OL : « La confiance s’est érodée », le patron de la DNCG revient sur les promesses non tenues de John Textor
gros sous•Jean-Marc Mickeler explique dans « L’Equipe » ce mercredi le chemin qui a failli mener le septuple champion de France dans le ravinN.C.
Deux semaines après le sauvetage de l’Olympique Lyonnais en appel, le patron de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) en dit un peu plus sur le chemin qui a failli mener le septuple champion de France dans le ravin. Dans une interview accordée à L’Equipe, Jean-Marc Mickeler souligne que la catastrophe a été évitée de peu alors que « John Textor est le président avec lequel nous avons le plus dialogué ». Et ce, dès son rachat du club lyonnais, fin 2022.
Dialogue constant mais sans effet
« Nous l’avions alerté sur la nécessité d’injecter beaucoup d’argent dans les années à venir. Nous pensions qu’il avait compris », raconte Mickeler. L’Américain en fait la promesse lors des rendez-vous suivants, mais le gendarme financier du foot français constate à chaque fois que cela en reste à ce stade. Jusqu’à la rétrogradation à titre conservatoire prononcée en novembre 2024, « un avertissement [qui] aurait dû susciter une réaction des actionnaires. »
Mais là encore, rien ne change, malgré de nouveaux échanges après l’élimination face à Manchester United en quarts de finale de Ligue Europa. « Nous n’avions pas d’autre choix que de constater l’absence d’éléments tangibles pour la survie du club », fait savoir Jean-Marc Mickeler. Qui avait chiffré le manque de financement à hauteur de 240 millions d’euros.
D’où la décision de rétrograder l’OL pour de bon, fin juin. « John Textor n’a pas toujours répondu aux attentes exprimées alors même qu’il nous avait indiqué avoir bien compris. La confiance s’est peu à peu érodée », pose le dirigeant. Heureusement pour les Lyonnais, Michelle Kang et Michael Gerlinger ont été autrement plus efficaces pour préparer l’audition en appel, le 9 juillet. Avec des arguments tangibles, surtout.
« Après avoir ajusté plusieurs postes, elle a élaboré un budget révisé, financé ou garanti par Michelle Kang et les actionnaires, démontrant le sérieux et l’engagement de la nouvelle équipe », détaille Mickeler.
Bientôt plus de poids pour la DNCG ?
Pour terminer, le patron de la DNCG rappelle que les situations problématiques de Bordeaux et de Lyon « auraient pu être évitées si les repreneurs avaient suivi nos préconisations ». Il attend avec impatience la réforme à venir du foot français, qui devrait donner à sa commission plus de poids qu’un simple avis non contraignant comme aujourd’hui.
« Cet avis donnera automatiquement lieu à une décision de l’organe de gouvernance du football professionnel, qui devra valider ou refuser tout changement d’actionnaire majoritaire – et on peut espérer une plus grande prise en compte de nos recommandations », projette-t-il. Face à l’incertitude sur les droits télé et les transferts, les clubs en auront sûrement bien besoin.



















