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Abonnés en masse et contenus novateurs, Ligue 1+ a-t-elle déjà réussi son pari ?

Ligue 1 : Abonnés en masse, ouverture des clubs et contenus novateurs, Ligue 1+ a-t-elle déjà réussi son pari ?

CA SENT BON, non ?Quelques jours après son lancement officiel, Ligue 1 +, la nouvelle chaîne du foot français estampillée LFP, a déjà su séduire près de 600.000 abonnés, ce qui doit donner le sourire aux clubs français en reconquête de leur public
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Quelques jours après son lancement, la nouvelle chaîne Ligue 1+ compte déjà 600.000 abonnés selon Nicolas de Tavernost, le directeur général de LFP Media.
  • Ce chiffre laisse penser que l’objectif initial (un million d’abonnés à la fin de la saison) pourrait être atteint bien plus vite que prévu.
  • En offrant du contenu novateur et en pratiquant des tarifs attractifs, la LFP semble en tout cas avoir mis tous les ingrédients de son côté pour faire de cette aventure une belle réussite populaire et éditoriale.

Tout cramer pour repartir sur des bases saines, et si c’était ça le secret de la réussite ? Après des années à s’être vu plus belle qu’elle n’était, à s’imaginer milliardaire grâce à la bulle des droits TV qui, jurait-on à l’époque, n’éclaterait jamais, la princesse Ligue 1 est devenue crapaud. Snobé par les diffuseurs traditionnels lassés de perdre des ronds dans l’affaire, le championnat de France n’a eu d’autres choix que de se réinventer et de prendre les clés de son propre camion en lançant (dans une certaine précipitation) sa propre chaîne Ligue 1+.

Une aventure aussi soudaine que risquée - la seule expérience du genre en Europe (aux Pays-Bas) s’étant soldée sur un échec - mais qui, paradoxalement, semble plutôt bien embarquée. C’est du moins ce que disent les premiers chiffres donnés lundi par Nicolas de Tavernost, l’ancien patron de M6 appelé à la rescousse pour rendre à nouveau le produit attractif aux yeux des consommateurs, après une ultime tentative pas loin d’être catastrophique avec DAZN l’an passé.

« Nous sommes déjà à plus de 600.000 abonnés et nous pensons qu’on fera en une seule journée de Championnat, la J1, ce qui a été fait sur l’ensemble de la saison précédente (avec DAZN) », a annoncé le nouveau shérif du village dans L’Equipe du jour. Quand on sait que l’objectif initial était d’atteindre le million d’abonnés au terme de la saison 2025-2026, il y a de quoi rouler un peu des mécaniques.

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Les abonnés sont au rendez-vous

« Si on fait plus, on sera très heureux. Ce départ a surpris l’ensemble de nos distributeurs, a-t-il ajouté. La très grosse majorité des gens se sont abonnés pour un an (avec engament). Ce n’est pas un choix occasionnel, ce qui est important pour nous. Tout n’est pas parfait, je m’empresse de le dire, mais l’esprit est là. »

S’il est trop tôt pour sabrer le champagne dans les locaux de la LFP, il faut quand même savoir apprécier les petites victoires en cette période de vache maigre. En pratiquant des offres promotionnelles et des tarifs attractifs (14,99 euros par mois avec engagement d’un an), quand DAZN avait choisi l’option de nous faire les poches, et en choisissant l’option de « l’hyper distribution » chez les différents opérateurs internet (Orange, Bouygues, SFR et Free) et/ou plateformes de diffusion (Prime Video, DAZN), la LFP s’est donné les moyens de faire revenir un public parti vers d’autres contrées illégales (IPTV) la saison passée.

Ce chiffre de 600.000 abonnés trois semaines à peine après le lancement de l’opération est un formidable indicateur de la bonne stratégie des décideurs de LFP Media à ce sujet. Cela prouve bien que les fans de foot français n’avaient pas disparu. Non, ils étaient là, tapis dans l’ombre, à attendre sagement qu’on arrête de les prendre pour des rois du pétrole (ou des couillons, c’est selon).

Cela prouve aussi que le grand public a compris qu’il faisait lui aussi partie de la solution et que la bonne santé du championnat de France et la survie de ses clubs dépendaient en partie de lui. « Le public a aussi compris que Ligue 1+ n’est pas simplement une nouvelle antenne, mais un esprit nouveau pour le foot pro. Les gens se sont approprié cette chaîne. Ils ont compris qu’il valait mieux s’abonner avec ces tarifs préférentiels que de tenter de pirater », note à juste titre Nicolas de Tavernost.

Tous les acteurs ont un rôle à jouer dans cette aventure

D’un point de vue éditorial aussi, comme on l’écrivait déjà vendredi soir après un Rennes-OM au scénario de dingue en ouverture, Ligue 1+ a réussi ses grands débuts, avec des séquences inédites au plus près des acteurs du jeu, dans le vestiaire des arbitres, dans ceux des joueurs et même lors des échauffements, comme on l’a vu dimanche avec le Nantais Lepenant équipé de micro lors de l’avant-match face au PSG.

On trouvera évidemment quelques petites choses à redire, comme la prestation (gênante) du nouveau consultant Souleymane Diawara, clairement pas à l’aise pour le moment, ou encore la taille étrangement petite du plateau de l’émission dominicale « Le Club », qui jure avec des journalistes tirés à quatre épingles dans leurs costards de gala, globalement Ligue 1 + nous a fait forte impression.

Cela ne veut pas dire pour autant que le pari est gagné car, à 15 euros par mois, il va falloir aller en chercher des abonnés pour payer les gros salaires des joueurs et le train de vie des clubs. Interrogé sur ce point sur RMC Sport, le boss de LFP Media a évalué à la louche le gain net pour les clubs à hauteur de 120 millions d’euros. Mais, ajoute-t-il, « dans les revenus, il y a l’indemnité DAZN cette année, on a quand même 85 millions d’euros qui tombent en cash dans les caisses des clubs. Et puis on a le match de beIN, même s’il n’est payé que partiellement pour le moment, c’est 78,5 millions », sans compter les droits internationaux que se partageront les clubs européens.

« Il y a un matelas d’argent, plus les revenus de la chaîne », a-t-il assuré avant de préciser tout de même « que la chaîne ne fera pas le milliard de Mediapro ». Qu’importe, en réalisant 60 % de l’objectif d’une saison en quelques jours, les dirigeants peuvent raisonnablement envisager de revoir leurs ambitions à la hausse. Ce serait alors une manière de montrer aux clubs et aux dirigeants que la solution ne peut passer que par une plus grande ouverture afin d’offrir du contenu novateur à un public qui ne demande que ça.