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Lassana Diarra dégomme la FIFA et réclame 65 millions d’euros

Justice : « Une culture de mépris », Lassana Diarra dégomme la FIFA et réclame 65 millions d’euros

SHOW ME THE MONEYLassana Diarra n’en a pas fini avec la FIFA et lui réclame 65 millions d’euro, ainsi qu’à la Fédération belge
Aymeric Le Gall

A.L.G. avec AFP

Toujours prompt à distribuer généreusement des centaines de millions d’euros quand il s’agit de convaincre les clubs de participer à sa nouvelle Coupe du monde (en carton), Gianni Infantino est cette fois-ci sommé de sortir le carnet de chèque pour indemniser Lassana Diarra. L’ex-international français a en effet porté plainte contre la FIFA et lui réclame 65 millions d’euros bruts, à elle ainsi qu’à la Fédération belge, après l’arrêt rendu par la Cour de justice de l’UE (CJUE) au sujet du système des transferts, jugé contraire au droit européen.

« Suite à un arrêt de la CJUE, en l’absence d’une solution à l’amiable, il est normal de retourner devant les juridictions nationales afin qu’elles mettent en œuvre cet arrêt. C’est donc ce que nous faisons aujourd’hui, sur la base d’un arrêt très clair de la CJUE qui a tranché tous les points juridiques essentiels. Les tribunaux belges devraient rendre leurs décisions dans un délai de 12 à 15 mois », a expliqué l’avocat de l’ancien Parisien, Martin Hissel.

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Saisie par Lassana Diarra, la Cour de justice de l’Union européenne avait jugé le 4 octobre 2024 que des règles de la FIFA encadrant les mutations entre clubs étaient « contraires » au droit de l’Union européenne et « de nature à entraver la libre circulation » des footballeurs professionnels, bouleversant ainsi le système de transferts. Certains parlaient alors d’une véritable révolution à venir dans le monde du foot, comme l’avait été l’arrêt « Bossman » dans les années 90. Force est de constater qu’on en est loin pour le moment.

« Une culture de mépris pour l’Etat de droit »

A la demande de la justice belge, la haute juridiction établie à Luxembourg examinait le cas de Diarra qui avait contesté, il y a dix ans, les conditions de son départ du Lokomotiv Moscou. En raison d’une réduction drastique de son salaire, Diarra avait quitté le club moscovite, mais ce dernier avait jugé la rupture abusive et lui avait réclamé 20 millions d’euros. Conséquence : le club belge de Charleroi avait finalement renoncé au recrutement du Français par crainte d’avoir à assumer une partie de ces pénalités, conformément au règlement de la FIFA étudié par la CJUE.

« J’ai attendu quelques mois avant de relancer la procédure nationale en Belgique, pensant que, notamment suite aux efforts en ce sens de FIFPRO Europe [le syndicat des joueurs en Europe], la FIFA et la Fédération belge auraient au moins la décence de me contacter pour proposer un règlement à l’amiable du litige. C’était d’ailleurs le ton des messages que j’ai reçus de la FIFA. Cela n’a pas été le cas, a réagi Lassana Diarra. C’est leur droit, mais cela reflète une culture persistante de mépris pour l’Etat de droit et pour les joueurs, malgré le message très clair envoyé par la CJUE. À mon grand regret, nous devrons donc une nouvelle fois nous expliquer devant les juges, car je n’ai pas d’autre choix. »