Gymnastique : Après le témoignage de Kaylia Nemour, le club d’Avoine suivi de « très près » par le ministère des Sports
maltraitance•La championne olympique de Paris Kaylia Nemour a dénoncé les méthodes de ses entraîneurs dans son ancien club d’Avoine, qui était déjà dans le viseur de la Fédération française et du ministère des SportsN.C. avec AFP
La situation se tend au club de gym d’Avoine-Beaumont (Indre-et-Loire), où était licenciée jusqu’à il y a quelques mois la championne olympique Kaylia Nemour. Cette dernière avait expliqué dans une interview accordée à L’Equipe il y a deux semaines qu’elle et d’autres gymnastes avaient subi des maltraitances de la part du couple d’entraîneurs, Marc et Gina Chirilcenco. Le ministère des Sports a fait savoir ce jeudi qu’il suivait les derniers rebondissements de « très près ».
Le cas Nemour cristallise les tensions entre la Fédération française de gym (FFG) et le club d’Avoine depuis maintenant trois ans. A l’époque, une enquête administrative demandée par la Fédération avait blanchi le couple d’entraîneurs. Ces derniers avait conservé une certaine rancoeur envers l’instance, une des raisons qui avait conduit finalement Kaylia Neymour à concourir pour l’Algérie plutôt que la France.
« Pas le droit de boire »
Le départ puis les déclarations de celle qui est devenue à Paris championne olympique aux barres asymétriques ont relancé l’affaire. « On était tellement sous emprise, a-t-elle raconté à L’Equipe. Je ne veux plus cautionner certaines méthodes […], les cris quand on ne réussit pas, devoir faire le tour de la salle pour s’excuser d’avoir raté un élément auprès de chacun des entraîneurs présents. »
D’autres témoignages ont été publiés sur le compte Instagram « balancetagym ». « Il y avait des hurlements, des remarques blessantes aux entraînements sur le niveau et le poids. On n’avait pas le droit de boire […]. Des objets, un plot ou une chaussure ont été jetés sur des filles quand elles bloquaient », témoigne ainsi Chloris Foucat, qui n’est plus au club.
La FFG, présidée depuis novembre par Dominique Mérieux, a suspendu à titre provisoire Gina Chirilcenco. Elle a aussi indiqué le 12 juillet dernier avoir fait « trois signalements au parquet ». « Si le ministère recevait de nouveaux éléments, une enquête administrative pourrait être réouverte », a précisé ce jeudi à l’AFP le ministère de Sports.
Interrogé par L’Equipe, Marc Chirilcenco se défend de toute brutalité : « Je ne valide pas ce que j’entends parce que ce n’est pas ce qui se passe dans la salle de gym et j’ai suffisamment de témoignages pour le corroborer », affirme-t-il en substance.
Problèmes endémiques
De manière générale, la gym est traversée depuis quelques années par des scandales de violences sexuelles, de maltraitances physiques et psychologiques, harcèlement, en passant par des privations alimentaires, dont sont victimes des enfants et des ados dans ce sport particulièrement exigeant.
En France, l’ancien directeur technique du pôle de Marseille Vincent Pateau avait été condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour harcèlement moral. La fédération avait décidé ensuite de fermer le pôle de Marseille.


















