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Athlètes, ne mordez pas vos médailles, il en va de votre santé dentaire

JO de Paris 2024 : Athlètes, ne mordez surtout pas vos médailles, il en va de votre santé dentaire

SantéAu village olympique, la clinique dentaire Paris 2024 sera ouverte 24h/24 et accueillera plus de 1.000 athlètes
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Dans le village olympique, la clinique dentaire Paris 2024, gratuite et ouverte 24h/24, ouvre ses portes dès le 18 juillet.
  • De nombreux athlètes, qui ne bénéficient pas de telles infrastructures dans leur pays ou n’ont pas les moyens, en profitent pour faire un check-up.
  • L’un des dangers pour la dentition des athlètes est de mordre dans les médailles.

Cela fait partie des classiques du sport, au même titre que « l’important, c’est les trois points », « on prend match après match » ou « Didier Deschamps est prolongé à la tête des Bleus, même après une élimination ». Vous pouvez être certains que, cet été, vous serez inondés de clichés d’athlètes mordant fièrement leur médaille olympique. « Mordre, c’est pour concrétiser la victoire de l’athlète ou le fait d’avoir gagné une médaille, expliquait le psychologue du sport Clément Le Coz dans Ouest-France. Cela peut montrer inconsciemment l’agressivité, les efforts, l’engagement et toute la motivation qu’un athlète. »

C’est l’occasion aussi d’avoir un beau portrait de soi à encadrer et à donner à mamie quand on lui rendra visite et une photo qui peut faire la une des journaux. Du gagnant-gagnant, en quelque sorte. Sauf que, parfois, cela peut virer au drame. « Lors de la cérémonie, les photographes voulaient que nous mordions dans nos médailles, et j’ai cassé un morceau de mon incisive supérieure, témoignait, en 2010, le lugeur David Möller, médaillé d’argent aux JO de Vancouver, au journal allemand Bild Zeitung. Ce n’est pas dramatique. »

Si le nerf de la dent est impliqué, attention…

Möller, c’est quand même cocasse, n’est pas le seul à avoir connu pareille mésaventure. « J’ai dans mon téléphone des images de six personnes mordant leur médaille, nous raconte Anthony Clough, dentiste en charge des traitements dentaires au sein de la clinique dentaire Paris 2024. Ils sont venus dans la clinique dentaire parce qu’ils avaient brisé leurs dents. Il ne faut pas faire ça. » En même temps, quelle idée de mordre, un peu fort, dans 500 g d’argent ? Heureusement pour l’Allemand, son passage sur le fauteuil du dentiste pour réparer tout ça « ne lui a pas fait mal ».

Anthony Clough, dentiste en charge des traitements dentaires au sein de la clinique dentaire Paris 2024.
Anthony Clough, dentiste en charge des traitements dentaires au sein de la clinique dentaire Paris 2024. - A. Huot / 20 Minutes

« Si vous brisez un morceau d’émail, ça n’a pas d’importance, parce que si vous le gardez, on peut le recoller et c’est comme neuf, détaille Anthony Clough, qui en sera à ses neuvièmes JO à Paris. Mais si cette fracture implique le nerf de la dent, et que vous voyez le rouge du nerf, alors vous devez le traiter. Ce n’est pas toujours un succès. On peut avoir besoin d’une couronne. » Flegmatique, et avec un petit sourire au coin au moment de raconter tous ses souvenirs dentaires olympiques, le Britannique en a vu d’autres.

Comme ces grands gaillards qui roulent des épaules et reçoivent des mandales toutes les semaines et se retrouvent à chouiner sur le fauteuil du dentiste. Comme cette capitaine d’une équipe de hockey sur gazon (sport le plus dangereux pour nos ratiches derrière la boxe selon l’expert) que le Britannique et son équipe ont rafistolée en vitesse pour qu’elle dispute un match pour une médaille. Ou comme ce Canadien qui a profité de la clinique dentaire à Rio pour se soigner. Chose qu’il n’aurait pas pu faire dans son pays, faute de moyens.

Soins dentaires gratuits aux JO

Car la clinique dentaire Paris 2024, ouverte 24h/24 avec ses 60 spécialistes, en partenariat avec Oral B, est gratuite pour tous les athlètes. Et autant vous dire que ça se bouscule au portillon pour se faire ausculter les molaires (rien à voir avec le lugeur) une fois au village olympique. « Si je vous dis qu’il y a un garçon avec deux dents cassées qui n’a pas l’argent pour des soins dentaires, vous pensez immédiatement à l’Afrique subsaharienne, au Kenya, à la Tanzanie, mais c’est transfrontalier, assure Tony Clough. Ce sont des athlètes qui viennent d’Allemagne, d’Espagne, du Royaume-Uni, des Etats-Unis. Ils n’ont pas l’argent et, souvent, ils n’ont pas le temps pour se préparer à des soins au long cours. »

Un peu plus d’un mois avant les Jeux olympiques de Paris, le planning de rendez-vous était déjà bien rempli. Plus de 1.000 patients sont attendus (ils étaient 2.000 à Rio en 2016), entre les visites d’urgence et ceux qui viennent aussi pour des protège-dents. Et n’allez surtout pas parler de protège-dents connecté à notre dentiste olympique, qui bosse en colaboration avec Oral B, sous peine de voir une fraise vous passer sous le nez :

« La Fédération britannique de boxe m’a demandé de mettre des petites connexions sur les protège-dents, et je leur ai dit que je ne pouvais pas faire un bon avec ces demandes. Ils essayent de monitorer tous les coups, de monitorer les problèmes, mais en fait, ils ne donnent pas de protection pour les dents. » De là à voir des médaillés olympiques croquer dans leurs médailles avec un protège-dents sur le podium, il y a un monde. C’est le portrait sur le mur de la maison de mamie qui est en jeu.