Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Derrière la médaille, la poignante histoire de Stéphane Landois et son cheval

JO 2024 – Equitation : Derrière la médaille des Bleus, la poignante histoire de Stéphane Landois et son cheval

drameLe cavalier français, qui a assuré la deuxième place des Bleus sur le concours complet par équipe ce lundi, monte le cheval qui a tué par accident une de ses amies il y a cinq ans
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • L’équipe de France a décroché une belle médaille d’argent lors de la dernière épreuve du concours complet par équipe, ce lundi à Versailles.
  • Pour ses premiers JO, à 30 ans, Stéphane Landois s’est montré solide pour finir le bout lors du troisième passage, avec son cheval Chaman Dumontceau.
  • Une grande fierté pour le cavalier, dont l’histoire est particulièrement émouvante puisqu’il monte le cheval qui a causé la mort d’une de ses amies, il y a cinq ans.

A Versailles,

Parmi les mille et une petites histoires de ces Jeux olympiques, celle de Stéphane Landois et de son cheval Chaman Dumontceau conservera une place à part dans notre petit cœur de suiveur. Le jeune cavalier de 30 ans a décroché ce lundi une médaille d’argent avec Nicolas Touzaint et Karim Laghouag lors du concours complet par équipe.

C’est lui qui a terminé le boulot avec un passage (quasi) parfait sur le saut d’obstacles, dernière épreuve du triptyque. Après la 13e et ultime barrière scellant cette deuxième place, on a vu alors cet éternel flegmatique exulter comme jamais, féliciter son cheval et lever un doigt vers le ciel. Un geste à vous tordre le ventre, quand on connaît l’histoire derrière.

L'émotion de Stéphane Landois après avoir terminé son passage synonyme de médaille d'argent.
L'émotion de Stéphane Landois après avoir terminé son passage synonyme de médaille d'argent.  - Pierre-Philippe Marcou

Il y a cinq ans, Chaman Dumontceau, magnifique hongre gris, était monté par Thaïs Méheust. Agée de 22 ans, cette dernière était l’un des grands espoirs de la discipline en France. On utilise l’imparfait, car la jeune femme est décédée tragiquement. Lors de l’épreuve de cross des championnats de France, en 2019, son cheval a chuté en passant un obstacle et l’a écrasée. Les secours n’ont pas pu ranimer la cavalière, victime d’une défaillance cardiaque.

Stéphane Landois, à peine plus âgé qu’elle, était un ami proche. Il l’avait entraînée pendant quelques années, et c’est lui qui avait formé le cheval. Après le drame, les parents de Thaïs lui ont demandé s’il pouvait reprendre Chaman. Il a accepté. « Je l’ai fait avec l’idée de reprendre le projet de Thaïs, qui était de venir à ces JO de Paris avec ce cheval, retrace-t-il aujourd’hui, médaille d’argent autour du cou. C’est juste génial. »

« L’impression qu’il [son cheval] ressentait l’émotion »

Le cavalier est impassible quand il répond aux questions, sans doute un peu stressé par tous ces journalistes venus de nulle part qui lui sautent dessus, mais on sent bien qu’il se passe plein de choses dans sa tête. Il accepte de raconter, un peu. « Forcément, j’ai pensé à elle tout au long du week-end, confie-t-il. J’ai fait tout ça pour elle, et cette médaille est pour elle aussi. On était tous les trois, avec notre cheval. » Et ne lui demandez pas si ce genre de pensées aurait pu l’inhiber. « Non au contraire, c’est une force, assure-t-il en retour. Elle m’aide, et pas qu’aujourd’hui, tous les jours. »

NOTRE DOSSIER JO 2024

L’émotion nous étreint encore un peu plus quand il nous dit que les parents de son amie étaient présents en tribunes pour voir ça. Même Corinne, la maman, qui n’avait pas eu la force dimanche mais qui a fini par la trouver. Ils ont pu admirer Chaman Dumontceau, 12 ans désormais, s’en sortir comme un chef malgré la pression d’une médaille olympique en jeu. « J’ai l’impression qu’il ressentait l’émotion, mais une fois en piste, il était bien là à faire son travail, décrit le cavalier. Il a écouté ce que je lui disais, il était génial à monter. Ces émotions, elles vont rester gravées à tout jamais dans mon esprit. » Et pas seulement chez lui, on imagine.