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Brest : « Il a refusé d’être le malade de service », la femme d’Eric Roy raconte le combat du couple contre le cancer
récit•Loëtita Roy raconte dans une belle interview au « Parisien » les trois ans et demi de lutte livrés au côté de son mari contre le cancer du pancréas dont il était atteintN.C.
C’est une interview très belle et émouvante, qui renforce encore l’admiration éprouvée pour Eric Roy, décédé le 17 juin d’un cancer du pancréas. Sa femme Loëtitia raconte dans Le Parisien de ce jeudi les trois ans et demi passés aux côtés de son mari à lutter contre la maladie, alors que le pronostic n’était que de quelques mois quand ils ont appris la terrible nouvelle, en janvier 2023. Roy venait d’être nommé entraîneur de Brest, et c’est cette folle aventure qui lui a finalement permis de tenir aussi longtemps, explique-t-elle.
« Il me lâche : "On se met en mode combattant, ensemble". Dès le début, on se dit qu’il va travailler et honorer le contrat avec Brest, raconte la femme de 56 ans. Les médecins nous ont un peu pris pour des dingues, parce qu’ils savaient qu’il devrait subir une chimiothérapie très lourde. Mais je savais que le travail le ferait tenir. »
Forcément, le couple a dû mettre en place une organisation spéciale, pour jongler entre séances d’entraînement, déplacements pour les matchs et phases de soin. Les rares personnes dans la confidence – le président brestois Denis Le Saint, le directeur sportif Grégory Lorenzi et son pote Jérôme Alonzo – ont apporté une aide précieuse, comme le CHU de Brest.
La saison en C1, celle « où il a le mieux encaissé »
Et le secret a été bien gardé. « Il voulait travailler sereinement et pas que ses rapports avec les gens changent. Il a refusé d’être le malade de service, il ne voulait pas de la pitié des gens, ni avoir de privilèges », rapporte sa femme. Le couple s’est montré plus soudé que jamais pendant ces années, et l’ancien joueur de l’OL, l’OM ou Nice a réussi des miracles sur le banc, portant le petit Stade Brestois jusqu’en Ligue des champions en 2024-2025. « Paradoxalement, c’est l’année où il a le mieux encaissé », assure Loëtitia. Comme une preuve supplémentaire que ce poste qu’il avait tant désiré prolongeait sa vie.
Forcément, Eric Roy est passé pendant tout ce temps par des moments extrêmement difficiles. Un déplacement impossible à Lyon, par exemple, au début de cette année 2026, à cause d’une infection pulmonaire qui a entraîné « des souffrances assez inhumaines ». Mais « avec lui, ça n’a jamais été macabre. Pendant ses séances de chimio, on riait, on mettait de la musique comme Murray Head ou Florent Pagny », raconte encore sa femme.
Toute l'actu de la Ligue 1La fin de cette saison a été très pénible, bien sûr. Le Niçois « ne pouvait même plus s’habiller, et il arrivait à peine à marcher », dit son épouse, obligée de l’accompagner lors des derniers déplacements. Jusqu’aux ultimes instants, en juin. Roy voulait retourner à Brest pour dire au revoir à tout le monde, mais ça n’a pas été possible. Ses deux enfants sont venus en urgence, dans la maison familiale à Nice, pour l’épauler jusqu’à la fin. Et il est parti heureux, témoigne Loëtitia : « Il a vécu ses meilleures années d’entraîneur sur la fin. Il nous a quittés avec un petit sourire. »



















