ne s’invente pas supporter, poursuit-il. Le club a bien essayé de d’engager des tambours dans des boîtes privées, de donner un mégaphone à un supporter en virage, mais ça fait pas tout. Les chants, il faut les connaître… » Et avoir envie de s’époumoner quand son équipe mène 3-0 en marchant.


















