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Comment le « miracle » Tolisso a déclenché le retour de flamme de l’OL

OL - Rennes : Comment le « miracle » Corentin Tolisso a déclenché le retour de flamme lyonnais

FootballSix jours après avoir quitté le derby ASSE-OL sur civière, le milieu de terrain lyonnais a profité du « match d’après » contre le Stade Rennais (4-1) pour revenir en serrant les dents, avec un joli but à la clé et une grande influence sur le groupe
Ligue 1: Le brief-débrief d'OL-Rennes (4-1)
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Milieu de terrain à l’Olympique Lyonnais, Corentin Tolisso a surmonté cette semaine une blessure inquiétante subie lors du derby à Saint-Étienne (2-1), avant d’être titularisé contre Rennes samedi.
  • A l’image de sa belle constance cette saison, le champion du monde 2018 a sorti un grand match face aux Rennais (4-1), avec un joli but à la clé.
  • A 30 ans, celui dont le contrat avec l’OL va toucher à sa fin cet été semble être revenu à son tout meilleur niveau, même si ça ne s’accompagne pas (encore) d’un retour en équipe de France A.

Au Parc OL,

« C’était dur mentalement parce que je ne voulais pas retomber dans ce qu’était ma vie il y a quelques années. J’avais vraiment peur de retourner là-dedans. » Voilà l’état d’esprit morose qui accompagnait Corentin Tolisso en début de semaine, en raison de la dangereuse semelle de Lucas Stassin subie dimanche dernier dans le derby (2-1). On avait alors laissé le vice-capitaine de l’OL visage groggy, avec béquilles et attelle lors de sa sortie du stade, plus de deux heures après avoir quitté la pelouse du Chaudron sur une civière.

La sinistrose s’était emparée de tous les supporteurs lyonnais, flippés que l’histoire du gamin de l’Arbresle (Rhône) avec son club formateur s’achève aussi brutalement. Car à la vue des ralentis, il ne faisait guère de doutes que le champion du monde 2018 ne pourrait pas participer aux quatre journées restantes de Ligue 1, alors que son contrat à l’OL (4e de Ligue 1) doit s’achever en juin. A chaud, le ressenti de Corentin Tolisso, déjà malheureux la même semaine avec son expulsion ultra-sévère à Manchester United (5-4), n’était pas plus agréable.

Ici félicité par Clinton Mata, Nemanja Matic et Rayan Cherki, Corentin Tolisso a sorti un gros match samedi.
Ici félicité par Clinton Mata, Nemanja Matic et Rayan Cherki, Corentin Tolisso a sorti un gros match samedi. - O. Chassignole / AFP

« J’ai eu très peur car j’ai senti mon genou tourner »

« J’ai eu très peur car j’ai senti mon genou tourner et j’ai directement imaginé le pire, a confié l’intéressé, samedi sur OL Play. L’IRM a ensuite été rassurante donc j’étais libéré. Il y avait un peu de douleurs mais le plus dur pour moi, c’était vraiment dans la tête, comme je sentais mon genou un peu faible et que je n’avais pas envie de plus le fragiliser. »

La petite entorse du genou révélée par l’IRM, un « bon strap », des séances en salle, puis « une course contre la montre » avec un retour à l’entraînement collectif vendredi ont permis à « Coco » de reprendre espoir en vue du sprint final de Ligue 1. Et voilà comment on a eu droit à LA belle image de cette 31e journée : cette célébration d’un Tolisso radieux d’avoir inscrit une merveille de frappe de l’intérieur du pied hors surface contre Rennes (2-0 à la 25e, 4-1 au final).

La barre des 10 buts atteinte contre Rennes

Un coup d’éclat riche en symbolique, puisqu’il permet au polyvalent milieu de terrain de 30 ans d’atteindre la barre des 10 buts inscrits sur une saison (toutes compétitions confondues) pour la troisième fois de sa carrière. Les deux fois précédentes ?

Les années 2016-2017 à l’OL (14 buts) et 2017-2018 au Bayern (10 buts), soit à son prime supposé l’ayant mené à la Coupe du monde en Russie, avant des pépins physiques en cascade. Mais oubliez toutes ces saisons tronquées, Corentin Tolisso est désormais dans une telle dynamique de belles perfs qu’il a sorti un match de patron, seulement six jours après avoir redouté le pire à Saint-Etienne.

« Des efforts contagieux » dans un groupe

Systématiquement blessé et/ou décevant depuis son retour à Lyon en 2022 avec son poto Alexandre Lacazette, hormis au printemps 2024 avec Pierre Sage, Corentin Tolisso est aujourd’hui un fiable titulaire. Capable comme samedi de s’opposer dans ses 30 mètres à Seko Fofana avant de glisser la balle à Thiago Almada puis de guider Rayan Cherki lors de sa course.

De nouveau buteur ce samedi, Corentin Tolisso a été l'un des hommes clés de l'OL, seulement six jours après être sorti sur civière lors du derby dans le Chaudron.
De nouveau buteur ce samedi, Corentin Tolisso a été l'un des hommes clés de l'OL, seulement six jours après être sorti sur civière lors du derby dans le Chaudron. - O. Chassignole / AFP

A l’image de cette action masterclass par excellence, conclue en force par un Alexandre Lacazette hors-jeu (39e), Tolisso semblait porté par une bonne étoile samedi. « C’est un top player et il s’est remis très vite de sa blessure. Mais honnêtement, c’est un miracle de le voir aujourd’hui », lance son coéquipier Ainsley Maitland-Niles, passeur décisif sur son fameux but. L’adjoint de Paulo Fonseca, Jorge Maciel, n’est pas sur la même longueur d’onde.

« Ce ne sont jamais des miracles quand on parle d’un joueur comme lui. Pffff, Il fait une saison incroyable, avec une constance incroyable. Il y a trois jours, il était en réathlétisation et il me disait : « Je vais serrer les dents, on a quatre matchs à jouer, on y va ». Ça amène de la force mentale dans le groupe d’avoir un joueur comme lui, avec ce niveau d’engagement face à la douleur. Il n’était pas à 100 % mais il tenait à faire des efforts pour tout le monde, et c’est contagieux dans un groupe. »

Jorge Maciel, entraîneur adjoint de Paulo Fonseca

Didier Deschamps toujours insensible à son retour

S’il y a bien un joueur ravi de sa réussite du soir, c’est Alexandre Lacazette, son complice de toujours, de la Plaine des Jeux de Gerland à la découverte du Parc OL. « Ça faisait déjà plaisir de le revoir sur le terrain parce qu’on avait tous eu peur la semaine dernière », note-t-il. « Pas étonné » par la dimension warrior de Tolisso (ou « bonhomme » comme l’exhortait le virage nord en avant-match samedi), le capitaine conclut : « Ça fait plaisir à tout le monde de voir que même quand certains sont diminués, ils poussent pour aider l’équipe ».

Notre dossier sur Corentin Tolisso

Au point d’être la rampe de lancement classique de certaines attaques rapides, avant de s’arracher jusqu’à être à la finition des actions. Le tout avec un sens de la distribution hors pair, comme en témoignent ses 9 passes décisives cette saison (7 en Ligue 1, 2 en Ligue Europa). Dur dans ces conditions de relâcher le gegenpressing sur Didier Deschamps en vue de la demi-finale de la Ligue des nations, non ?