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OK, fini de rigoler, Brest c’est (vraiment) la Champions League

Brest-Leverkusen : OK, fini de rigoler, Brest c’est (vraiment) la Champions League

MAOUS COSTAUDInvaincus dans cette Ligue des champions, les Brestois ont montré en tenant tête au champion d’Allemagne en titre qu’il allait falloir vite les prendre au sérieux dans cette compétition
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Le Stade Brestois 29 a arraché un match nul (1-1) face au Bayer Leverkusen, mercredi, au stade du Roudourou.
  • Invaincus en Ligue des champions, les Bretons sont de plus en plus proches d’une qualification pour les barrages.
  • Avant, peut-être, de viser encore mieux, eux que l’Europe va devoir apprendre à prendre (très au sérieux).

De notre envoyé spécial dans le multiverse,

OK, on arrête les conneries, ce coup-ci, c’est du sérieux. Portés par la vague du succès après leurs deux premières victoires contre Sturm Graz et Salzbourg en Ligue des champions, les Brestois ont encore franchi un nouveau cap en décrochant un match nul face au Bayer Leverkusen, champion d’Allemagne en titre, mercredi soir, dans un stade du Roudourou en lévitation.

Mais ce qui est paradoxal, c’est que ce partage des points face à une pointure européenne dit à la fois tout de la force qui anime ce groupe et à la fois rien de ce qu’a été ce match. Car, après avoir vu en première période l’écart qui sépare ces deux écuries qui, en temps normal, il faut bien le dire, ne boxe pas dans la même catégorie, en seconde mi-temps, personne n’aurait crié au scandale si les Brestois s’étaient imposés.

Une deuxième période de mammouths

Ragaillardis par l’égalisation sublime de Pierre Lees-Melou, le maestro de cette équipe qui faisait son grand retour après blessure, mercredi, les Finistériens ont mis la misère aux joueurs de Xabi Alonso pendant une bonne partie du second acte. Au point de provoquer une petite moue à Romain Del Castillo, qui nous a avoué sortir « frustré » de cette rencontre, tant la victoire leur tendait les bras. Un constat que ne partagera pas son coéquipier Ludovic Ajorque quelques minutes plus tard en zone mixte, lui qui évoluait en Bundesliga la saison passée et qui connaît le talent de ce Bayer Leverkusen.

« Il ne faut pas faire la fine bouche, on prend quand même un bon point, tempère la tour de contrôle brestoise. On reste invaincu en Ligue des champions et on avance. Personne ne nous attendait là. » Sur ce point, personne ne dira le contraire, même pas nous. Et certainement pas Xabi Alonso, le coach espagnol qui, malgré ses belles paroles de la veille sur cette équipe brestoise dont « il faut se méfier », avait quand même décidé d’aligner, sinon une équipe B, du moins une équipe A’.

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A l’arrivée, et malgré la présence de la star Florian Wirtz, l’élégant Xabi Alonso regrettera certainement de ne pas avoir pris Brest un peu plus au sérieux. Vu la tension qui s’est emparée du banc allemand dans le dernier quart d’heure, on n’est pas loin de penser qu’il y avait comme un je-ne-sais-quoi de fierté mal placée et d’ego mis à mal en se voyant trimballé à ce point par une équipe de seconde zone.

Alors, M. Ajorque, vexés, les Allemands ? « Vexés, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est qu’ils sont venus ici en mettant l’équipe B, donc je ne sais pas pour qui ils nous prennent… Ce qui est sûr, c’est que, nous, équipe A, équipe B ou équipe C, on s’en fout, on fait le maximum pour obtenir le meilleur résultat possible. » Et ça paie.

Brest a gagné le respect de l’Europe… Et c’est pas fini !

Ça paie tellement qu’après trois matchs, les Ty Zefs sont bien au chaud, tout en haut du classement (5es) de cette nouvelle formule de la Ligue des champions, à égalité de points (7) avec Manchester City, l’Inter et Arsenal. Ce qui devait être une aventure sans lendemain pour le surprenant 3e du dernier championnat de Ligue 1, une sorte de balade sans prétention, juste comme ça, pour claquer la bise aux tops joueurs qu’ils ont l’habitude de voir derrière leur télé, bien au chaud du côté de Brest, s’est transformé en quelque chose de bien plus sérieux.

Du reste, on ne peut pas vraiment en vouloir à qui que ce soit d’avoir douté de la capacité de ces Brestois à faire autre chose que de la figuration, avant de laisser les adultes se battre entre eux au printemps prochain. Les supporters brestois eux-mêmes ne donnaient pas cher de la peau de leur équipe en début de campagne européenne. C’est humain, au fond. On a trop d’expérience avec nos clubs français pour savoir que ce genre d’épopée n’est en général qu’un one shot, une belle histoire sans lendemain qu’on raconte des années plus tard à nos petits enfants au coin du feu.

Après Sturm Graz, Salzbourg et le Bayer, à qui le tour ?

Les joueurs en ont parfaitement conscience, d’ailleurs. Brendan Chardonnet, le capitaine brestois l’admettait sans problème : « La qualif ? Oui, ça semblait inimaginable, on nous promettait l’enfer, mais c’était déjà le cas en deuxième partie de saison dernière, on disait qu’on ne pourrait pas résister jusqu’au bout avec les meilleurs et, au final, on a prouvé qu’on en était capables. Et là, on nous a encore dit que ça allait être compliqué mais on essaie de prouver aux gens qu’on est des bons joueurs, un gros collectif et un club ambitieux. »

Désormais, il y a fort à parier que la suffisance avec laquelle tout le monde regardait cette bande de fous furieux va disparaître. A l’inverse de leurs ambitions qui, elles, vont logiquement être revues à la hausse. « C’est sûr que sept points après trois matchs, on ne l’aurait pas forcément cru, convenait Eric Roy en conférence de presse d’après-match. On aurait signé des deux mains. Après, je pense que la qualification était déjà dans nos têtes après nos deux premières victoires. Mais c’est sûr que maintenant, c’est l’objectif. Il ne faut pas se cacher et faire les faux (modestes). » Tremble, Real Madrid, tremble, les Brestois sont dans la place.