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Championnats d’Europe de natation : Grâce à Marchand et au relais du 4x200 m, la semaine démarre (presque trop) fort
cocorico•Léon Marchand a ouvert la voie d’un relais épique pour la première soirée des épreuves en grand bassin aux championnats d’Europe de Paris, et confirmé qu’on ne s’ennuiera pas cette semaineWilliam Pereira
L'essentiel
- La première soirée dans le grand bassin du Centre Aquatique du Grand Paris a tenu toutes ses promesses aux championnats d’Europe de natation. Le relais français du 4x200 m nage libre a décroché la médaille d’argent.
- Léon Marchand a impressionné en signant le sixième meilleur 200 mètres crawl de l’histoire lors du relais. « Je ne savais pas que je pouvais nager aussi vite », a-t-il déclaré après la course.
- Une performance qui en appelle d’autres malgré un programme allégé pour le champion olympique, et qui démontre que ces championnats d’Europe démarrent fort pour la France.
A Saint-Denis,
« Rien que pour ça je veux faire finale partout ! » Une poignée de minutes avant que le relais masculin du 200 mètres nage libre n’aille décrocher la médaille d’argent des championnats d’Europe de natation, Beryl Gastaldello, fraîchement qualifiée pour la finale du 100 m nage libre, trépignait à l’idée de reprendre ce shot d’adrénaline réservé aux nageurs français à chacune de leur apparition dans le bassin du Centre Aquatique du Grand Paris. Privilège de jouer à domicile devant des supporteurs enragés.
A ce moment de la soirée, le public de l’enceinte dyonisienne n’avait pourtant pas donné le quart de la moitié du tiers de ce qu’elle avait dans les tripes. Il fallait voir, ou plutôt entendre l’extase collective libératrice déclenchée par l’apparition de Léon Marchand, balayant le peu de doutes qui subsistaient autour de sa participation au relais 4x200 m. La fête allait pouvoir commencer.
Marchand auteur du 6e meilleur 200 m nage libre de tous les temps
Pour ne pas éteindre le feu, et même le raviver, il fut décidé d’envoyer la tête d’affiche en premier relayeur. « J’avais un peu de stress quand même, a réagi le protégé de Bob Bowman. De partir premier, c’est la première fois que je le fais. En plus, je ne savais pas trop où j’en étais de mon état de forme. Là, ça m’a rassuré. » Un peu, que ça l’a rassuré : Marchand a signé ni plus ni moins que le sixième meilleur 200 mètres crawl de l’histoire.
Aussi fragilisé soit-il aux adducteurs, la machine reste une machine, même si tout le monde semblait s’en étonner, lundi soir, et lui le premier. « Je ne savais pas que je pouvais nager aussi vite. » Peut-être que tout cela relève des « choses amusantes » dont il se disait capable sur crawl et papillon avant le début de la compétition. Qui sait si la prochaine n’est pas pour mardi soir sur l’hypothétique finale du 4x100 m 4 nages mixte.
Le cinquième homme a aidé Fuchs dans la dernière ligne droite
Dans son sillage, les trois autres relayeurs français ont répondu présent pour ne s’incliner que devant de redoutables Britanniques, vainqueurs avec un record des championnats à la clé. Pierre Largeron, autoproclamé « le mec un peu en dessous du relais » a fait mieux que résister pendant 150 mètres avant de perdre pied – sans couler – sur sa dernière longueur, laissant le nouveau prodige Sauveur Cristofini (16 ans) s’élancer à la troisième place, un rang qu’il gardera au moment de lui-même passer le témoin à Roman Fuchs, auteur d’un dernier 50 mètres héroïque pour monter sur la 2e marche du podium.
Si Fuchs pouvait renoncer à ses mérites pour tous les attribuer aux supporteurs, il le ferait. « Je pense que le public était vraiment là pour m’encourager. C’est vraiment incroyable d’avoir tout ce public français derrière nous à chaque fois qu’on fait la course à la maison. »
Grousset engagé dans un bras de fer de calibre mondial mardi soir
Comme Léon Marchand éclipse tout – il éclipserait l’éclipse du 12 août sans que cela nous étonne – on en oublierait presque la fin d’après-midi de maboule vécue sur 50 m papillon, où Maxime Grousset, qui avait pourtant pris soin de faire un copier-coller de son énorme chrono matinal (22''49) en demi-finale, a été battu par un Egor Kornev allé chercher le record des championnats en signant la deuxième performance mondiale de tous les temps sur la distance, parce que pourquoi pas, après tout.
« Il va falloir que je trouve quelque chose en plus, et j’imagine que pour gagner il va falloir faire un record du monde (22''27), donc ça va être intéressant », souriait-il, lundi à la sortie du bassin. A croire qu’en plus de bien nager, tout le monde manie l’art de la litote au sein de la délégation française. Ce duel au sommet n’en sera pas un, car en plus de Kornev, il faudra évidemment compter sur le Suisse Noè Ponti. Le niveau est tel que le Français a déjà renoncé aux séries du 100 m nage libre pour se focaliser sur la finale du 50 m papillon. Ces championnats d’Europe de natation partent fort. Presque un peu trop. Le public de Saint-Denis s’en frotte les mains.



















