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Pourquoi le PSG se casse-t-il toujours les dents en Ligue des champions ?

Kiel – PSG : Pourquoi le PSG se casse-t-il toujours les dents en Ligue des champions ?

HANDBALLBien que régulièrement dans le dernier carré, le PSG handball n'a encore jamais remporté la Ligue des champions, ce qui fait faire des cauchemars à Mikkel Hansen avant son départ du club
Aymeric Le Gall, avec Antoine Huot

Aymeric Le Gall, avec Antoine Huot

L'essentiel

  • Le PSG hand joue sa qualif pour le Final Four jeudi soir, du côté de Kiel, après le match nul (30-30) arraché dans la douleur à l’aller.
  • S’il a réussi à avoir régulièrement son rond de serviette dans le dernier carré, le club parisien n’a jamais réussi à aller au bout et remporter la Ligue des champions.
  • Alors qu’il s’apprête à tourner une page de son histoire avec le départ de Mikkel Hansen en fin de saison, que manque-t-il au PSG pour tutoyer les sommets ?

Alors que le PSG handball cherche à décrocher son ticket pour le Final Four de la Ligue des champions, jeudi soir, sur le terrain de Kiel, après le match nul (30-30) arraché avec les dents à l’aller, le club se prépare en coulisses à vivre une petite révolution avec les départs de plusieurs cadres, dont le GOAT, le caïd du milieu, le Danois Mikkel Hansen.

Opéré du genou et sur le carreau jusqu’à la fin de saison, le grand blond au cou de taureau va rejoindre Aalborg non sans une once d’amertume, celle de n’avoir jamais remporté la Ligue des champions avec Paris. Amertume à peine adoucie par la razzia de trophées sur la scène nationale. « Ça me hante encore, avouait-il récemment à nos confrères de L’Equipe. C’est pour ça que je n’arrive pas à accepter de ne pas être sur le terrain contre Kiel. Pourquoi Paris n’y est toujours pas parvenu ? C’est difficile à expliquer ». Difficile mais pas impossible, si ?

Eviter le parallèle avec le PSG foot

Déjà, si la comparaison avec les footeux du Parc des Princes est tentante, elle ressemble gros comme une maison à un piège à éviter à tout prix, comme nous le fait comprendre Ibrahima Diaw, passé par le Paris Handball (2002-2009) avant que celui-ci ne devienne le PSG hand (2011-2014). « Comme au football, on survole le championnat de France mais on se fait éliminer en Ligue des champions. Mais la comparaison s’arrête là car, contrairement à eux, nous, on va régulièrement au Final Four depuis quelques années. » Et paf, dans le bec !

« Certes, il y a eu d’énormes investissements, mais Paris c’est quand même cinq Final Four sur les six dernières saisons, rappelle l’ancien international Jérôme Fernandez. C’est le club le plus régulier à ce niveau-là. Donc c’est déjà une réussite en soi, même si c’est vrai qu’il manque encore le petit quelque chose pour ramener le trophée. »

Bhakti Ong, l’agent de nombreux internationaux, dont les frangins Karabatic, nous invite à ne pas nous tromper de sujet ni de cible. « Il n’y a pas un grand club européen qui a comme objectif de gagner la Ligue des champions. Non, ils ont comme objectif d’aller au Final Four, qui est un exercice particulier, recadre-t-il. Si on regarde les palmarès ces dernières années, il y a très souvent des challengers qui ont gagné, car le format est comme ça. »

Le Final Four, où la pièce qu’on jette en l’air

« On a vu des équipes comme Kielce (en 2016) qu’on n‘attendait pas en finale, le Vardar Skopje, aussi, qui a remporté le trophée alors qu’ils étaient outsiders (en 2017), sans parler de Montpellier en 2018 », énumère l’ancien gardien Parisien Patrice Annonay, aujourd’hui à Tremblay. De la première aventure parisienne en Final Four, en 2016, il sait combien l’exercice est velu.

« « J’aime bien l’exemple de la pièce qu’on jette en l’air car, mine de rien, ce n’est pas si éloigné que ça de la réalité. Le format de Final Four est tel que c’est impossible de dire qui va s’imposer à l’arrivée. L’objectif c’est déjà d’arriver dans les quatre et après c’est une autre compétition qui commence. Tout dépend des états de forme, de la profondeur de banc, de la manière de gérer l’approche de l’événement. » »

« Sur un match, tout peut se passer, renchérit Bhakti Ong. Un tir sur le poteau, une décision d’arbitre. Les Final Four, ça se joue sur rien du tout, c’est ce qui fait la beauté, et la cruauté de ce format. C’est all in sur un match. Le format réduit les différences de niveau entre les équipes, à la différence de la Ligue des champions de foot. Regardez, Paris aurait pu gagner la C1 quand il y a eu le format éliminatoire sur un match. En aller-retour, c’est plus compliqué ».

Sans compter que si le PSG hand attire plus les regards et cristallise les attentes les plus folles depuis l’arrivée des gazodollars qataris, en face aussi la course à l’armement fait rage. Jérôme Fernandez : « Quand on regarde les effectifs du Barça, de Kiel ou de Veszprém, les noms sont peut-être un peu moins clinquants parce qu’ils ne sont pas français et qu’on regarde ça sous notre prisme national, mais je peux vous assurer que ce sont des armadas qui sont du même niveau que le PSG. Et pourtant, un club comme Veszprém court lui aussi derrière le trophée depuis trente ans sans jamais y arriver. »

Mais que voulez-vous, on ne se refait pas. On sera toujours très (trop ?) exigeants avec un club comme le PSG. La faute aussi à ses dirigeants, qui ne nous ont clairement pas attendus pour claironner partout leurs envies de domination et de gloire.

Un PSG moins bling bling la saison prochaine

Tout l’enjeu est de savoir si le club parviendra un jour à gagner la ligue des champions, lui qui va entrer dans un nouveau cycle moins clinquant la saison prochaine avec les départs de Mikkel Hansen, Nadim Remili ou Vincent Gérard. Moins clinquant car, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le PSG Handball n’a plus la profondeur financière de ses débuts. Avec des pertes estimées à 300 millions d’euros côté football avec la crise du Covid, Doha semble parti pour réduire la voilure des handballeurs.

« Tout le monde dit que Paris est le club le plus riche du monde mais c’est absolument faux, s’agace Bhakti Ong. Quand on regarde les masses salariales, on voit bien les différences. Le coût du travail n’est pas le même en France (…), on ne peut pas lutter. Les autres clubs sont mieux armés. Pourquoi Remili va en Pologne ? Parce que Kielce peut gagner la Ligue des champions et qu’il va gagner, après impôts, 200.000 euros net de plus que ce qu’il gagne à Paris. »

« C’est vrai qu’on sent poindre un changement de politique au PSG, on va peut-être moins chercher des stars mais des jeunes à fort potentiel, français notamment, comme ça a été le cas avec Prandi ou Gibelin, note Fernandez, qui ne voit pas cette transformation d’un mauvais œil. Le coach actuel fait partie de ceux qui sont capables de faire briller cette équipe sans forcément avoir que des grandes stars dans le vestiaire. »

En attendant de changer de braquet, les Parisiens auront une dernière chance de briller avec ce groupe. « C’est du 55-45 pour Kiel, qui joue à domicile, donc c’est loin d’être perdu », estime l’ancien capitaine des Bleus. Et Patrice Annonay de conclure : « Beaucoup de joueurs vont partir en fin de saison, ok. Mais on peut justement s’appuyer une dernière fois sur ce collectif, sur cette expérience commune dans les échecs pour, pourquoi pas, aller enfin chercher le trophée cette année. »