Inter - Barça : Avalanche de buts et scénario de folie… Merci au football de nous redonner goût à la vie
FOOTBALL•La demi-finale retour de Ligue des champions entre l’Inter et le Barça, dans un San Siro en lévitation, entre directement au panthéon des plus grands matchs de l’histoire de cette compétitionAymeric Le Gall
C’est à la difficulté de reprendre pieds dans le monde réel qu’on reconnaît un grand, un très grand match de football. Or, ce matin, on vole encore au-dessus d’un nid de coucou après avoir assisté à cet Inter-Barça de pure folie, dans un stade San Siro dont le bruit bourdonne encore dans nos oreilles. Avant même de se laisser gagner par l’excitation du PSG-Arsenal à venir, on a la sensation d’avoir laissé un peu de notre vie et beaucoup de nos émotions du côté de Milan, où les deux équipes se sont livrées à un formidable combat après un match aller déjà épique (3-3).
Mais, on le sait, dans ce format de phase finale de Ligue des champions aller-retour - qu’il faudrait être fou pour oser modifier - le deuxième match nous emmène souvent à des altitudes rarement atteintes sur l’échelle du palpitant. En ouvrant rapidement le score grâce à l’inévitable Lautaro Martinez, les hommes de Simone Inzaghi avaient lancé la soirée de la meilleure des manières, avant que Calhanoglu, sur péno, ne vienne, comme à l’aller, donner deux buts d’avance à son équipe face à un Barça que l’on pensait encore en perdition.
Un Barça à réaction
Mais comme à Montjuic, une semaine plus tôt, les Blaugranas parvenaient on ne sait comment à revenir dans le match grâce à des buts signés Eric Garcia et Dani Olmo. En deux frappes tendues et six petites minutes de jeu, les morts reprenaient vie sous nos yeux ébahis. Et à 2-2, plus personne ne donnait cher de la peau des Intéristes, sensation confirmée à trois minutes de la fin du temps réglementaire, quand Raphina reprenait de volée un premier tir stoppé par l’immense Yann Sommer, pour donner l’avantage aux siens.
Mais cet Inter 2024-2025 est fait d’un autre bois que le commun des mortels et, par un procédé qui nous échappe encore totalement, le rugueux défenseur central Acerbi se retrouvait dans les 6 mètres adverses pour reprendre sous la barre, tel un renardeau des surfaces, le centre de la dernière chance de Dumphries à la 93e minute. 3-3, comme à l’aller, plus un poil de sec et par ici les prolongations. Enfin, pour ceux qui n’ont pas quitté le stade après le but de Raphinha, car il y en a eu. Il y en a toujours. A ceux-là, il faut espérer que le quatrième but signé Davide Frattesi (4-3, 99e) et synonyme de qualification pour la finale servira à atténuer la douleur de n’avoir pas cru en cette équipe de zinzin.
Merci le football, merci la vie
Neutres devant notre télé, on aurait volontiers signé pour une égalisation barcelonaise, histoire de presser le fruit du plaisir jusqu’à la dernière goutte, mais Yann Sommer en décida autrement au moment de sortir une parade de l’espace sur une ultime tentative de Lamine Yamal. Fabuleuse de courage et de ténacité, l’équipe de l’Inter n’a pas volé sa place en finale et on imagine déjà que, d’un côté comme de l’autre, que ce soit Paris ou Arsenal, on prendra très au sérieux la bande à Marcus Thuram, à nouveau monstrueux mardi soir à San Siro.
On pourrait enfin se demander où placer cette double confrontation au panthéon des plus beaux matchs à élimination directe de l’histoire de la Ligue des champions - certainement aux côtés du Real-City de 2022 - mais cela reste subjectif et, disons-le, un peu futile. On sait juste que quand il est pratiqué de cette manière, avec une telle intensité, des buts de partout et des rebondissements tous plus dingues les uns que les autres, le football est certainement l’une des plus belles inventions de l’humanité. Et qu’on n’en sera jamais rassasié.


















