PSG – Brest : Paris est-il vraiment « plus fort en février », comme le prédisait Luis Enrique ?
FOOTBALL•A une semaine du 8e de finale aller de C1 contre la Real Sociedad, le PSG a battu Brest en Coupe de France, mercredi, au Parc des Princes, sans pour autant laisser entrevoir une véritable montée en puissanceAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le PSG s’est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de France après sa victoire contre Brest (3-1), mercredi soir, au Parc des Princes.
- Si les Parisiens ont montré du mieux après leurs deux matchs moyens contre Brest et Strasbourg en championnat, il reste encore beaucoup de choses à améliorer.
- A ce titre, la montée en puissance de cette équipe est loin d’être forcément évidente à une semaine du rendez-vous de C1 contre la Real Sociedad, comme le laissait pourtant entendre son entraîneur Luis Enrique.
«Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », disait le regretté Charles Pasqua il y a X ans de cela. Ramenés au PSG de Luis Enrique, vainqueur de Brest en 8e de finale de Coupe de France, mercredi, ces propos ont encore du sens aujourd’hui. Même si on peut se demander, au fond, s’il y avait vraiment grand monde pour croire aux prophéties du coach espagnol.
Celui-ci jurait alors, la main sur le cœur, en fin d’année dernière, après des premiers mois passablement décevants, qu’en février, on allait voir ce qu’on allait voir, et que son équipe serait bien meilleure aujourd’hui qu’à l’époque. A date, en ce 8 février, l’heure est venue de passer à la caisse et de voir ce qu’il en est vraiment.
Si l’on se base sur la nouvelle année 2024, il y a de quoi en douter. Deux victoires « soporiphico-moyennes » contre Toulouse (dans le Trophée des Champions) et à Lens, deux promenades de santé difficilement analysables sous le prisme du haut niveau – contre les amateurs de Revel et les (presque) amateurs d’Orléans en Coupe de France –, et trois matchs compliqués contre Brest (x2) et à Strasbourg. Voilà pour le bilan.
Mais soyons magnanimes : si l’on regarde sur les trois derniers matchs, oui, ce succès face à Brest reste la meilleure copie parisienne de ces dernières semaines. Quand bien même c’était face à une équipe brestoise quasi bis, une équipe ayant eu « deux jours de moins de récupération » comme l’a signalé à juste titre Éric Roy en conférence de presse, Paris a montré pas mal de belles choses face aux Finistériens. Appelons ça des ébauches de promesses, des promessounettes, c’est comme vous voulez.
Le retour de Dembélé fait du bien au PSG
A commencer par Ousmane Dembélé, ménagé à Strasbourg le week-end dernier après avoir ressenti une douleur aux adducteurs, qui a confirmé mercredi qu’il y avait « un PSG avec et un PSG sans » lui, dixit Eric Roy. S’il a encore pêché dans la finition, Dembouz a été de tous les bons coups parisiens face à Brest. Une récupération rageuse dans les pieds de Locko sur le premier pion de Mbappé (34e), une passe dé' sur le deuxième signé Danilo (37e), et toujours autant de dribbles et de débordements dévastateurs dans la moitié de terrain adverse.
Pour le coach breton, c’est tout le trio d’attaque qu’il faut saluer côté PSG. « Quand tu vois partir Barcola, Mbappé, Dembélé… Waouh ! Les efforts qu’il faut faire pour les rattraper ! Cette équipe est capable de fulgurances, ça fait sa force. » Des fulgurances, le mot est lâché. Et c’est peut-être ça qu’on reproche à l’équipe de Luis Enrique, censée sur le papier dominer l’adversaire par un jeu fait de possession, de mouvements et de pressing tout terrain. Chose qu’on ne retrouve que par bribes (quand on les voit) cette saison. Très bavard mercredi soir, Eric Roy décortique.
« « Luis aimerait que son équipe ait plus le ballon mais sur la première période, nous avons eu la possession. Un match, c’est toujours un rapport de force, tu veux mettre des choses en place et parfois tu n’y arrives pas. Ce PSG sait maîtriser le ballon, avoir beaucoup de possession, et en même temps, même s’ils sont en difficulté et qu’ils n’ont pas la maîtrise, ils peuvent faire très mal. C’est le paradoxe de cette équipe. » »
Si progrès il y a au PSG, il est plutôt à trouver du côté de son coach, qui semble ENFIN assumer ce qu’il n’a jamais fait de toute sa carrière, à savoir admettre que son équipe, de par le profil de ses joueurs et leurs qualités intrinsèques, est une grosse machine de contre, de transition, et non pas une diva du tiki taka. « Vous savez pourquoi on marque des buts en transition, en peu de touches de balle ?, a-t-il demandé à un confrère qui l’avait un peu cherché (non). Parce que l’adversaire presse haut, laisse des espaces dans son dos et on arrive à contrer avec des attaquants rapides. Quand les adversaires s’enfermeront dans leur surface, on marquera plus de buts collectifs. J’aime avoir le contrôle et je veux que mon équipe presse haut, et nous avons déjà marqué dans ces situations, mais s’il faut défendre bas, alors défendons bas ! » Alléluia !
Eric Roy mise sur le PSG la semaine prochaine
Pour autant, certaines carences sont encore apparues, criantes par moments. Comme ce relâchement coupable en début de seconde période – comme en championnat contre Brest, déjà, et à Strasbourg il y a cinq jours – ou ce nouveau but encaissé à la suite d’un centre et d’un duel aérien perdu.
Que serait-il arrivé si Brest n’avait pas salopé sa fin de match, avec l’expulsion ô combien logique de Brassier après son carnage sur Mbappé ? A ce moment-là, le spectre du retour des Bretons à 2-2 flottait sur le Parc. A onze contre dix, la suite fut forcément plus aisée pour les Parisiens, bien aidés par un « Kyks » en forme insolente en fin de match, à l’origine du troisième but signé Gonçalo Ramos, malgré une cheville écrabouillée façon rouleau compresseur.
Alors, à défaut d’être parfaitement rôdé et fondamentalement meilleur qu’il y a quelques mois, ce PSG est-il malgré tout prêt pour le grand rendez-vous qui l’attend mercredi prochain en Ligue des champions face à la Real Sociedad ? Pour le coach breton, la question est vite répondue : « Oui. Je ne vois pas comment la Real pourrait résister à ces fulgurances offensives, cette capacité à faire des différences incroyables, a-t-il tranché, sûr de son fait. Qu’on ait le ballon ou pas, transition ou pas, maîtrise ou pas… Je les sens monter en puissance. »


















