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L’hydrogène sera-t-il la star des Jeux olympiques 2024 ?

JO de Paris 2024 : L’hydrogène sera-t-il la star des Jeux pour les transports ?

MobilitéA l’occasion des Jeux olympiques, Paris, la ville avec déjà le plus de taxis à hydrogène au monde, devrait tripler sa flotte. Pour le secteur, les JO sont l’occasion parfaite pour accélérer encore une tendance déjà forte
La station hydrogène de l'Alma prend les couleurs Olympiques.
Jean-Loup Delmas

Jean-Loup Delmas

L'essentiel

  • Oubliez le cliché du taxi new-yorkais jaune. A Paris, l’avenir du véhicule de transport s’annonce bleu, la couleur des taxis à hydrogène.
  • Leur nombre, déjà record dans la capitale française, devrait tripler à l’occasion des Jeux.
  • Car pour un secteur en pleine croissance, les JO aussi sont l’événement du siècle.

En ce mois de mars maussade et pluvieux, petit jeu « Pyramide » pour égayer votre journée. Devinez le concept en trois mots. « Taxi », « révolution » et « Jeux olympiques ». Vous pensez aux taxis volants, promis de longue date pour Paris 2024 et encore en plein imbroglio administratif et technique ? Perdu ! On parlait de l’hydrogène.

Car loin des promesses du ciel, une autre transformation plus silencieuse – littéralement – a lieu dans les taxis parisiens, cette fois bien ancrés au sol. Paris est déjà la ville dans le monde à compter le plus de taxis à hydrogène, 500 environ (sur 17.000 véhicules au total), un chiffre amené à tripler pendant les Jeux. Ils sont identifiables à leur couleur bleue électrique caractéristique.

Une décarbonation des transports déjà en cours

« L’hydrogène offre une autonomie de plus de 500 kilomètres, et permet de faire un plein en cinq minutes », vante Armelle Levieux, directrice innovation chez Air Liquide, qui compte six stations à hydrogène – dont une toute nouvelle depuis ce jeudi place de l’Alma (8e et 16e arrondissements) 8e avec son partenaire Hysetco dans Paris et sa couronne. Un carburant parfait pour les réservoirs des « flottes intensives », selon la spécialiste. Derrière ce terme qui sent bon la partie navale de Age of Empire, comprendre plutôt des véhicules faisant énormément de kilomètres par jour, hyperactifs à n’importe quelle heure. En gros, les taxis et les poids lourds.

Un enjeu d’autant plus important selon elle que le transport représente en France un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Julia Frotey, docteure en aménagement de l’espace à l’université de Lille et spécialiste des impacts territoriaux des transitions numériques et énergétiques, le rappelle : « Les mobilités décarbonées dans les transports en commun ont déjà commencé », notamment avec la loi d’orientation des mobilités en 2019. Au moins 10 % des véhicules renouvelés dans les flottes de plus de 100 véhicules doivent être à faible émission depuis 2022, 20 % en 2024, 40 % en 2027 et 70 % en 2030.

Les Jeux olympiques, la vitrine parfaite

Une étude Harris Interactive et Air Liquide, Les urbains et leur rapport à la mobilité publié ce jeudi (et dévoilée en exclusivité par 20 Minutes), montre également que « 68 % des urbains sont déjà préoccupés par l’impact environnemental de leur déplacement au quotidien », atteste Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive et auteur de l’étude. Plus le véhicule a vocation à transporter du monde, plus le citadin est favorable à une décarbonation express. Ainsi, ils sont 70 % à souhaiter une décarbonation pour les bus (et les livraisons) d’ici 5 ans, 64 % pour les taxis et VTC et seulement 53 % pour les véhicules individuels.

« Le secteur est déjà en croissance, confirme Armelle Levieux, mais Paris 2024 peut être un accélérateur, une vitrine et laisser un héritage concret pour la décarbonation. » Même analyse chez Julia Frotey, pour qui les Jeux olympiques peuvent avoir un double effet sur la décarbonation des transports. Premièrement, en fournissant une évidente date butoir pour finaliser nombre de projets. Deuxièmement, avec un « effet vitrine. Il y aura des journalistes du monde entier, des touristes, c’est une belle opportunité de valoriser ces nouveaux véhicules ».

Une opportunité en (médaille d') or

Un effet vitrine d’autant plus important que « le citoyen urbain ignore ou néglige certains des avantages de la décarbonation », estime Jean-Daniel Lévy. Par exemple, le taxi à hydrogène ne fait pas de bruit, un vrai bonus dans une ville où le volume sonore permanent devient problématique, mais une donnée bien souvent méconnue du grand public.

« Les Jeux sont l’occasion de démontrer la pertinence de l’hydrogène pour les taxis, et l’opportunité d’augmenter significativement la flotte de véhicules et de stations disponibles, confirme Armelle Levieux. Notre partenariat avec les Jeux de Paris 2024 contribue à l’ambition décarboner les transports. » En plus du triplement de la flotte de taxis à hydrogène, plusieurs autres stations devraient voir le jour, pour passer à une dizaine dans Paris et sa couronne.

Notre dossier sur les JO de Paris 2024

C’est le dernier volet des Jeux, selon Julia Frotey : « L’investissement, un véhicule à hydrogène coûte entre 70.000 et 100.000 euros, c’est une somme. Mais les Jeux sont une excellente occasion de mettre la main au porte-monnaie pour les entreprises. » Une occasion en or, comme nombre de nos médailles françaises, on espère.