Monaco - Benfica : « Une équipe avec du vice »… Après le fiasco arbitral, la revanche pour l’ASM en Ligue des champions ?
football•Après les avoir déjà affrontés lors de la phase préliminaire, les Monégasques retrouvent Benfica en Ligue des champions ce mercredi. Avec l’envie de prendre leur revancheAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- L’AS Monaco reçoit le Benfica, ce mercredi (21 heures) en barrages de la Ligue des champions au stade Louis-II.
- Les deux équipes s’étaient déjà affrontées lors de la phase préliminaire en novembre. Un match qui s’était soldé par une défaite des Monégasques dans une rencontre marquée par les nombreuses erreurs d’arbitrage.
- Face aux bouchers Nicolas Otamendi ou Alvaro Carreras, qui n’auraient jamais dû finir le match, les coéquipiers de Maghnes Akliouche sont-ils revanchards ?
La Compagnie des Carabiniers du Prince ne recrute pas. Avec ses 124 militaires, dont 3 officiers, l’armée monégasque est complète pour quadriller le Rocher et faire face aux menaces de puissances extérieures comme Saint-Marin, le Liechtenstein ou l’Aveyron. Mais si elle décidait d’envahir, à tout hasard, la Slovénie, nul doute que des milliers de candidatures s’amoncelleraient sur le bureau d’Albert II. Car la principauté a quelques comptes à régler avec l’un de ses éminents représentants : Rade Obrenovic.
Le 27 novembre dernier, le natif de Ljubljana, arbitre professionnel dans la vie courante, s’est mis tout un peuple à dos lors du match de Ligue des champions entre l’AS Monaco et le Benfica (2-3), qui se retrouvent ce mercredi soir en barrages de C1 à Louis-II. Au moins une expulsion oubliée pour les Portugais, une attitude arrogante avec les Rouge et Blanc, en leur demandant notamment de se taire avec les doigts, un petit clin d’œil complice avec le sécateur de Buenos Aires Nicolas Otamendi, des jaunes distribués à la pelle…
« Il faudra être parfaits »
« Ce match était d’une frustration sans nom, la sensation et la réalité de ne pas contrôler ce qu’il se passait, ajoute Yann, supporteur monégasque, créateur du compte Twitter (présentement X) Lig’ASM, présent à Louis-II ce soir-là. Je n’en ai pas décoléré. » Il n’était pas le seul. Plutôt muet quand il s’agit d’évoquer les hommes au sifflet, Adi Hütter, l’entraîneur de l’ASM, y était aussi allé de ses petites piques, tout comme son latéral Vanderson : « Les erreurs d’arbitrage ont pesé lourd sur notre défaite. »
Ce mercredi soir, Rade Obrenovic, qui devait être quatrième arbitre pour Monaco-Aston Villa début janvier avant d’être remplacé par l’UEFA pour éviter tout soulèvement populaire, sera loin de Louis-II pour l’épisode 2 de la série entre Monégasques et Benfiquistes. « On peut parler de revanche parce qu’il y a eu défaite et qu’on se rejoue, explique Yann. Mais les conditions étaient tellement particulières qu’on retient plus ce qu’il s’est passé autour du match et l’arbitrage que le jeu en lui-même. Se qualifier nous ferait presque oublier le scandale de novembre. »
Si Adi Hütter y a encore fait référence, sans s’éterniser, en conférence de presse après la défaite des siens face au PSG vendredi (4-1), Denis Zakaria, en fidèle serviteur de la neutralité suisse et de la langue de bois, a préféré évoquer l’avenir plutôt que ressasser ce triste épisode : « C’est un match très important, ce sera à nous de bien faire les choses. On a envie de mieux faire et de gagner. Il faudra être parfaits car ce ne sera pas facile. »
« Otamendi a confirmé sa réputation »
Parfaits notamment dans l’attitude, car quand Breel Embolo, Maghnes Akliouche ou Eliesse Ben Seghir vont retrouver les bouchers portugais qui leur ont chatouillé les chevilles pendant une heure et demie, il risque d’y avoir des envies d’en découdre. « Hütter cherche sans doute à apaiser les esprits, peut-être par crainte de voir ses joueurs perdre leurs nerfs et prendre encore des cartons rouges, indique Christophe, qui était également présent à Louis-II le soir du drame. Je serais surpris que Zakaria ne soit pas revanchard. En tant que capitaine, il a assisté à ce fiasco de près. »
« Ils ont juste une équipe avec des mecs qui ont du vice, qui savent faire sortir leurs adversaires de leur match, reprend Yann. Que ce soit Alvaro Carreras, Nicolas Otamendi ou n’importe quel autre joueur, si les mecs ont la sensation de pouvoir casser du joueur adverse en toute impunité pourquoi ils se limiteraient ? »
Le défenseur argentin, qui voit encore des flashs de Kylian Mbappé époque ASM lui faire la misère quand il était à Manchester City, doit vouer une haine particulière au maillot rouge et blanc. Et les supporteurs monégasques le lui rendent bien. « Notre courroux était principalement contre l’arbitre, même si Otamendi, connu pour son comportement provocateur, a encore confirmé sa réputation », relève Christophe. On l’imagine d’ailleurs bien mettre une ou deux boîtes d’entrée à Mika Biereth, la recrue du mercato hivernal qui enchaîne les pions, pour lui souhaiter la bienvenue.
Mariani, un adepte des penaltys
« Il faut prendre cette rencontre comme une nouvelle, balayer ce qu’il s’est passé, estime Yann. Si on se laisse porter par nos démons du passé, on va se tuer tout seul. J’espère que les joueurs sauront garder leur calme. Il y a très peu de chance qu’un arbitrage comme en novembre ait une nouvelle fois lieu lors de cette double confrontation. »
Probablement pas. Même si Maurizio Mariani, qui sera au sifflet ce soir, a une petite obsession pour les penaltys. L’Italien en a sifflé quatre en autant de rencontres de Ligue des champions arbitrées cette saison. On préfère prévenir : Si Nicolas Otamendi s’autogifle et s’effondre dans la surface sur un corner pour Benfica, il ne faudra pas être surpris. Et prévoir d’élargir vraiment les effectifs de la Compagnie des Carabiniers du Prince. Il y aura l’Italie et l’Argentine à envahir.


















