PSG - Bayern Munich : Une soirée folle, « un clash d’idées similaires » et un seul vainqueur, le football
total régal•Parisiens et Bavarois ont récité une ode au football en demi-finale aller de Ligue des champions, mardi soir au Parc des Princes. Une victoire du PSG (5-4) dont l’Histoire saura se souvenirWilliam Pereira
L'essentiel
- Le Paris Saint-Germain a battu le Bayern Munich (5-4) en demi-finale aller de Ligue des champions au terme d’un match d’une intensité rare, riche en rebondissements.
- Le scénario et la qualité du jeu proposés ont suscité une vague d’enthousiasme chez les amateurs de football mais aussi chez les acteurs du match, qu’ils soient joueurs ou entraîneurs.
- « Ce match et ce type de football dans ce type de stade, c’est une soirée dont on se souviendra tout le temps », a ainsi déclaré Luis Enrique en conférence de presse.
Au Parc des Princes,
Avant toute chose, souhaitons bon courage à l’Atlético de Madrid et à Arsenal. L’étiquette de l’anti-spectacle ne leur suffisait pas, il a fallu en plus que le PSG et le Bayern Munich peignent sous nos yeux un tableau de grand maître sur mesure pour le Louvre, histoire de mettre plus bas que terre les deux adversaires du mercredi soir. Neuf buts, dont quatre en l’espace de dix minutes en début de seconde période, symbole d’un réalisme insolent, mais aussi des séquences d’une intensité suffocante et un scénario de blockbuster dans un Parc en fusion : la demi-finale de Ligue des champions la plus attendue a fait mieux que tenir ses promesses, elle s’est fait une place au panthéon de la compétition, laissant supporters et journalistes dans un état de transe collective au coup de sifflet final.
« Ce match et ce type de football dans ce type de stade, c’est une soirée dont on se souviendra tout le temps », veut croire un Luis Enrique apparu essoré nerveusement devant la presse. « Je n’ai jamais vécu un match avec une telle intensité, avec une telle envie de gagner, déclarait l’Espagnol un peu plus tôt dans la nuit, au micro de Canal+. On était content de voir ce type de spectacle. » Vincent Kompany a en revanche mis un temps avant de mesurer la dimension historique de la chose. « Je n’ai pas tout de suite réalisé. Je dois avouer que sur le trajet en venant dans cette salle on me l’a beaucoup dit [que c’était un match historique]. J’ai de la chance que ce ne soit pas une finale, parce que sinon on aurait perdu cette finale magnifique. »
Des principes de jeu au-dessus de tout
Un récital qui tient autant au scénario qu’à la foi des deux entraîneurs dans leurs principes de jeu immuables. « Ce qu’il s’est passé mardi, c’est un clash de deux idées similaires, théorise Kompany. Normalement, dans ce genre de situation, une équipe accepte de se retirer. Mais aujourd’hui, aucune équipe l’a fait, et ça donne ce genre de match. » En d’autres termes, un combat pour l’honneur où l’échange de la vertu offensive contre une place en finale de Ligue des champions vaut pour échec, n’en déplaise aux pragmatiques.
L’analyse cartésienne admettra des imperfections et rappellera que la partie a tantôt frôlé la caricature du match de ping pong, tantôt du match de Playstation ; que les gardiens - et en particulier Neuer - ont été trop laxistes ; et qu’à force de trop se déstructurer, les plans de jeu des deux entraîneurs se sont en fait évaporés pour laisser place au chaos. Avec en prime l’impression que le chemin du but était trop facile d’accès.
Sacrifiés sur l’autel du beau, les défenseurs se sont retrouvés à la merci d’attaquants avaleurs d’espaces et avides de dribbles, à l’image du pauvre Marquinhos, terrassé par les appuis dévastateurs de Luis Diaz sur le quatrième but bavarois, ou de Nuno Mendes, toujours pas sorti de la poche de Michael Olise, à la fois beau et impitoyable dans sa manière de cuisiner son vis-à-vis. Une pensée émue, également, pour Josip Stanisic, malmené par les crochets de Khvicha Kvaratskhelia jusqu’à la sortie du Géorgien. « Ce sont des joueurs qui haussent leur niveau de jeu par rapport à la qualité de l’adversaire, souligne Vincent Kompany. Des joueurs qui n’ont pas peur aller dans le dribble. » Et on les en remercie.
Dembélé et Kompany prêts à proposer le même spectacle dans une semaine
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, le premier volet sensationnel proposé par Paris et le Bayern en appelle un second au moins aussi réjouissant, mû par la même insouciance et ce faux désintérêt du résultat. « [Ce sont] deux équipes qui vont attaquer, prédisait déjà Ousmane Dembélé au micro de Canal + après le match. On ne va pas changer notre philosophie. On va attaquer et eux aussi, ils vont attaquer. Donc, je pense que ça va donner un beau deuxième match. » « Il y a deux cas de figure, illustre le coach du Bayern. Il faut soit tout changer [dans son approche du match retour], soit aller encore plus dans le sens de ce qu’on fait déjà. Vous connaissez déjà la réponse pour la semaine prochaine. » Les amateurs de score fleuve s’en frottent déjà les mains.
Gare toutefois à ne pas crier victoire trop rapidement. Le match de mardi a laissé des traces. Achraf Hakimi en a fait les frais et même Luis Enrique est sorti complètement rincé de cette grande fête. « Je suis tellement fatigué alors que je n’ai pas couru un kilomètre, dans quel état les joueurs doivent être. » Les supporters, eux, ont répété à qui voulait les entendre qu’ils ne trouveraient pas le sommeil après une telle soirée. A chacun sa manière de vivre l’exceptionnel.


















