PSG – Toulouse : Une célébration fastueuse mais un réel malaise sur le cas Mbappé
Mi figue mi raisin•La fête pour le 12e titre de champion de France de l’histoire du club a été belle, mais la soirée a tout de même été rendue étrange par l’absence d’hommage pour le dernier match de Mbappé devant son publicNicolas Camus
L'essentiel
- Le PSG a perdu dimanche soir contre Toulouse (1-3) mais l’essentiel n’était pas là pour le club de la capitale, qui a profité de ce dernier match de la saison au Parc des Princes pour fêter le 12e titre de champion de son histoire.
- La célébration a été belle, avec notamment un orchestre mené par le compositeur Thomas Roussel et une vidéo retraçant les 50 trophées remportés par le club depuis sa création.
- Mais il ressort de cette soirée une sensation étrange, due à l’absence d’hommage à Kylian Mbappé pour son dernier match dans ce qui a été son jardin pendant sept ans.
Au Parc des Princes,
Cette saison du PSG aura été décidément bien singulière, rythmée par les soubresauts d’une fin d’aventure chaotique avec celui qui était son emblème. L’ultime démonstration de ce malaise latent est survenue ce dimanche contre Toulouse, alors qu’il y avait tout pour que le club parisien vive une soirée mémorable : fêter en même temps un 12e titre de champion et la dernière apparition de Kylian Mbappé au Parc des Princes, cela aurait pu être un moment dont les supporters se seraient souvenus pendant longtemps.
Le silence des dirigeants
Oui, mais voilà, à trop vouloir faire du départ de son joueur phare un non-événement pour sauver les apparences et donner l’illusion de parfaitement maîtriser les choses, les dirigeants en ont oublié de lui rendre l’hommage qu’il méritait. Ce sera peut-être le cas à la fin de la saison, mais on peut en douter, et, de toute façon, c’était à la maison qu’il fallait le faire. On peut penser ce que l’on veut de Mbappé, de son comportement et de ses rendez-vous manqués, il fait partie des légendes du club, après sept saisons pleines, 256 buts inscrits et 14 trophées remportés. Pour le reste, c’est le rôle des supporters de lui garder la place qu’ils estiment être juste parmi tous les plus grands joueurs qu’ils ont vus passer.
Les relations glaciales entre Nasser Al-Khelaïfi et son ex-chouchou, confirmées en creux par ce dernier dans sa vidéo d’adieu, diffusée sans en avoir averti son président, et dans laquelle ce dernier n’est pas cité, ternissent les dernières pages du livre d’or. Les deux parties ont leurs torts dans cette histoire, mais le silence de la direction depuis vendredi est indigne d’un club qui se veut parmi les plus grands d’Europe.
« Si je l’avais fait sortir, j’aurais été critiqué pour ça »
Il n’y aura pas eu un geste du club pour son numéro 7 avant la rencontre, et un simple message après, lu par le speaker au moment de citer tous les joueurs champions de France : « Le club souhaite remercier ce soir son numéro 7. Il en a porté les couleurs pendant sept saisons, remporté 14 titres, devenant le meilleur buteur de l’histoire du club. » Un peu court, même si les trois « Kyliaaaaaaan… MBAPPE » scandés dans la foulée par le public à l’appel de Michel Montana a un peu réchauffé les cœurs. L’intéressé, lui, a terminé la soirée tout sourire avec ses proches sur la pelouse.
Luis Enrique n’aura pas beaucoup fait non plus pour dissiper la gêne ambiante lors de sa conférence de presse, avec une jolie pirouette au moment d’expliquer pourquoi il n’avait pas fait sortir son capitaine du soir pour le faire ovationner : « Je n’ai pas pensé à le sortir car, quand je l’ai fait cette saison, ça a été une tempête de problèmes. Si je l’avais fait sortir à la 85e minute j’aurais été critiqué pour ça. » Sérieusement ? Le coach espagnol ne prend vraiment pas beaucoup de peine pour se faire apprécier des suiveurs. Expert en contre-pieds, pour ne pas dire mauvaise foi, il a également assuré avoir vu « un hommage mérité » et « une belle reconnaissance » pour Mbappé, évoquant « une soirée parfaite de ce point de vue là ».
La célébration du titre avait une sacrée gueule, elle
Quelques minutes plus tard, en zone mixte, Nordi Mukiele assurait le service après-vente. « On aurait aimé lui offrir une victoire pour sa dernière au Parc des Princes, mais il a marqué, et tout le monde était très content pour lui, a dit le défenseur parisien. Il était comme il est d’habitude, détendu, il n’avait pas de prétention par rapport à quoi que ce soit. » Relancé sur l’absence d’un hommage de la part du club, il a botté en touche avec l’aide de l’attaché de presse, qui a instamment demandé que l’on pose des questions uniquement sur l’aspect sportif.
Tout ça est bien dommage, car la célébration du titre de champion avait une sacrée gueule, elle. Le club avait mis les petits plats dans les grands avec l’installation d’un orchestre sur la pelouse, dirigé par le compositeur Thomas Roussel, pour un spectacle son et lumière assez dingue. Une vidéo retraçant les 50 trophées du PSG depuis sa création était diffusée en même temps sur un écran géant, avant que l’orchestre ne reprenne le chant Tous ensemble on chantera du Collectif Ultras Paris, en chœur avec le stade. Un moment grandiose, pour rappeler qu’un titre de champion n’est jamais banal.
Le tour d’honneur qui a suivi, et la communion des joueurs avec leurs supporters au pied de la tribune Auteuil, ont étiré cette fin de soirée à émotions, aussi variées soient-elles. Un tableau dans lequel l’absence de Nasser Al-Khelaïfi, habituellement aux côtés de ses joueurs et de son staff pour ces moments de célébration, n’est pas passée inaperçue.


















