Strasbourg – PSG : « Dans douze jours, on sera peut-être morts », préfère ironiser Luis Enrique
Football•L’entraîneur espagnol du Paris Saint-Germain ne veut pas se projeter sur le prochain 8e de finale de la Ligue des champions. Il vaut peut-être mieux vu le visage de son équipe, largement bougée à Strasbourg malgré la victoire (2-1)Thibaut Gagnepain
L'essentiel
- Le PSG a beaucoup souffert pour s’imposer à Strasbourg vendredi soir (2-1).
- L'entraîneur parisien Luis Enrique a pourtant assuré que son équipe avait « fait un bon match ».
- « Dans douze jours, on sera peut-être morts. Je ne m’intéresse pas à la Ligue des champions, je pense au match de Brest qui est un match de coupe, c’est une finale pour nous », a encore déclaré le coach espagnol.
Au stade de la Meinau à Strasbourg,
Petit conseil au prochain journaliste qui se frottera à Luis Enrique : surtout, ne pas attendre de réponse précise de sa part, c’est peine perdue. Fidèle à son personnage, l’entraîneur du PSG a livré une conférence de presse assez lunaire, vendredi soir à Strasbourg.
Son équipe venait alors de tout juste gagner dans la difficulté (2-1) et c’est vrai que le technicien a essuyé beaucoup de questions un brin négatives. Comme « êtes-vous inquiet ? » ou « vous avez concédé 20 tirs, comment faire pour en concéder moins ? ». Des interrogations légitimes après une aussi pâle copie rendue à la Meinau. Où le Racing a eu de multiples occasions d’égaliser et Donnarumma finit meilleur joueur parisien, ce qui veut bien dire quelque chose.
Mais non, le technicien espagnol, lui, a assuré que son groupe avait « fait un bon match ». « Si on analyse le match depuis le début, on a fait un bon match, face à un rival fort, sur une très bonne dynamique, surtout à domicile […] On a eu une mentalité très positive : quand il a fallu savoir défendre, on l’a fait », a-t-il développé, avant de revenir sur les nombreuses occasions concédées. « Il n’y a pas eu 20 tirs cadrés. Il n’y a pas qu’une équipe qui joue, on ne peut pas gagner tous les matchs 4-0. Gagner ne suffit pas ? »
Des absences qui n’excusent pas tout
Pas vraiment de cette façon, non. Car ce Paris Saint-Germain a plutôt fait peine à voir en Alsace. Oui, il manquait Dembélé (préservé), Barcola (suspendu), Hakimi (de retour de la CAN) ou même Skriniar et Nuno Mendes si on veut chercher loin. Mais il y avait quand même sur le terrain des titulaires habituels. Mieux, une ossature globale avec cette colonne vertébrale Marquinhos – Ugarte – Zaire-Emery – Mbappé.
Mais ça ne suffit visiblement pas au PSG à réussir une bonne performance. Comme contre Brest dimanche dernier où il s’était fait manger et rejoindre en deuxième période (2-2), le champion de France a encore beaucoup souffert. Dans l’impact, dans la transition, dans le jeu tout simplement. Luis Enrique répète depuis le début de saison qu’il veut de la maîtrise ? Paris en a très peu eu, voire pas du tout. L’ouverture du score est venue d’un dégagement raté du néo-gardien strasbourgeois Bellaarouch, transformé par Mbappé (1-0, 31e) ; le deuxième but d’un contre très bien mené et conclu par Asensio (49e).
A 2-0, la soirée n’était pas emballante mais s’annonçait tranquille. Puis Bakwa a tout relancé (2-1, 68e) et Paris s’est de nouveau mis à toussoter. Pire, à trembler dans les vingt dernières minutes, plusieurs fois sauvé donc par son gardien italien. Ou par la maladresse des attaquants strasbourgeois, qui ont fait leur âge. Beraldo, Donnarumma et Danilo Pereira en étaient même à jouer la montre dans les six dernières minutes tant leur équipe ne savait plus quoi faire…
« En mars, ce sera moins bien, en avril ce sera mieux… »
A douze jours du huitième de finale aller de C1 face à la Real Sociedad au Parc des Princes, cela fait forcément mauvais genre. « Dans douze jours, on sera peut-être morts. Je ne m’intéresse pas à la Ligue des champions, je pense au match de Brest qui est un match de coupe, c’est une finale pour nous », répond Luis Enrique, non sans ironie. Tout comme quand il est relancé sur sa fameuse déclaration de décembre, quand il assurait que son groupe serait « meilleur en février ». En Alsace, il a programmé les prochains mois : « En mars, ce sera moins bien, en avril ce sera mieux, en mai moins bien et mieux en juin. L’objectif est d’arriver au 1er juin, en étant en capacité de gagner tous les titres. » Un seul sera encore en jeu à ce moment-là. Le 1er juin, c’est la finale de la Ligue des champions à Wembley.


















