OL-RC Lens : « L’addition est très lourde »… Brutal retour sur terre pour Lyon, pas encore sauvé en Ligue 1
FOOTBALL•Largement battus (0-3) par Lens, dimanche au Parc OL, les Lyonnais voient leur belle série se stopper en Ligue 1, où ils ne comptent que cinq points d’avance sur le barragiste MontpellierJérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais, qui restait sur une série de six victoires consécutives, toutes compétitions confondues, s’est lourdement incliné, dimanche contre le RC Lens (0-3).
- Ce brutal coup d’arrêt, qu’assument Pierre Sage et Maxence Caqueret, peut-il annoncer dix dernières journées flippantes pour l’OL dans la lutte pour le maintien en Ligue 1 ?
Au Parc OL,
Six victoires de suite (toutes compétitions confondues), le mercato hivernal le plus clinquant de tout le football européen (56,13 millions d’euros claqués), et une finale de la Coupe de France qui lui tend les bras. On a beau chercher, c’était impossible d’imaginer un meilleur début d’année 2024 pour cet Olympique Lyonnais à la dérive durant toute la phase aller de Ligue 1. Mais ça, c’était avant dimanche et un violent coup d’arrêt contre le RC Lens à domicile (0-3).
Parfois surclassée dans le jeu par un vice-champion de France en titre retrouvé, la bande à Pierre Sage a peu à peu coulé en seconde période, en encaissant autant de buts en 90 minutes que lors de l’intégralité d’un mois de février au presque parfait. Avec en bonus track l’expulsion d’Ainsley Maitland-Niles (84e). De quoi voir ressurgir les démons qui accompagnaient la lanterne rouge de la Ligue 1 lors de 10 des 15 premières journées ?
Matic, Orban, Nuamah, une soirée à l’envers
« On est très déçu d’arrêter cette série qui était belle, reconnaît Maxence Caqueret, capitaine d’un soir en l’absence d’Alexandre Lacazette blessé. J’aurais préféré que ça arrive dans d’autres conditions. C’est une défaite qui fait mal. On doit se laver la tête. » Son entraîneur reconnaît lui aussi que pareille claque ne peut pas être anodine dans une saison aussi chaotique : « L’addition est très lourde. On doit mener au score en début de match, et après, on n’a peut-être pas su adapter notre plan de jeu et on a vraiment subi en fin de première période ».
C’est à ce moment-là que Florian Sotoca (0-1, 43e) a puni Anthony Lopes et ses coéquipiers. Euphorique cinq jours plus tôt après sa qualification aux tirs au but lors de sa demi-finale de la Coupe de France contre Strasbourg (0-0, 4-3), l'OL a déchanté sous bien des aspects, comme pour rappeler à quel point sa rééducation reste fragile. Voici notre liste non exhaustive.
- Le choix de Franck Haise de bloquer chaque première relance de Nemanja Matic par David Pereira Da Costa a suffi à dérégler totalement la machine lyonnaise.
- En l’absence d’Alexandre Lacazette, auteur de 9 des 14 derniers buts de l’OL, on a par séquences retrouvé une équipe aussi inoffensive que dans ses heures les plus sombres cette saison avec Laurent Blanc et Fabio Grosso. Gift Orban n’a pas été un recours bien rassurant en pointe.
- Même un mercato à sept recrues jusque-là jugées prometteuses laisse une impression : une formation aussi « mature » que le RC Lens semble nettement au-dessus dans le jeu et les certitudes, ce qui ne laisse rien augurer de rassurant en vue de la saison prochaine.
- La séquence de la 24e minute de jeu (à 0-0) symbolise des choix à l’envers et « individualistes » (dixit Pierre Sage) d’une équipe lancée vers une contre-attaque idéale pour prendre l’avantage. Après la brouille Mbappé-Neymar contre la Juve en 2022, on vous laisse apprécier cette version rhodanienne avec Ernest Nuamah prenant soin de zapper une passe évidente vers Maxence Caqueret, voire Saïd Benrahma, dans un 3 contre 2 saboté par le Ghanéen.
« Je ne pense pas qu’on a négligé ce match »
Pierre Sage tient à accréditer la thèse de la soirée galère, et non celle d’une équipe subitement ramenée sur terre après un excès d’euphorie. « Je ne pense pas qu’on a négligé ce match mais il a mal tourné, indique l’ancien directeur du centre de formation de l’OL. Sinon on n’aurait pas fait cette entame de match, dans laquelle on a été capable de bousculer un très bon adversaire. Il y a eu plusieurs tournants qu’on a mal négociés. »
Très heureux sur certains succès en février, comme à Metz et surtout à Montpellier (1-2), l'OL a vu la réussite le fuir dimanche, à l’image du poteau fracassé par Orel Mangala (0-0, 14e) et des deux parades… du visage de Brice Samba enchaînées face à Jake O’Brien et Ainsley Maitland-Niles (0-2, 79e). « On a le droit de chuter mais on a le devoir de se relever, avec la volonté de faire un meilleur match et d’obtenir un meilleur résultat samedi », résume « Stone Wise ».
« On a toujours été humble »
Maxence Caqueret poursuit : « Il va falloir vite oublier cette défaite. On n’a pas su être assez dangereux, on n’a pas assez joué, on a beaucoup trop dégagé. A nous de passer à autre chose et d’être prêts pour samedi. On a le mental et l’état d’esprit pour vite rebondir à Lorient ». D’ailleurs, ce rendez-vous entre le 11e et le 13e de notre Ligue 1, après s’être longtemps côtoyés dans la zone rouge, peut-il encore être un tournant dans la lutte pour le maintien ? Une chose est certaine, la sixième place européenne (Lens) est à présent à 11 points de l’OL, à 10 journées de la fin, alors que la place de barragiste (Montpellier) n’est plus qu’à cinq longueurs, contre six avant le week-end.
« Il faut toujours être prudents, appuie Maxence Caqueret. On ne va pas oublier que notre objectif, il y a un mois et demi, c’était le maintien. Certes, on est remonté au classement mais honnêtement, on a toujours été humble par rapport à notre situation. On a enchaîné six victoires d’affilée mais ça n’a rien changé à la mentalité du vestiaire, à la cohésion et à l’envie de gagner. Il faut toujours bosser pour grappiller le plus de points, et on fera les comptes à la fin de la saison. » »
Le coup d’arrêt contre Lens peut tout de même inciter les Lyonnais à regarder davantage derrière que devant, surtout avec la troisième pire défense de L1 (- 13 de goal-average), alors qu’un hypothétique destin européen ne dépend quasiment plus que d’un sacre en Coupe de France.
Toujours très calme/rassurant depuis son intronisation surprise, Pierre Sage tient à rappeler : « Notre histoire ne se joue pas sur un match. On a l’impression que ce soir, on a tout perdu. Mais notre série reste très positive, même s’il y a une grosse défaite devant notre public. Les joueurs doivent récupérer mentalement. On doit s’occuper de nous et on n’aura même pas besoin de regarder les résultats des autres. » Car oui, un nouvel enchaînement de quatre victoires de rang en championnat garantirait pour de bon à l’OL de ne pas sombrer en Ligue 2, trente-cinq ans après.


















