JO 2022 - Biathlon : Les Bleus arrachent leur première médaille après un relais mixte complètement zinzin
JO 2022•L'équipe de France de biathlon a parfaitement lancé ses JO d'hiver, avec une belle deuxième place au terme d'un relais mixte complètement dingueAymeric Le Gall
L'essentiel
- L'équipe de France a remporté sa première médaille aux Jeux Olympiques de Pékin grâce au relais mixte en biathlon.
- Les Tricolores ont vécu une course complètement folle avec un départ raté et une fin frustrante.
- Le Norvégien Johannes Boe a battu Quentin Fillon Maillet au sprint.
A Zangjiakou
« PREMIERE MEDAILLE OLYMPIQUE AHHHHHH !!! » Le sourire jusqu’aux oreilles, même pas un filet de bave gelé aux lèvres (chapeau l’artiste, vu comment on s’est pelé les miches au niveau du pas de tir), le cri de Quentin Fillon Maillet vient du cœur et des tripes au moment de passer la ligne d’arrivée de ce relais mixte en deuxième position, ce samedi, au terme d’une première course de bibi complètement maboule.
La joie n’est pas feinte, et on le comprend, car c’est non seulement la première breloque de l’équipe de France cet hiver à Pékin, mais c’est aussi et surtout la toute première médaille olympique pour trois des quatre loustics en piste aujourd’hui, Anaïs Chevalier-Bouchet ayant déjà été sacrée en bronze lors du relais féminin à Pyeongchang. Quoi qu’il en soit, cette deuxième place de l’équipe de France, après un sprint final de zinzin entre QFM, Johannes Boe et Latypov, lance parfaitement les biathlètes français dans le froid glagla de Zangjiakou.
Un départ qui sent le sapin
Pourtant tout avait très mal commencé, avec un premier relais d’Anaïs Chevalier-Bouchet complètement raté et un passage de témoin à Julia Simon à une triste 6e place. La suite n’allait d’ailleurs pas donner beaucoup plus d’espoirs. Il fallait en effet voir les gestes de dépit des coachs des Bleus, situés juste devant nous, au niveau du pas de tir, après la plantade de la deuxième relayeuse (deux nouvelles pioches) pour comprendre que la journée débutait en sentant méchamment le sapin. Et puis, et puis… Et puis tout a basculé comme par magie, avec un sans-faute de Simon au tir debout et l’amorce d’une remontada enivrante au possible.
Bon, Emilien Jacquelin nous a tout de même foutu une trouille pas possible sur le tir debout, en rechargeant ses balles de pioche comme une mamie cherche sa petite monnaie à la caisse du supermarché alors que tout le monde attend derrière, mais les Bleus avaient de la marge et, à l’arrivée, plus de peur que de mal. En le voyant galérer avec ses paluches, on s’est dit que le froid y était pour beaucoup. Bingo, le froid et les gants, comme il l’expliquera dans la foulée au micro de France TV : « Au moment de la pioche, avec ce froid, on a opté pour des gants plus gros et c’était compliqué de recharger. Mais on savait que l’erreur était admise, au final, les trois premiers font trois tours de pénalité, on joue avec ça et ça passe. »
Les Bleus parfaitement lancés
Ça aurait même pu passer encore mieux si Johannes Boe n’avait pas retrouvé la flamme qui lui a globalement manqué en ce début de saison en coupe du monde. Après le dernier tir debout, une bagarre de fifous s’est en effet engagée entre QFM, Latypov et le Norvégien, on regrette simplement que les organisateurs ne nous aient pas fait péter une musique de western qui aurait été du meilleur goût.
Au final, après un sprint d’anthologie et des frottements dignes d’une arrivée sur le plat au Tour de France, Boe réglait leur compte aux deux autres, avant de se faire ensevelir par l’équipe norvégienne au grand complet. A quelques mètres de là, beau joueur, QFM semblait se satisfaire de cette belle deuxième place tricolore, lui qui avait vécu des JO de Pyeongchang marqués par un deuil familial et les problèmes de santé de sa compagne.
Sur la grande estrade de la salle de presse de Zangjiakou, devant des centaines de journalistes, Fillon Maillet ne s’en est pas caché : « Pour moi, Pyeongchang restera comme un souvenir douloureux, j’ai perdu mon beau-père, le père de ma femme, et ma femme était atteinte d’un cancer. Aujourd’hui, je suis très heureux d’avoir gagné parce que ce n’est pas seulement le sport qui est en jeu, mais aussi la vie. Pyeongchang 2018 était horrible, Beinjing 2022 commence très bien. » Aujourd’hui, il peut exulter, et avec lui toute la délégation bleu-blanc-rouge : les Bleus sont parfaitement lancés et la fête ne fait que commencer.



















