A.H. avec AFP
On ne sait pas si les dirigeants du Paris Saint-Germain ont regardé La Flamme, sur Canal+, mais Nasser al-Khelaïfi serait très bien pour reprendre le rôle de Marc et son fameux « Je pense qu’il est un peu trop tôt pour faire un choix mais mon choix est fait ». La direction du PSG laisse entendre qu’il va quitter le Parc des Princes et lancer un projet de grand stade, mais à l’heure actuelle, rien n’a vraiment avancé.
Depuis de longs mois, le PSG répétait qu’il allait prendre une décision finale à l’automne. Finalement, le club parisien a fait marche arrière et annoncera son site « prioritaire » - et non son choix définitif –, selon une source proche du club, précisant que le processus serait encore très long au vu des nombreuses discussions et des études de faisabilité.
Le Parc des Princes, la priorité
Une fois cette décision enfin prise viendra le temps du dépôt des permis de construire, des recours et des travaux. Sauf surprise, son choix prioritaire devrait se porter sur l’agrandissement du Parc des Princes - son enceinte historique du 16e arrondissement, qui est la propriété de la Ville de Paris - à hauteur de 70.000 places (actuellement 48.000), selon plusieurs sources proches du dossier.
Malgré une capacité d’accueil inférieure à celle de ses concurrents européens, le Parc rapporte déjà beaucoup au PSG, même sans en être le propriétaire. Grâce à des matchs systématiquement à guichets fermés et des programmes VIP monnayés au prix fort, les recettes tournent à plus de 170 millions d’euros par saison (sur 880 millions d’euros de budget).
Mais le PSG, propriété de Qatar Sports Investments (QSI), estime que la construction ou l’aménagement d’un grand stade est indispensable à sa croissance, notamment pour compenser des droits TV faméliques, alors que le FC Barcelone ou Manchester United par exemple devraient disposer d’enceintes supérieures à 100.000 places d’ici dix ans.
Or, s’il n’en devient pas l’acquéreur, le double champion d’Europe (2025, 2026) refuse d’investir dans le stade de la Porte de Saint-Cloud, où souhaite rester l’immense majorité des supporters parisiens. Samedi, contre Le Mans, deux banderoles « le PSG c’est au Parc » et « Franciliens de tous horizons, le Parc à Paris nous unit » ont été brandies par le Collectif Ultras Paris (CUP), le plus grand groupe de supporters.
Poissy et Massy pas souhaités par les supporteurs
Un message assez clair avant le deuxième comité de pilotage organisé vendredi matin à Paris autour de tous les acteurs. Depuis le premier comité en juin, le travail s’est poursuivi tout au long de l’été entre Paris et le club, qui fait appel à de nombreux prestataires externes pour ce projet. « Le projet avance, avec méthode. En six mois, les différents acteurs ont su rendre l’hypothèse du Parc techniquement crédible », a expliqué à l’AFP une source proche du dossier du côté de la Ville, qui souhaite désormais que le PSG reste dans la capitale.
Mais ce probable agrandissement ne plaît pas à tout le monde : Sophie Taillibert, la fille de Roger Taillibert, l’architecte de l’enceinte historique du PSG, a émis quelques réserves auprès du Parisien. Selon elle, « les modifications envisagées sont susceptibles de porter atteinte à l’intégrité architecturale de l’œuvre », inaugurée il y a 54 ans.
Parallèlement, les hypothèses autour d’un nouveau stade à Massy ou à Poissy, entre 80.000 et 90.000 places, sont toujours sur la table. Un quatrième comité de pilotage a eu lieu mardi à Poissy (sur le site de l’usine Stellantis) et un autre vendredi à Massy (sur une zone commerciale). Mais les deux projets comportent des zones d’ombre. A Massy, plusieurs collectifs citoyens se sont déjà opposés au projet. Et à Poissy, où a déjà déménagé le centre d’entraînement du club, les retombées économiques interrogent.