Ryder Cup : C’était quoi ça ??? L’Europe l’emporte sur le fil au terme d’une dernière journée de folie furieuse
RYDER CUP•Après deux jours de compétitions à rouler sur des Américains en perdition, l’Europe a connu un dimanche proche du cauchemar, avant de finalement s’imposer sur le fil dans une édition de la Ryder Cup qui restera dans les mémoiresA.L.G. avec AFP
L'essentiel
- Formidable de justesse et de talent vendredi et samedi, l’Europe menait 11,5 points à 4,5 dimanche et la victoire ne semblait alors plus qu’une formalité.
- Mais c’était sans compter sur le réveil de l’oncle Sam, porté par un public en ébullition, qui a donné des sueurs froides aux Européens.
- Ceux-ci se sont finalement imposés grâce à un putt de l’Irlandais Shane Lowry sur le trou numéro 18 et gardent le trophée, deux ans après leur victoire à Rome.
Les petits malins qui pensaient que l’affaire était dans le sac pour la Team Europe et ont préféré se fader Rennes-Lens à la place, avant de se glisser sous la couette en se disant qu’ils jetteraient un œil aux résultats de la Ryder Cup, sûr de la victoire haut la main de « leur » équipe, lundi matin, ont dû en avaler leur café de travers. Alors que le Vieux continent avait un boulevard devant lui pour remporter la 45e édition de la plus belle compétition de golf au monde, après deux jours à concasser de l’Américain comme s’il voyait des sosies de Donald Trump partout, s’est fait la frayeur de sa vie, dimanche, lors d’une dernière journée absolument irréelle et suffocante.
Et si l’Europe l’a finalement emporté sur le gong, après avoir failli se liquéfier sous le poids de la pression, elle conserve donc son trophée du côté de Farmingdale, près de New York, une première sur le sol américain depuis 2012. Si les Etats-Unis mènent toujours 27 à 16 au palmarès (2 nuls), l’Europe, qui a conservé son trophée acquis à Rome il y a deux ans, se détache 13 à 9 depuis l’élargissement de l’équipe au-delà de la Grande-Bretagne et de l’Irlande en 1979, et même 11 à 4 ces trente dernières années.
On était proche d’une remontad (US) a
Les Européens, à la tête d’une avance record samedi soir (11,5 points à 4,5) après les matchs en paires, ont complètement raté leur dimanche, marqué par le sursaut de l’équipe américaine et de ses leaders, qui a longtemps cru tenir leur équivalent du « miracle de Medinah », surnom de l’édition 2012, lorsque l’Europe avait retourné un déficit de 10-6. « J'ai vécu les moments les plus stressants de ma vie, a réagi le capitaine européen Luke Donald. Je ne pensais pas qu’ils seraient si bons dimanche, ils (les Etats-Unis) se sont battus avec force. »
Mais de miracle il n’y a finalement pas eu, dimanche, dans la banlieue new-yorkaise, malgré le chahut constant des supporters locaux, réputés pour leur chauvinisme et leur manque de courtoisie, tous sports confondus. L’Irlandais Shane Lowry a délivré son équipe, fébrile, en arrachant un demi-point à Russell Henley pour porter l’Europe à 14 points, le minimum requis pour repartir avec la coupe, avant que les dernières rencontres ne scellent le score final à 15-13.
Bousculé et insulté pendant trois jours, Rory McIlroy, héros du Masters en avril, remporte la Ryder Cup pour la sixième fois en huit participations. « Très fier de faire partie de cette équipe », il a toutefois perdu dimanche sa première partie du tournoi, un revers symbolisant le retournement de situation que les Américains ont vainement espéré vivre jusqu’au terme de la 45e édition de la prestigieuse compétition bisannuelle.
Le plus dur, c’est de finir le boulot
Le numéro 2 mondial a été dominé d’un trou par le numéro 1 Scottie Scheffler, lors d’un choc au sommet qui a permis à l’Américain de relever la tête après l’humiliation vécue lors des deux premiers jours, avec quatre défaites en autant de matchs de paires. L’Europe avait pourtant attaqué la journée avec un petit coup de pouce et le forfait du Norvégien Viktor Hovland, blessé au niveau du cou, donnant un demi-point à chaque équipe pour porter le score à 12-5, laissant les visiteurs à deux succès du trophée, avec onze duels à venir.
Les premières rencontres, serrées, se sont dénouées au trou n°18 avec un scénario similaire : Cameron Young face au vétéran Justin Rose puis Justin Thomas contre Tommy Fleetwood ont planté un birdie pour remporter le match et faire hurler la foule. Matt Fitzpatrick, qui avait mené de cinq coups en cours de partie, a été contraint au nul face à Bryson DeChambeau, avant les succès de Scheffler, Xander Schauffele et J.J. Spaun. Seul le Suédois Ludvig Aberg a gagné dimanche son match pour les Européens, portant alors sa formation à 13,5, à un match nul du trophée.
Le demi-point a été arraché par l’Irlandais Shane Lowry sur le 18, malgré une sortie de bunker exceptionnelle de Henley, qui a manqué ensuite un putt pour mettre une pression folle à l’Europe, alors que trois matchs seulement restaient à terminer. « J’ai vécu les heures les plus dures de ma vie, je n’en reviens pas que ce putt soit rentré », a commenté l’Irlandais, les larmes aux yeux, avant de se descendre un bon cidre bien mérité.


















