Handball féminin : « On va être l’équipe à abattre », Pineau prévient les Bleues avant les Mondiaux au Japon

INTERVIEW L'arrière de l'équipe de France aborde les championnats du monde sereinement avec les Bleues, championnes du monde et d'Europe en titre

Maxime Ducher

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Allison Pineau est en équipe de France depuis 2007.
Allison Pineau est en équipe de France depuis 2007. — LOIC VENANCE

Meilleure handballeuse du monde en 2009, figure emblématique des Bleues depuis plus de dix ans, Allison Pineau est une nouvelle fois du voyage, au Japon, pour disputer le prochain championnat du monde (30 novembre au 15 décembre). A moins d’un an des prochains Jeux olympiques, la demi-centre aux 347 buts en 145 sélections arbore, avec sa bande d’expertes, un nouveau costume d’ultra-favorite après le doublé championne du monde (2017) et championne d’Europe (2018). Cadre d’une équipe désormais sur les traces des garçons de la grande époque, Allison Pineau (30 ans) livre son approche d’une compétition qu’elle va disputer pour la septième fois de sa carrière.

Vous venez de retrouver le groupe France pour partir au Japon, comment abordez-vous ce Mondial ?

On a pas mal de jours avant de commencer la compét’, avec notamment trois matchs de préparation. On a un groupe dynamique, qui est en forme, et sans trop de blessures donc on a hâte de s’y mettre. On repart un peu à zéro donc on va passer les étapes les unes après les autres. On démarre d’entrée avec un match difficile contre la Corée, déjà à enjeu, même si on apprécie qu’elles aussi soient déjà qualifiées pour les Jeux de l'été prochain.

Situation inédite, vous êtes championnes du monde et championnes d’Europe en titre cette fois. Pas trop dur de gérer cette posture d’ultra-favorites ?

Il y a de l’excitation mais c’est vrai qu’on aborde cette compétition d’une manière un peu différente des autres. On a l’avantage d’avoir déjà notre ticket pour les Jeux de Tokyo 2020, à ladifférence d’une grande majorité des autres nations. Donc on va être l’équipe à abattre. Il n’y a pas la pression des JO mais il y a la pression de défendre ce titre, et surtout de faire honneur à notre maillot. Cela va nous servir de préparation pour les Jeux. On a un standing maintenant et on se doit de le défendre.

Votre capitaine Siraba Dembélé, qui attend un enfant, va manquer le Mondial alors qu’elle a quasiment toujours été présente avec les Bleues. Son absence vous donne-t-elle encore plus de responsabilités en tant que cadre de cette équipe ?

Il va falloir se dispatcher les responsabilités entre les anciennes par rapport à l’impact qu’elle avait sur le groupe. C’est sûr que ça fait un vide. Ça fait bizarre parce que ça sera une des premières compétitions sans elle. Mais c’est pour quelque chose qu’elle désirait énormément, pour sa vie personnelle, sa vie de femme. On aura une pensée pour elle c’est certain, c’est notre capitaine. On s’y est habitué, moi j’ai fait quasiment toutes les campagnes avec elle.

Je ne vais pas pleurer si la Norvège ou les Pays-Bas ne sont pas en demies »

Cette année, le format de compétition change. Plus de matchs, moins de récup' et des favoris pas forcément avantagés…

Je ne suis pas fan de ce format, mais je ne vais pas pleurer pour les autres si la Norvège ou les Pays-Bas ne sont pas en demies. J’espère juste que ce ne sera pas nous. Il ne faut jamais se sentir à l’abri parce que les « petits » d’avant ne sont plus des petits. Aujourd’hui, toutes les nations avancent rapidement et franchissent des paliers. Donc on est jamais à l’abri de rien, il faut savoir se remettre en question et ne jamais prendre son adversaire pour acquis.

Un Mondial au Japon à moins d’un an des JO de Tokyo, est-ce la meilleure préparation possible ?

Oui, c’est une vraie opportunité de jouer un championnat du monde dans ce pays, surtout à dix mois des Jeux. L’inconvénient sera surtout le décalage horaire qui va nous impacter par rapport à notre vie quotidienne et nos proches, donc il va falloir s’adapter. On en discute entre nous. Mais on a suffisamment d’expérience, nous les anciennes, pour en parler aux jeunes du groupe. En plus, on a bien vu la Coupe du monde de rugby. C’est un pays qui sait se mobiliser pour les événements donc je ne serai pas surprise qu’il y ait du monde dans les salles, même si je ne pense pas qu’on sente encore une ferveur olympique.