Ligue 1 : La France est-elle vraiment la seule à « avoir un problème avec l’arbitrage » ?
Rien de nouveau sous le soleil•Le week-end de Ligue 1 a encore été émaillé de plusieurs critiques à l’encontre des arbitres, notamment lors de Lille-LyonA.H.
L'essentiel
- Les arbitres français font face à des critiques constantes cette saison, avec des incidents comme celui de Mathieu Vernice lors du match Lille-Lyon, poussant le président lillois Olivier Létang à dénoncer un « vrai questionnement » sur l’arbitrage et l’absence de dialogue avec la FFF.
- Cette problématique d’arbitrage controversé n’est pas spécifique à la France, puisque l’Angleterre connaît des polémiques similaires, tandis que l’Espagne a érigé les critiques d’arbitrage en religion.
- La VAR cristallise les critiques les plus virulentes dans tous les championnats européens, l’entraîneur de Cologne Lukas Kwasniok déclarant notamment : « On la présente comme la bonne décision : "Dieu merci, la VAR rend le football plus juste. C’est de plus en plus discutable." »
Dans son prochain discours de politique générale, le Premier ministre Sébastien Lecornu pourrait bien annoncer une mesure forte : une prime de pénibilité pour les arbitres français. Critiqués semaine après semaine, nos sifflets tricolores souffrent. Ils ont encore entendu parler du pays ce week-end, notamment Mathieu Vernice après sa « performance » lors du match entre Lille et Lyon dimanche.
Des penaltys non sifflés, des cartons rouges restés au fond de la poche, un interventionnisme poussé à l’extrême (44 fautes sifflées), l’expulsion de Bruno Genesio… Il n’en fallait pas plus pour que l’état-major du Losc ne crie à l’injustice et lance l’Appel du 28-Septembre, relayé sur les ondes pour appeler à la prise de conscience collective sur la nullité, disons-le ouvertement, de nos hommes et femmes en noir.
Les Anglais aussi servis
« C’est un vrai questionnement, pas que pour nous, tous les week-ends, on a des problèmes avec l’arbitrage, a lancé le Général Létang, président des Dogues. Ce n’est plus possible. C’est de notre responsabilité à tous, en commençant par le président de la FFF, puisque l’arbitrage dépend de la FFF, de se mettre autour d’une table. Il n’y a pas d’échange, pas de contradictoire, on a des gens en face de nous qui sont dans leur bulle, avec des gens dont on ne sait pas ce qu’ils font, et qui sont censés avoir des missions. »
Depuis le début de la saison, les sorties incendiaires contre les arbitres n’en finissent pas. A Lyon, Marseille, Lille, Auxerre, tous les clubs y vont de leurs diatribes enflammées pour, parfois, justifier un mauvais résultat. Encore un peu loin de la sortie de Pablo Longoria, l’année dernière, où le président phocéen parlait de « championnat de merde et de « corruption », même si l’idée est là. Alors, la France a-t-elle vraiment « un problème avec l’arbitrage », comme le suggère Olivier Létang, en comparaison avec nos chers voisins ?
Souvent mis en avant comme référence, avec le fameux « ça ne se siffle pas en Angleterre » (voir stats), nos meilleurs ennemis d’outre-Manche n’ont pas non plus la main légère quand il s’agit de se farcir les officiels. Surtout en ce début de saison. Et le match entre Newcastle et Arsenal, dimanche, a suffi à rallumer le feu, notamment après un penalty sifflé puis annulé par la VAR sur Gyokeres ou une main dans la surface non signalée.
« Encore un match où nous discutons des normes d’arbitrage en Premier League, s’est insurgé Mark Clattenburg, treize ans de sifflet sur le Vieux continent dans les bagages, sur X. Il est temps pour Webb [directeur de l’arbitrage anglais] d’accepter son échec ! »
Critiques sur les critiques d’un ancien arbitre
Si Olivier Létang, voire Bruno Genesio après le derby perdu face à Lens, ont été vindicatifs contre l’arbitrage, ils ne sont que des amateurs dans cet art que les Espagnols ont érigé en religion. Ils ont même inventé les critiques contre un ancien arbitre (Eduardo Iturralde González) qui critique à la Cadena Ser les décisions de l’arbitre. Et il ne se passe plus une journée sans que le « con polémica » ne vienne ponctuer les comptes rendus des rencontres.
Nos chers voisins ont, en même temps, de l’expérience dans le domaine, et ils ont été dernièrement servis sur un plateau par l’affaire Negreira : Vice-président du comité technique des arbitres, José María Enríquez Negreira aurait reçu plus de 17 millions d’euros de la part du Barça pour, officiellement, « obtenir la neutralité du corps arbitral ». Suffisant pour jeter l’opprobre sur les directeurs de jeu à la moindre occasion.
La VAR, « de plus en plus discutable »
Le Real Madrid n’attend même pas, de son côté, la fin de match pour déverser ses petits versets accusateurs. Une grosse pression est mise en amont des rencontres via des déclarations en conférence de presse ou des montages vidéos sur Real Madrid TV. Pas un climat très serein, comme l’avait dénoncé Ricardo de Burgos Bengoechea avant la finale de la Coupe du roi entre le Barça et le Real Madrid.
Que ça soit en France, en Espagne, en Angleterre, en Italie ou en Allemagne, les critiques les plus virulentes concernent la VAR. « Pendant des années, je n’y ai vu aucun intérêt. Et puis, on la présente comme la bonne décision : "Dieu merci, la VAR rend le football plus juste", a dénoncé l’entraîneur de Cologne Lukas Kwasniok, qui a perdu face à Stuttgart ce week-end. C’est de plus en plus discutable. » Mais ça a le mérite d’être un gros sujet de discussions.


















