Aymeric Le Gall
L'essentiel
- Michael Olise et Rayan Cherki ont brillé lors de leur entrée en jeu à l'heure de jeu contre la Belgique au Stade de France, transfigurant l'équipe de France avec un but pour Cherki et deux pour Olise en trois minutes, mettant fin à une polémiquette sur leur supposée mésentente.
- Cherki a balayé les rumeurs après le match en déclarant : « Il y a une vraie complicité avec Michael Olise. Tout ce qui se dit dans la presse sur le manque de cohésion des joueurs, c'est n'importe quoi », ajoutant que « Du premier au dernier membre du staff, c'est kiffant, j'ai jamais connu une ambiance comme ça ».
- Zidane s'est montré très satisfait de ces quatre premiers matchs en affirmant « C'est le football que l'on aime. Au delà des points, des trois victoires, ce que je retiens c'est l'état d'esprit » et a qualifié la prestation d'Olise d'« exceptionnel ».
Au Stade de France,
Vous n’êtes pas contents ? Boum, masterclass. Quelques heures après une petite polémique naissante - une polémiquette, tout au plus - née d’un article de L’Equipe qui racontait dans un papier consacré à Michael Olise que le joueur du Bayern avait pu être décontenancé par certains comportements de Rayan Cherki lors de ce rassemblement, les deux hommes ont répondu sur le terrain de la meilleure des manières.
Tous deux entrés à l’heure de jeu avec Désiré Doué à un moment où les Bleus ronronnaient tels un gros matou sur les genoux de grand-mère un dimanche après-midi dans sa véranda, Michael Olise et Rayan Cherki ont apporté la lumière et la fureur là où il n’y avait qu’obscurité et nonchalance.
Si l’égalisation est venue de Doué, lui aussi brillant durant une demi-heure avec un but et deux passes dé' lundi soir, ce sont bien les deux lascars qui ont pris toute la lumière à eux, face à des Belges réduits au rang de plots de chantier et qui ont certainement amèrement regretté la sortie d’un Ousmane Dembélé à côté de ses pompes tout au long de la soirée.
Une équipe de France transfigurée à l’heure de jeu
Se trouvant les yeux fermés dès leurs premières foulées, Olise et Cherki ont montré en l’espace d’une petite demi-heure qu’il risquait bien d’y avoir une équipe de France avec et une équipe de France sans eux. Vous devinez logiquement laquelle on exige voir évoluer le plus souvent possible sous nos yeux (ébahis). Car ces deux hommes ne sont pas de simples footballeurs, ce sont de véritables artistes balle aux pieds, des garçons capables de passer un, deux, trois ou quatre joueurs en revue et d’inventer des espaces imaginaires, avant de faire la passe qu’il faut ou la frappe qui s’impose.
Avec un tel génie technique, la vie est forcément plus facile sur un terrain de foot. On l’a vu dès leur entrée en jeu, l’un et l’autre se cherchant presque systématiquement, à l’image d’une action initiée côté droit et conclut plein axe par une frappe contrée d’Olise. Mais ce n’était alors qu’un amuse-bouche avant le festin annoncé. Alerté côté droit encore une fois, Olise déposait son vis-à-vis pour centrer en retrait pour Cherki, lequel surgissait au bon moment pour battre Vandevoordt d’un plat du pied gauche (81e).
Et comme face à la Belgique il y a une semaine et face à l’Italie il y a quelques jours, Michael Olise ne pouvait quitter le terrain sans marquer, ce qu’il fit à deux reprises en trois minutes (88e et 91e), servi les deux fois par un Désiré Doué très inspiré. Le Stade de France basculait alors dans la folie, lui qui n’avait de cordes vocales que pour l’ancien joueur de Palace, entonnant des « Olise Ballon d’or ! Olise Ballon d’or ! » qui, s’ils semblent un peu prématurés pour cette année, finiront fatalement par devenir réalité tant ce garçon est un joueur à part.
Deux personnalités solaires et opposées
Cette association Cherki-Olise est d’autant plus monstrueuse que les deux hommes sont, chacun dans leur style, des personnalités atypiques, solaires, qui détonnent dans le monde du foot. Le feu et la glace, le mystérieux taiseux et le fougueux amuseur public, unis par les liens du ballon rond et l’amour du football comme on le joue dans la cour de récré. Un foot instinctif où la beauté du geste passe avant tout le reste, sans rien rogner pour autant à l’efficacité dans le dernier geste.
Interrogé au micro de TF1 après la rencontre, Cherki (aka le meilleur communiquant de l’équipe de France) a tenu à couper court aux rumeurs naissantes sur une possible mésentente avec son coéquipier munichois. « Il y a une vraie complicité avec Michael Olise. Tout ce qui se dit dans la presse sur le manque de cohésion des joueurs, c’est n’importe quoi, a-t-il balayé. Du premier au dernier membre du staff, c’est kiffant, j’ai jamais connu une ambiance comme ça. »
Bavard comme à son habitude, l’ancien Lyonnais enchaînait par une ode à son coéquipier, avec qui il semble prendre un pied pas possible sur le pré : « Quand on est entré avec Michael, on avait à cœur de prendre nos responsabilités. On est des joueurs qui aimons avoir la balle. Forcément, plus il y a de joueurs qui savent jouer dans les petits périmètres, changer le jeu, plus ça sera simple. »
Vivement le prochain rassemblement
En conférence de presse, Zidane s’est quant à lui montré très avare de mots à l’attention du Bavarois, mais les rares qu’il a prononcés disent tout de ce que Zizou pense de son successeur naturel en Bleu. « Olise ? Je n’ai rien à dire. C’est juste exceptionnel ce qu’il fait », a-t-il dit en rigolant, avec le sourire de celui qui sait qu’avec de tels garçons à sa disposition, l’avenir ne peut qu’être radieux.
C’est à peu près ce qu’il laissait entendre quelques minutes plus tôt sur TF1 quand on lui demandait de faire un bilan de ces quatre premiers matchs sous son commandement. « C’est le football que l’on aime. Au-delà des points, des trois victoires, ce que je retiens c’est l’état d’esprit, a salué le Z. Je suis très satisfait, il n’y a rien à jeter. J’ai été agréablement surpris de l’état d’esprit, c’est un groupe qui vit bien ensemble. Tout le monde a adhéré et même les joueurs qui sont sortis étaient contents pour ceux qui sont entrés. »
Tout n’aura pas été parfait sur ces quatre matchs en deux semaines, bien sûr, mais il faudrait être sacrément blasé de la vie pour ne pas voir d’abord le positif de cette première séquence zidanesque et le potentiel de cette équipe, sous les ordres d’un coach qui a placé le jeu et le ballon au centre de tout. Et pour la première fois de notre vie, disons-le, on a même hâte de retrouver ces Bleus lors de la prochaine fenêtre internationale.