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Atteint d’une malade neurodégénérative, Jean-Marc Furlan ne peut plus entraîner

Dans un livre, la femme de Jean-Marc Furlan annonce que son mari est atteint d’une maladie neurodégénérative

MALADIE•Ancien coach de Troyes, Brest et Auxerre, entre autres, Jean-Marc Furlan a dû mettre un terme à sa carrière à cause d’une maladie neurodégénérative liée aux commotions cérébrales subies durant sa carrière de joueur
Aymeric Le Gall

A.L.G.

L'essentiel

  • Jean-Marc Furlan, ancien entraîneur de football français, souffre d’une maladie neurodégénérative possiblement liée aux commotions cérébrales subies durant sa carrière de joueur, comme le révèle sa femme Cécile Traverse Furlan dans un livre intitulé Jean-Marc Furlan, le don d’une vie.
  • Cette maladie a provoqué « une forme d’égocentrisme notoire » selon un neurologue, entraînant une désinhibition et une absence de filtres qui ont particulièrement affecté son passage au SM Caen, où il a été renvoyé après treize matchs suite à de mauvais résultats et une embrouille avec un adjoint.
  • Le livre est préfacé par Raphaël Varane qui souhaite « alerter le plus grand nombre sur les risques encore trop confidentiels que les commotions cérébrales et la pratique du jeu de tête peuvent engendrer dans la vie d’un footballeur et, par ricochet, dans celle de ses proches ».

Personnage à la fois haut en couleurs et attachant de notre championnat de France, Jean-Marc Furlan, ancien coach de Troyes, Brest et Auxerre, souffre d’une maladie neurodégénérative que son entourage avait jusqu’ici gardé secret. C’est sa femme, Cécile Traverse Furlan, qui a choisi de dévoiler cette information dans un livre à paraître aux Editions Amphora et intitulé Jean-Marc Furlan, le don d’une vie. Ouest France publie ce mardi quelques passages du bouquin dans ses colonnes avant sa parution, le 1er octobre prochain.

Cécile Traverse Furlan que cette maladie, possiblement due à la répétition des commotions cérébrales subie par l’ancien coach caennais, son dernier club, tout au long de sa carrière de joueur, a eu des conséquences concrètes sur la vie sociale et professionnelle de son mari. Celle-ci ayant pour effet de libérer, selon un neurologue qui suivait son mari, « une forme d’égocentrisme notoire » qui se traduisait par des paroles pas assez maîtrisées, parfois trop cashs, dans un monde où la langue de bois est de rigueur.

« Je sens que les digues lâchent »

Si Jean-Marc Furlan a toujours été un homme franc du collier à la gouaille légendaire, ces derniers mois dans le costume d’entraîneur au SM Caen ont été pour sa femme un révélateur, un signal d’alarme. Renvoyé au bout de treize matchs après de mauvais résultats et une embrouille avec l’un de ses adjoints, Furlan n’a plus accepté le moindre challenge malgré plusieurs sollicitations depuis son renvoi de Caen.

« Je sens que les digues lâchent sur plusieurs aspects, notamment la désinhibition et l’absence de filtres, dans un milieu où c’est proprement interdit. Le problème, c’est que cette maladie s’est régalée sur une telle personne, écrit son épouse. Franc et authentique, d’accord, mais je ne pouvais pas laisser les gens m’expliquer que ce qu’il se passait à Caen lui ressemblait. Plus du stress entrait en lui, plus il se lâchait, comme un torrent que je ne pouvais pas arrêter. »

Varane préface le livre de Cécile Traverse Furlan

Désormais incapable de diriger une équipe, et ce malgré le fait que « le football était la seule chose qui l’intéressait dans la vie », Jean-Marc Furlan doit apprendre à vivre loin de ce milieu qu’il a tant aimé. A travers ce témoignage, préfacé par Raphaël Varane, lui-même victime de commotions cérébrales durant sa carrière, sa femme espère susciter un débat et une réflexion autour de cette question encore trop souvent tabou dans le milieu.

Le champion du monde 2018 explique avoir accepté le projet pour « alerter le plus grand nombre sur les risques encore trop confidentiels que les commotions cérébrales et la pratique du jeu de tête peuvent engendrer dans la vie d’un footballeur et, par ricochet, dans celle de ses proches ».