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Thibus battue d’entrée après son année noire malgré un beau combat

JO 2024 – Escrime : « Je me suis battue malgré les circonstances », Ysaora Thibus éliminée après une année cauchemar

FleuretLa championne du monde 2022 Ysaora Thibus a été éliminée dès son entrée en lice aux Jeux olympiques, ce dimanche au Grand Palais
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

Au Grand Palais,

Et les nerfs ont fini par lâcher. Juste après que l’arbitre, qui a pris le soin d’aller vérifier à la vidéo la dernière touche, a donné match gagné à Julia Walczyk-Klimaszyk, cinquième joueuse mondiale (15-12), Ysaora Thibus s’est effondrée, en larmes durant de longues minutes, inconsolable. Le match a longtemps été accroché, la fleurettiste française a même mené 12-11, poussée par le Grand Palais, déjà rempli, qui a scandé son nom à plusieurs reprises.

Mais cette défaite au premier tour des Jeux olympiques est venue boucler une année cauchemardesque pour la tricolore. Cela avait commencé le 14 janvier, lors de l’étape de Coupe du monde à Paris, où la Guadeloupéenne avait été contrôlée positive un agent anabolisant, l’ostarine. A renfort d’études, Thibus avait plaidé la contamination par fluides corporels avec son compagnon Race Imboden et avait fini par être innocentée par le tribunal antidopage indépendant de la Fédération internationale d’escrime (FIE).

Pas au top physiquement

Un soulagement bienvenu mais bref, trop bref. A peine remise de ce contretemps dans sa préparation olympique, elle s’était effondrée aux championnats d’Europe à Bâle mi-juin, pour sa reprise, blessée au genou gauche. Elle avait réussi à revenir à temps pour être présente au Grand Palais, mais pas avec une condition physique optimale.

« Peut-être que j’ai voulu faire un jeu peut-être trop identique à celui que j’aurais fait si je n’avais pas de problème avec mon genou, réagissait Thibus en zone mixte, encore très touchée. Il manquait de la mobilité, je n’ai pas pu enchaîner certaines touches. J’essaie de réduire les distances pour éviter certains mouvements. Mais j’ai lâché mes attaques. J’ai quand même produit un jeu à au moins 70-80 % de mes capacités physiques. Je suis quand même fière, après un mois de rééducation, d’avoir pu faire un match entier, d’avoir pu faire un match de qualité. Il manquait pas mal de choses. »

D’autant que, une petite semaine avant ses débuts aux Jeux, Ysaora Thibus a appris que l’Agence mondiale antidopage avait fait appel dans son dossier. Maintenue tout de même en équipe de France, grâce à l’appui de ses coéquipières, la médaillée d’argent par équipes aux JO de Tokyo a passé quelques journées compliquées.

« J’aurais voulu aller plus loin »

Et ne s’est finalement mise en mode olympique que quelques heures avant de défier la Polonaise : « Ce matin, j’ai déjà réalisé que j’étais là. Sportivement, c’est ce matin seulement que j’ai pu être un peu stressée comme d’habitude. Avant, je ne m’autorisais pas vraiment de penser à tout ça. Beaucoup de fois dans cette saison, je ne me voyais même pas être aux Jeux Olympiques. »

Et comme si le sort n’en finissait pas d’accabler la fleurettiste, tomber sur la championne d'Europe 2023 n’était pas la plus facile des entrées en matière dans ce contexte compliqué :

« J’ai tout fait, je me suis vraiment battue malgré les circonstances, le peu d’entraînement, le peu de compétition, la blessure, les émotions parce que psychologiquement c’était très difficile. Je suis fière parce que malgré tout ça, aujourd’hui j’ai fait un match qui n’était pas trop mal. J’ai donné du fil à retordre à mon adversaire qui est un bon adversaire. J’aurais voulu aller plus loin. » Il y aura une deuxième chance lors des matchs par équipe, dès jeudi.