Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
L’histoire de Thomas S, supporteur de l’OM placé en détention provisoire

Incidents OM-OL : Thomas S, en détention provisoire pour avoir lancé une pierre « qui n’a même pas atteint le car »

FOOTBALLLe procès des deux supporteurs de l’Olympique de Marseille suspectés de jets de projectiles sur le car des supporteurs lyonnais dimanche, a été reporté mais l’un d’eux a été placé en détention provisoire
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Deux supporteurs Marseillais étaient jugés en comparution immédiate ce mardi à Marseille, suspectés d’avoir jeté des projectiles sur les cars des supporteurs lyonnais dimanche en marge de l’Olympico.
  • Les avocats ont demandé le report de l’audience afin de préparer la défense de leurs clients et dans un souci « d’apaisement des choses ».
  • Thomas S. 22 ans, a été placé en détention provisoire alors qu’il avait reconnu avoir jeté une pierre sur un car, le visage dissimulé. Patrice G. 50 ans, a été placé sous contrôle judiciaire après avoir reconnu avoir jeté un fumigène sur l’un des cars.

Deux jours à peine après les incidents en marge de la rencontre entre l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais, deux supporteurs marseillais étaient jugés en comparution immédiate ce mardi au tribunal correctionnel de Marseille. Ils sont tous les deux suspectés de s’en être pris aux cars des supporteurs de l’Olympique Lyonnais dimanche soir, mais pas à celui du staff et des joueurs, lui aussi attaqué à son arrivée aux abords du Vélodrome. La blessure de l’entraîneur de l’OL, Fabio Grosso, et de son adjoint, provoqué par des jets de bouteilles en verre, avait entraîné le report du match et fait couler beaucoup d’encre, comme l’a rappelé la procureure de la République, Océane Fernandez : « Ce match entre l’OM et l’OL, on en a tous entendu parler. De ces violences entre supporteurs de chaque camp ».

C’est d’ailleurs l’une des raisons des demandes de renvoi de maître Sandrine Prosperi, l’avocate de Thomas S. 22 ans, et de maître François Défendini, celui de Patrice G., 50 ans, dans un « souci d’apaisement des choses ». Ce qui ne leur a pas empêché de pouvoir livrer quelques détails sur le déroulé des faits dans le cadre du débat sur un maintien en détention provisoire, ou pas.

Détention provisoire à cause d’une cagoule

Thomas S, abonné du virage nord, avait reconnu lors de son audition avoir jeté une pierre vers le car des supporteurs lyonnais, le visage dissimulé, lors de son passage boulevard Romain Rolland. « Des faits graves, qu’il reconnaîtra lors du procès », a prévenu maître Prosperi, tout en souhaitant recontextualiser le déroulé des faits pour éviter « tout amalgame » : « On voit sur la vidéo surveillance qui dure deux minutes, Thomas, s’approcher du grillage et jeter un projectile sur l’avant droit du car. Il n’a ni atteint le car, ni les supporteurs puisque toutes les dégradations ont été commises du côté gauche. Les supporteurs de l’OL venaient de le provoquer avec des gestes racistes et des propos injurieux, avant de lui lancer une pierre sur le pied gauche. Il l’a ramassé et l’a jeté en direction du car, avant d’être interpellé. »

Mais pour la procureur, « ce ne sont pas des faits anodins, il y a eu de réelles violences », avant d’estimer que « Thomas S. n’était pas là par hasard puisqu’il était cagoulé et est arrivé en compagnie d’une cinquantaine de supporteurs ». De quoi requérir un maintien en détention provisoire pour « éviter des nouveaux faits de dégradation et de violence » lors des prochains matchs de l’OM. Ce qu’a suivi le tribunal correctionnel de Marseille en maintenant en détention Thomas jusqu’à son procès le 23 novembre prochain. Une décision sidérante pour son avocate qui a rappelé sa parfaite intégration dans la société, lui qui est magasinier en CDI depuis plus de deux ans dans une entreprise de Vitrolles, tout en vivant encore chez ses parents. « Ils ont voulu en faire un exemple », s’est-elle désolée à l’issue de l’audience.

Un contrôle judiciaire pour « un fumigène retourné à l’envoyeur »

Patrice G. 50 ans, n’est plus adhérent aux Fanatics, ce groupe du virage Nord auquel il a longtemps été abonné. Ce père de famille, cadre en CDI « depuis vingt-trois ans et un mois », a lui aussi a reconnu avoir jeté un fumigène en direction d’un car de supporteur, tout en « regrettant énormément ce geste ». « Monsieur G. se dirigeait vers le stade lorsqu’un car des supporteurs lyonnais est passé. Il était déjà dégradé, avec la vitre cassée. Et ce qui est établi par la déclaration du policier qui l’a interpellé et du commissaire sur place, c’est qu’un fumigène a été envoyé par les supporteurs lyonnais. Et la faute de mon client a été de le retourner à l’envoyeur plutôt que de mettre un coup de pied dedans », a confié son avocat maître Défendini.

Contrairement à Thomas S., Patrice n’avait pas le visage dissimulé et a semblé agir seul. Une grosse différence pour la procureur de la République qui a demandé le placement sous contrôle judiciaire. Ce qu’elle a obtenu puisque le tribunal a placé Patrice G. sous contrôle judiciaire avec interdiction de venir aux abords du stade Vélodrome et du boulevard Michelet, tout en devant pointer à la gendarmerie lors de chaque match de l’OM, dans l’attente de son procès le 23 janvier 2024. Il a pu ressortir libre et embrasser les quelques supporteurs venus le soutenir. Une chance que n’a donc pas eu Thomas S, qui va dormir les 23 prochains jours à la prison des Baumettes.