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Après le titre en C1, doit-on être encore exigeant avec Paris ?

PSG - Atalanta Bergame : « Ce n’est plus le même métier »… Doit-on être encore plus exigeant avec Paris ?

Back to back ?Le PSG, champion d’Europe en mai, remet son titre en jeu dès ce mercredi avec la réception de l’Atalanta au Parc des Princes (21 heures)
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Un peu plus de trois mois après son premier titre en Ligue des champions, le PSG remet sa couronne en jeu dès ce mercredi soir face à l’Atalanta Bergame (21 heures).
  • Selon l’ancien Parisien Jimmy Algérino, le club bénéficiera d'« une attente positive » avec « beaucoup moins de pression à mettre » grâce à ce premier titre historique acquis face à l’Inter Milan.
  • Luis Enrique, lui, va maintenir son exigence habituelle tout en fixant de nouveaux objectifs : « En matière de titres, cela va être plus difficile car il y en a davantage à disputer, mais sur le plan footballistique, je pense que nous allons progresser en tant qu’équipe. »

Dans notre scolarité, on a tous connu ce compagnon de classe, on ne peut pas dire « copain » à ce point, qui râle après un petit 16/20 sur une dictée de la mort. Habitué à des notes supérieures, le voilà qui s’épanche sur notre épaule endolorie par un petit 8 et murmure à qui veut bien l’entendre que cette appréciation lui fera du mal dans son bulletin, que tu-comprends-papa-maman-vont-pas-être-content-je-vais-passer-une-mauvaise-soirée… Des parents pas contents d’un 16, mais où poussera-t-on l’exigence ?

C’est un peu ce qui attend le PSG cette année. Quelques mois après avoir décroché le premier titre en Ligue des champions de son histoire, Paris repart en conquête, dès ce mercredi face à l’Atalanta Bergame au Parc des Princes, mais n’est pas à l’abri que la moindre contre-performance ne vienne faire resurgir les fantômes du passé, à une époque où un titre en C1 n’était qu’un souhait lointain. Comme si la bataille épique de Munich avait déjà été oubliée.

« Paris a couru derrière ce titre-là depuis des années, mais, aujourd’hui, ce n’est pas le même métier, estime Jimmy Algérino, ancien joueur du PSG (1996-2001). Il va y avoir de l’exigence, car il y en a toujours à Paris, mais on n’est pas au même niveau que le Real Madrid, qui se doit presque d’enchaîner les titres européens chaque saison. »

Le PSG, comme un élève à haut potentiel ?

Après une saison passée à être l’élève modèle, au point de remporter toutes les distinctions en fin d’année, le PSG a repassé son costume, ajouté quelques beaux stylos dans sa trousse et appris sa comptine par cœur avec le but de faire encore mieux en cette rentrée : « Continuer de marquer l’histoire, c’est le premier objectif depuis mon arrivée », répète à l’envi Luis Enrique. On n’en attendait pas moins de la part du mastermind espagnol, monstre d’exigence envers ses propres joueurs, qui peuvent finir sur le banc pour un repli défensif de deux mètres passé à la trappe.

Mais les supporteurs, les observateurs, les médias doivent-ils avoir les mêmes aspirations pour le club de la capitale après une année historique, comme un professeur pourrait l’avoir avec un élève surdoué ? « En matière d'attentes scolaires, on demandera quand même d’avoir les mêmes que les autres, parce que tu évalues un certain niveau de maîtrise de compétences, répond Vanessa, professeure d’histoire-géographie dans un collège d’Ile-de-France. A la limite, si tu sais que ton élève est un haut potentiel, les anciens HPI, tu es même censé avoir un certain niveau d’indulgence, parce qu’il peut avoir des difficultés dans certains domaines. »

Pour le PSG, les difficultés sont déjà connues : les blessures d’Ousmane Dembélé ou Désiré Doué en ce début de campagne européenne, la préparation physique réduite à portion congrue cet été, le dégât mental d’une saison à rallonge, un calendrier compliqué en C1… « Je pense qu’il va quand même y avoir une attente, mais une attente positive, note Algérino. Le titre est là, les gens sont contents, il y a une fierté à tous les niveaux. L’objectif doublé, ça serait historique, mais le plus important était vraiment de décrocher ce premier titre. »

« Beaucoup moins de pression à mettre »

Ce titre acquis au terme d’une saison européenne en forme de montagnes russes permettra aussi de calmer tout le monde quand le PSG n’aura que quatre points au bout de quatre matchs dans la phase de Ligue. La saison dernière, Paris s’était qualifié in extremis avant le final en beauté que l’on connaît tous. Inutile donc de monter sur ses grands chevaux quand Lamine Yamal mettra un quintuplé au stade de Sant Andreu, après le nouveau report de l’ouverture du Camp Nou.

« On aura beaucoup moins de pression à mettre en se disant, regardez, ils l’ont fait l’année dernière, donc soyons patients, il n’y aura pas de catastrophisme, développe Jimmy Algérino. Et puis, toute cette phase va permettre de voir ce que Luis Enrique va apporter de nouveau cette saison, quelles alternatives, parce qu’aujourd’hui, le club a été étudié, son jeu, son pressing. Ça va au-delà des résultats. »

Aller au-delà des résultats, c’est ce qui va permettre au club et aux joueurs de ne pas se reposer sur ses lauriers et, donc, de faire face aux aspirations du monde. « Beaucoup d’élèves haut potentiel peuvent devenir des mauvais élèves dans leur scolarité, prévient Vanessa. Parce qu’ils se font chier en cours et qu’il y a des trucs qu’ils bâclent parce que ça ne les intéresse pas. Donc on va leur donner des missions, des tâches spéciales à accomplir pour les “nourrir”. »

« Progresser en tant qu’équipe »

Le maître Yoda Enrique fait de même avec ses petits protégés et, comme dans un jeu vidéo, alimente sa saison avec quelques quêtes secondaires. « En matière de titres, cela va être plus difficile car il y en a davantage à disputer, mais sur le plan footballistique, je pense que nous allons progresser en tant qu’équipe, tant en attaque qu’en défense, assurait Luis Enrique sur le site de l’UEFA avant la Supercoupe d’Europe. Je pense que nous pouvons encore identifier des phases de jeu à améliorer. »

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L’exigence de Luis Enrique va même permettre « non seulement aux joueurs de progresser, mais surtout au club de grandir, avec une mentalité affirmée », conclut Jimmy Algérino. Pour, dans quelques années, venir chatouiller le Real Madrid sur ses platebandes. Hâte de voir « Le Chiringuito » sur 20 Minutes TV faire toute une émission sur les prestations arbitrales, ça voudra dire que le PSG est arrivé à bon port.