Premier League : « Une folie totale », le grand n’importe quoi du marché des transferts commence à inquiéter
bulle•Le championnat anglais finance une partie de son train de vie grâce à des sociétés de crédit. Pas une riche idée, explique le « Telegraph » dans un papier très intéressant ce jeudiN.C.
Ça n’aura échappé à personne, en tout cas pas à ceux qui suivent le foot même de loin, les clubs de Premier League ont dépensé à tout-va pendant ce mercato d’été. Ils sont riches, certes, grâce à des droits TV mirifiques (7,82 milliards d’euros sur le cycle 2025-2029), mais l’inflation galopante des tarifs pratiqués pour des joueurs au mieux « mid » (Liam Delap à 30 M€, Illiman Ndiaye à 75 M€, option d’achat à 87 M€ Mudryk, sérieusement ?) – sans même parler des cadors qui s’échangent à plus de 100 millions – commence à inquiéter en Angleterre.
Le Telegraph publie ainsi un long et très intéressant papier ce jeudi sur cette tendance dépensière qui pourrait « causer la perte » de la PL à terme. Au sortir de ce marché d’été, plusieurs dirigeants directement impliqués dans les deals se disent « choqués et inquiets ». Les économistes le sont encore plus, car les quelque 3,5 milliards de livres sterling dépensées (un peu plus de 4 milliards d’euros) ont été financés par un endettement plus important que jamais, écrit le quotidien britannique.
Comparaison avec la crise des subprimes
En résumé, les clubs anglais, comme partout en Europe, manquent de liquidités et financent ces opérations par des crédits. Sauf que la conjoncture n’est pas très bonne en ce moment. « Le crédit privé lui-même subit des pressions croissantes, entre la perception d’une bulle de l’IA et la hausse extrêmement préoccupante des rendements obligataires mondiaux », souligne le Telegraph. Ce qui fait dire à un président de club qu’une « crise de crédit se profile ». Et c’est tout le foot anglais qui tremble.
Ce dernier aurait pourtant de quoi être autosuffisant, mais poussé toujours plus loin dans l’escalade, il a laissé entré des capitaux étrangers, notamment américains, comme des assurances et des fonds de pension. Une source du journal évoque une situation de « folie totale » et de marché désormais « hors de contrôle », au point de comparer ce qui est en train de se passer avec la catastrophique crise des subprimes de la fin des années 2000.
Toute l'actu de la Premier LeaguePerçu par certaines grandes fortunes comme une valeur refuge, « une classe d’actif non corrélée aux fluctuations » de l’économie mondiale, le foot n’en reste pas moins un secteur très volatile. Les signaux d’alarme sont là, alertent économistes et dirigeants sensés. « Et pourtant, la bulle continue de grossir, alimentée par la cupidité », regrette une autre source haut placée auprès du Telegraph. La conclusion est assez fataliste : « Tout cela va s’effondrer. Et quand ce sera le cas… »



















