Euro féminin de hand: «On a un groupe génial»... Le succès final contre la Russie, ou le sacre d'une bande de potes

HANDBALL Les joueuses françaises ont souligné l'importance du collectif dans leur premier sacre européen...

William Pereira

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Le groupe vit bien
Le groupe vit bien — FRANCK FIFE / AFP

A Bercy,

L’idée nous est venue pendant que les joueuses de l’équipe de France de handball, alors championnes d’Europe depuis quelques minutes seulement après leur revanche sur la Russie (24-21), grimpaient sur la plus haute marche du podium du tournoi : elles commencent à mériter un vrai surnom, ces médaillées d’argent à Rio et maîtresses du (Vieux) monde, non ? Deuxième titre consécutif, troisième équipe à réaliser ce doublé. Manque de pot, on est plutôt mauvais dans l’art du sobriquet.

Le premier qui nous traverse l’esprit ? « Les fatiguées ». Pas glorieux, c’est vrai, mais les guerrières d’Olivier Krumbholz sont apparues éreintées après leur succès final à Bercy, dimanche soir. « Je suis fatiguée, épuisée, mais contente. » Les premiers mots d’Alexandra Lacrabère résument assez bien une sensation partagée par l’ensemble de ses coéquipières. C’est qu’elles font vraiment tout ensemble, ces filles. Avant d’avoir sommeil, elles se sont battues, ont attaqué et défendu de concert. « On a un groupe génial, on est une vraie équipe », s’enthousiasmait la femme de la première période (4/6, 67 % de réussite), Estelle Nzé Minko sur beIN Sports au coup de sifflet final. Et de poursuivre en zone-mixte: « on savait que ce serait un peu la même finale que contre la Norvège l'année dernière (au Mondial). A savoir que notre force c'est qu'on a un collectif énorme. On a dix-huit très bonnes joueuses, c'est ça qui a fait la différence. »

Le turn-over, symbole du groupe français

A l’image des multiples embrassades entre les deux gardiennes Laura Glauser et Amandine Leynaud, le groupe vit bien. Tellement que cette cohésion s’est transformée en atout majeur de l’équipe aussi bien dimanche que sur toute la quinzaine. Lacrabère confirme : « j’ai envie de retenir que cette compétition, on l’a gagnée parce qu’on a été fortes collectivement. Tout le monde a été bon ce soir, c’est la victoire d’une équipe. Personne ne peut se tirer la couverture sur elle… »

Symbole d’une hégémonie collective, le turn-over d’Olivier Krumbholz tout au long de la compétition et auquel la finale contre la Russie n’a pas échappé (sept TO en attaque dimanche). « Il y a eu beaucoup d’entrées déterminantes, je pense au retour d’Amandine, qui sort peut-être le ballon du match. Je pense à Astrid qui rentre et qui a été très précieuse en attaque. Elles ont été très complémentaires, donc oui c’est une grande satisfaction », se félicite le sélectionneur bleu, acculé en zone mixte et encerclé de micros avides de sa sainte parole, pendant que plusieurs filles criaient leur joie dans les couleurs de l’Accor Hotels Arena.

Pas encore au niveau des Experts

Et puis il y a ce jet de sept mètres de la discorde, en deuxième mi-temps, ce carton rouge cruel, « ce sketch », dixit Krumbholz, venu priver Alison Pineau des 24 dernières minutes de jeu mais aussi galvaniser et souder un peu plus un groupe déjà dur comme un diamant. « Il fallait se battre pour elle », nous confie Grâce Zaadi. Et Lacrabère de faire dans la surenchère guerrière : « ça nous a mis la rage. » Incandescence qu’est venu décupler un public lui aussi révolté.

L’unité, thème de la soirée, donc. Mais tout ceci ne nous trouvera pas de surnom à nos championnes, les troisièmes de l’histoire à réaliser le doublé Mondial-Euro. Pourquoi pas les Expertes ? Lacrabère refuse la comparaison. « Pour le moment, il n’y a pas match avec eux. » En attendant d’avoir le droit de se mesurer à la meilleure génération du handball masculin français, les vainqueures du soir vont fêter leur or européen. Ensemble.