Real Madrid - OM : Après la telenovela estivale, la saison de l’OM peut-elle carrément virer au film d’horreur ?
FOOT FICTION•Alors que l’OM aborde une semaine ô combien casse-gueule avec un déplacement à Madrid ce mardi (21 h) et la réception du PSG, on s’est demandé si la saison marseillaise pouvait carrément virer à l’horreur en ce mois de septembre de tous les dangersAymeric Le Gall
L'essentiel
- Mise en scène dans la série documentaire Sans jamais rien lâcher, la saison 2024-2025 de l’OM peut (déjà) aller se rhabiller, l’opus 2025-2026 lui étant déjà très largement supérieur.
- Après la telenovela estivale autour de l’affaire Rabiot/Rowe, la saison de l’OM pourrait carrément basculer dans l’horreur vu l’enchaînement de gros matchs qui attend l’équipe en cette seconde moitié de septembre.
- Avant le déplacement à Santiago-Bernabeu contre le Real Madrid ce mardi (21 heures) et la réception du PSG, dimanche, on a filé la métaphore cinématographique de l’épouvante avec des amoureux du club. Allergiques au second degré s’abstenir.
«L’OM c’est tout un art et pas juste le 7e. C’est de la Commedia dell’arte, du théâtre pagnolesque, une série Netflix, un film primé à Belsunce, une réplique d’IAM, un riff de Van Halen. C’est notre réalité qui dépasse vos fictions. » Voilà ce que ça donne quand on lance des supporters de l’OM pour évoquer ce début de saison proprement délirant, entre le Rabiot Gate et la valse des transferts, plus proche de la fiction que de la réalité. Après la série documentaire Sans jamais rien lâcher plutôt (très) bien troussée sur les coulisses de la saison 2024-2025, l’OM semble avoir décidé de mettre les bouchées double pour nous offrir une saison 2 encore plus folle encore.
Mais alors que se profile une deuxième quinzaine de septembre à vous donner des envies de saut à l’élastique sans élastique, avec un enchaînement de l’enfer Real Madrid-PSG-Strasbourg-Ajax, on s’est demandé s’il n’allait pas carrément falloir basculer dans de la science-fiction, voire de l’horreur/épouvante, pour imaginer la suite de cette série.
Dans sa dernière vidéo, le célèbre supporter de l’OM Mohamed Henni le dit avec ses mots à lui : « Le Real et le PSG dans la même semaine, ô misère de misère. Après, ça peut être un tournant de la saison même s’il y a plus de chance que ce soit une tournante. »
La malédiction qui rend fada
Pour tirer la pelote d’un tel sujet, il nous a fallu faire montre de persévérance pour trouver LA personne idoine, mais notre flair de cochon truffier a encore été au rendez-vous. Car, non content d’avoir produit un film d’horreur dans la région de Marseille, Thierry Aflalou est aussi et surtout un dingo de l’OM, dont il a contribué dans ces jeunes années à créer le Commando Ultra 84 avec des amis de lycée. Cerise sur le gâteau, celui-ci ne nous avait pas attendus pour imaginer un pitch de film autour de ce club décidément pas comme les autres. Avant-même que nous lui soumettions l’idée d’un stade Vélodrome construit sur les ruines d’un ancien cimetière indien, le patron de Comic Strip Production avait envisagé une histoire à peu près semblable.
« On a développé un sujet de fiction un peu loufoque autour de l’OM où le postulat de départ c’était de dire que des archéologues ont découvert que le Graal était enterré à plusieurs mètres sous l’un des points de pénalty du stade Vélodrome, nous dévoile-t-il en exclusivité mondiale. Et de fil en aiguille, on découvrirait que ce sont les ondes émises par le Graal qui viendraient perturber les esprits et tout l’écosystème du club et qui expliqueraient pourquoi c’est le grand n’importe quoi à l’OM depuis des années. »
Sinon, comment expliquer ces comportements schizophréniques de dirigeants qui, hier, assuraient la main sur le cœur que l’été ne serait pas trop agité sur le marché des transferts et qui, quelques semaines plus tard, foutaient leur leader à la porte pour une sombre histoire de bourre-pif, avant de recruter six joueurs lors du dernier jour du mercato ?
« C’est bien ça qui nous pose question avec l’OM : on n’arrive jamais à imaginer que des professionnels, des gens compétents, lucides, sains d’esprit, puissent agir d’une telle sorte, acquiesce le producteur à l’origine de nombreux documentaires sur les légendes du club. On ne peut pas avoir un président qui dit en juin “on va corriger l’équipe à la marge” et se retrouver trois mois plus tard avec quinze départs et douze arrivées. On a vraiment l’impression de nager en plein délire, en pleine science-fiction. Il y a deux personnes dans Pablo Longoria. Il y a celui qui tient des propos posés, lucides, logiques, et l’autre, celui qui fait tout l’inverse. C’est Docteur Jekyll et M. Hyde en fait. »
« Un stade Vélodrome hanté par des fantômes »
A l’origine de la jolie tirade en ouverture de cet article, les supporters de l’OM qui se cachent sous le compte Twitter OManiaque - un nom qui n’est pas sans rappeler un film d’épouvante des années 80, tiens, tiens - ne peuvent que valider un tel constat, même si leurs références cinématographiques diffèrent un peu. « Les débuts de saison de l’OM, c’est comme la scène du début du film La Haine : chaque jour qui passe, on se dit : "jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien". Le calme avant la tempête, expliquent-ils. mais "l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage", qui n’arrive jamais. »
Ils acceptent à leur tour de se prêter au jeu et de nous donner leur scénario de l’horreur qui pourrait découler d’un mois de septembre où les raclées s’enchaînent comme les volets de Scream, à la pelle :
« Halloween approche à grand pas. Après quelques défaites, certains masques tombent. On remarquera que certains joueurs portaient un costume trop grand pour eux, alors que d’anciens joueurs devenus consultants sortent les couteaux. Les cibles sont simples : les mauvais alignements de Balerdi, les 572 transferts de Benatia et Longoria, les déclarations passionnées de De Zerbi. Mais avant de les atteindre, toute une armée de zombies avec des maillots de l’OM se dresse pour défendre l’institution face au complot mondial qui cherche à détruire le club. » Un peu décousu, mais on prend aussi évidemment.
Si l’on apprécie le geste, on restera sur la trame initiale vendue par Thierry Aflalou, qui nous dépeint « un stade Vélodrome hanté par des fantômes qui viennent rendre fadas ceux qui y travaillent ». « Pour combien de dirigeants passés par l’OM tu ne peux pas dire “non mais il est fou dans sa tête ce type ?” . Il y a un côté Stranger Things, une force inconnue et maléfique - peut-être un ancien président ou un ancien joueur mort et qui revient pour se venger - qui rend les gens un peu tarés, ben l’OM c’est un peu ça. »
Un exorciste nommé Tapie
Comment ne pas se souvenir de cette scène flippante d’un Pablo Longoria s’agrippant à la caméra de sécurité du stade de l’Abbé-Deschamps, sous la pâleur blafarde et angoissante des néons bon marché, en hurlant “corrupción ! corrupción !”, un soir de défaite marseillaise dans la campagne auxerroise ? « Vous voyez, il était clairement possédé ce soir-là ! », se marre Aflalou.
Reste alors à trouver une chute à ce film d’anticipation. On optera pour une happy end libératrice, si vous le voulez bien. Comme le Vélodrome est, selon les mots du producteur, « un lieu de culte où la religion OM règne en maître », pourquoi ne pas faire appel à un exorciste afin de conjurer le sort et libérer ce club de l’esprit du malin qui s’est emparé de lui ? Eau bénite, croix en bois et prêtre en soutane devant un Longoria criant « Ton Rabiot suce des glaces à Milan », ça aurait de l’allure, nan ?
Notre dossier sur l'OM« Ça peut être un exorciste, oui. Ou un marabout, valide Aflalou. Ou encore un Messie. Et ce Messie on l’a eu, de 1986 à 1993, il a même sa statue devant le Vélodrome, comme dans une église avec Jésus. C’est Bernard Tapie. Il faudrait donc que le fantôme de Tapie revienne faire le ménage là-dedans afin de libérer l’OM de cette malédiction qui rend fou. » Si avec ça on ne vise pas la Palme d’Or à Cannes au printemps prochain…


















