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BILANQFM au top, Pintu au fond du trou... Ce qu'il faut retenir de ces JO 2022

JO 2022 : Le biathlon au top, l'alpin sauve les meubles et le froid tue nos pieds... retour sur ces (drôles) de Jeux de Pékin

BILANAvant de quitter la Chine, on vous a résumé cette quinzaine olympique si particulière, entre bulle sanitaire, exploits de QFM et froid polaire
Brrrrrr fait froid dans le coin non ?
Brrrrrr fait froid dans le coin non ? - Christof STACHE / AFP / bizdev
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • L'équipe de France quitte Pékin avec un bilan de 14 médailles, dont 7 pour le seul biathlon, emmené par un Fillon Maillet en mode Robocop.
  • Le record de Pyeongchang et Sotchi (15 médailles) n'est donc pas battu, alors même qu'il n'y avait jamais eu autant d'épreuves pour une olympiade d'hiver.
  • Outre le sport, ces JO 2022 ont aussi été marqués pas le froid et la vie dans la bulle sanitaire. On a tenté de vous en faire un petit résumé au doigt mouillé.

De notre envoyé spécial en partance pour l’aéroport de Pékin,

Chers Minutos, chères Minutas,

Voilà, l’heure est venue de refermer le rideau sur ces XXIVe Jeux Olympiques d’hiver si particuliers, dans cette bulle sanitaire plus hermétique qu’un sac isotherme. Et si nous ne sommes pas mécontents de prendre la route pour quitter ce congélateur géant – - 25° encore la nuit dernière vindiou d’vindiou – prenons tout de même deux minutes pour regarder dans le rétro et nous remémorer cette quinzaine tricolore faites de moments historiques mais aussi de quelques beaux gadins.

  • Le biathlon, le baobab qui cache la forêt

On va commencer par se prosterner devant la perf' de nos biathlètes – QFM et ses 5 médailles en tête de gondole – qui ramènent à la France la moitié de son butin (7 sur 14 !). Tout au long de la quinzaine (quand bien même c’est là-bas, dans la zone mixte nocturne de la piste de biathlon de Zhangjiakou, qu’on a cru perdre plusieurs fois un bout d'orteil congelé), les Bleus et les bleues nous ont fait rêver de par leurs exploits individuels (Quentin Fillon Maillet, Anaïs Chevaliet Bouchet, Justine Braisaz-Bouchet) ou collectifs (l’argent en relais mixte et en relais masculin).

Mais tout de même, 50 % des médailles françaises… Ce chiffre est éloquent. Il dit à la fois la formidable vitalité de cette discipline dans notre pays, qui prouve qu’il y a une vie après Martin Fourcade, mais il ne peut cacher non plus l’évident constat que, sans les skieurs/shooteurs, la France fait grise mine dans la hiérarchie des sports d’hiver. Grosse déception notamment pour toutes les épreuves de ski freestyle et de snowboard (deux médailles en tout et pour tout) dont on attendait tellement. Milan-Cortina c’est dans quatre ans, va falloir vite se remettre au turbin les enfants.

  • Papadakis/Cizeron, enfin la consécration

On est heureux de s’être levé aux aurores pour prendre le luxueux train pour Pékin (prends-en de la graine la SNCF) et assister au sacre du meilleur couple du monde en patinage artistique, quatre ans après le costume-gate de Pyeongchang. Pourtant, ce matin-là, au Capital Indoor Stadium de Beijing, la tension était palpable quand Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron se sont avancés sur la glace. De Romain Haguenauer, leur entraîneur, à Nathalie Péchalat, en passant par la grosse délégation française massée en tribunes et les journalistes, toutes et tous étions pris de nœuds dans le ventre. Mais au bout de quatre minutes d’un programme libre récité sur le bout des lames, les deux amis ont pu exulter, pas une seule erreur au tableau et une victoire haut la main face à leurs concurrents russes.

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  • L’alpin, entre belles surprises et grosses claques

Le ski alpin ne s’en sort pas trop, trop mal non plus, avec trois médailles obtenues par les garçons. En chopant le bronze en slalom géant, le sanguin Mathieu Faivre a pu mettre derrière lui son dérapage incontrôlé de Pyeongchang, tandis que Clément Noël (or), arrivé ici en perte de confiance, a su switcher mentalement au meilleur des moments et redevenir ce qu’il est, selon ses coachs, « le meilleur slalomeur du monde ». Mention spéciale tout de même pour papy Clarey qui, du haut de ses 41 printemps, est allé chercher une magnifique médaille d’argent juste avant de raccrocher les skis. En zone mixte, son émotion était belle à voir. Grosse déception en revanche pour Tessa Worley et, surtout, Alexis Pinturault, qui aura vécu un calvaire de bout en bout de ces JO.

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  • Pintu et Jacquelin, vivement la fin (de saison)

Notre Pintu national, venons-en. Arrivé ici auréolé du gros globe de la saison passée et avec des ambitions grosses comme la mascotte des Jeux, le Savoyard a tout raté. On se souviendra notamment de ce terrible combiné marqué par une grosse erreur lors de la descente et de sa chute en slalom, avec une blessure à l’épaule en guise d’ananas sur la pizza. En larmes pendant de longues minutes devant nous, le Français semblait déjà pas mal à bout. Mais ce n’était rien après le slalom de mercredi, après une nouvelle déconvenue. Alors que Clément Noël montait sur le podium juste derrière lui, celui-ci nous tirait son bilan et ne cachait pas ses envies de tout plaquer pour un temps.

« Je n’ai pas envie de me cacher, ce n’est pas bon. Ce ne sont pas les Jeux en particulier, c’est ma saison qui a été comme ça. Il n’y a juste pas eu de miracle en fait. J’ai attaqué la saison fatigué, de course en course je sentais que j’étais nerveusement épuisé », a-t-il lâché avant d’admettre qu’il n’avait « pas bien mesuré l’impact que le gain de ce gros globe a eu » sur lui la saison passée. « Maintenant, j’ai besoin de semaines, voire de mois, pour récupérer de tout ça. Il faut que je retrouve cette flamme et cette énergie pour que tout se réaligne, poursuit-il. Très honnêtement, si je pouvais arrêter là ma saison, j’en serais très heureux. Mais je vais continuer de m’accrocher, faire le dos rond et me reconstruire. »

S’il y en a un autre qui n’est pas mécontent de voir la flamme des Jeux s’éteindre, c’est bien Emilien Jacquelin. Blessé au poignet en avant-saison, notre petit chouchou a en permanence semblé courir derrière son ombre. Et au soir de la dernière course, le Grenoblois vide sa hotte et parle de ces JO comme d’un « calvaire ».

« « J’ai vraiment passé deux semaines compliquées, avec quelques rayons de soleil en relais, mais je suis content de rentrer, lâche-t-il. Je vais descendre dans le Sud, me louer une maison et faire une semaine de vélo pour me changer les idées, profiter, être loin du froid et du biathlon. J’ai besoin de souffler. Je me sens cramé autant physiquement que mentalement. » »

Le garçon broyait tellement du noir qu’il n’avait même pas « envie de dire rendez-vous dans quatre ans parce qu’il peut s’en passer des choses d’ici là… ». Allez Emilien, ne dis pas ça. Rien de tel qu’une bonne suée dans le mont Ventoux pour retrouver le sourire.

  • Goodbye le congélo !

Quant à nous, difficile de résumer ces trois semaines si particulières en Chine. On retiendra la gentillesse de ces milliers de bénévoles qui n’ont eu de cesse de se plier en quatre pour rendre cette vie en bulle la moins pénible possible. Quand on sait qu’ils y sont arrivés un mois avant nous et qu’ils n’en sortiront, pour beaucoup, qu’après les Jeux Paralympiques (+ 3 semaines de quarantaine obligatoire), on a envie de dire sans démagogie aucune que ce sont bien eux les vrais héros de ces JO.

Un mot enfin sur le froid. Cet enfoiré de froid !!! Oui, désolé, mais il fallait que ça sorte. Trois semaines à vivre sous des températures oscillant entre le -15 les bons jours et le -30 (sous le vent) les pires soirs, honnêtement c’est pas humain. Alors, chacun y est allé de son petit système D, des athlètes avec leurs bandes chauffantes thermocollées sur le visage, à nous et nos pauvres chaufferettes d’une marque qu’on ne citera pas mais qui va à fond la forme. Au passage, Décathlon – car c’est bien de toi dont on parle - tu serais sympa à l’avenir de ne pas vendre du rêve aux frileux : Non, tes chaufferettes ne tiennent ABSOLUMENT PAS cinq heures, mais tout au plus 1h30. Et encore, on est sympa.

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