Aymeric Le Gall
Il s’était fait tellement discret ces dernières années, attendant bien sagement que la place de sélectionneur se libère, que l’on avait oublié que Zinédine Zidane pouvait être autre chose qu’un homme pondéré, calme et mesuré. On en a eu un bref (mais jouissif) aperçu lundi soir du côté du stade du Roi Baudoin quand le nouveau sélectionneur des Bleus nous a offert une célébration folle sur le magnifique but en solo de Michael Olise en toute fin de match face à la Belgique.
Suivant l’action du meneur de jeu du Bayern en avançant lui-même dans sa zone technique, l’ancien boss du Real Madrid a fini en tapant un sprint de furieux au moment où la frappe du Munichois terminait au fond des filets, avant d’envoyer une mine du pied droit dans le premier ballon qui passait devant lui.
Zidane est là et bien là
Cette joie démonstrative, couplée à un geste technique, une frappe en extension, qui aurait blessé plus d’un entraîneur à sa place, nous ont procuré autant de bonheur si ce n’est plus que le but de la victoire du funambule de Munich. Comme si, au terme d’un match parfaitement maîtrisé par les Bleus ET agréable à regarder, on venait enfin de prendre totalement conscience que le nouveau taulier se nomme Zidane.
Interrogé à deux reprises sur ce but et cette célébration déjà iconique, le champion du monde 98 a d’abord plaisanté au micro de TF1 en expliquant qu’il n’avait pas eu peur de se claquer et qu’il avait simplement voulu « accompagner Michael » dans sa course, sentant « qu’il allait marquer ». « Je ne sais même pas ce que j’ai fait, prolongera-t-il quelques instants plus tard en conférence de presse. J’ai accompagné l’action de Michael, j’ai senti qu’il était parti dans son dribble. Il a fait une action exceptionnelle. J’ai vu le ballon, j’étais obligé de shooter dedans, quitte à être ridicule. » Zidane, ridicule ? C’te blague…