France - Suède : « C’est un génie »… Michael Olise, merci d’avoir choisi l’équipe de France, et pas l’Angleterre
Il est à nous !•Lors de la victoire des Bleus face à la Suède (3-0), mardi en seizièmes de finale de la Coupe du monde, Michael Olise a été étincelantAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Michael Olise a réalisé une performance exceptionnelle lors du match France-Suède (3-0), mardi en 16es de finale de la Coupe du monde, avec notamment deux passes décisives pour Bradley Barcola et Kylian Mbappé.
- Né à Londres et ayant joué uniquement en Angleterre avant de rejoindre le Bayern, Olise a refusé à plusieurs reprises les sollicitations de la sélection anglaise pour jouer avec l’équipe de France.
- Didier Deschamps a salué les performances du joueur après le match contre la Suède : « Quand Michael touche le ballon, il se passe beaucoup de choses. […] Avec ce qu’il fait au Bayern et ce qu’il fait avec nous, il est dans cette catégorie (de joueur hors norme). »
De notre envoyé spécial à New York,
Franchement, avec du recul, ce n’était pas notre meilleure idée. Aller demander à Victor Lindelöf, quelques minutes après le match, de nous expliquer en quoi c’était compliqué de défendre face à Michael Olise alors que le Suédois venait de se faire tournebouler par le Français pendant quatre-vingt-quatre minutes, c’était osé. Bon gré mal gré, le défenseur d’Aston Villa, éliminé par les Bleus (3-0) en 16es de finale de la Coupe du monde, nous a quand même glissés deux mots :
« C’est un bon joueur, bien sûr que c’est difficile de défendre sur lui, il a d’énormes qualités. » On n’en aura pas plus. C’est dommage, car il était en plus à la meilleure place pour observer son improbable ciseau-retourné au bord de la surface de réparation s’échouer sur le poteau. Un geste instinctif qui a même surpris Kylian Mbappé : « Je pensais qu’il allait contrôler de la poitrine, parce qu’il n’a pas regardé le but avant. C’est un geste fantastique, il a été malchanceux, mais on va au stade pour voir ce genre de geste. »
Une carrière faite en Angleterre avant le Bayern
Et pas que celui-là. Michael Olise n’a cessé de régaler les spectateurs et observateurs, avec ces gestes techniques incroyables et surtout une qualité de passe folle qui a fait descendre des tribunes des « ooooooooooooh » d’émerveillement. Notamment sur ces deux passes décisives où lui seul arrive à voir l’espace dans la défense suédoise pour Bradley Barcola (52e) et Kylian Mbappé (74e). Ses 4e et 5e passes décisives de ce Mondial. Soit le total réalisé par seulement cinq autres joueurs dans l’histoire du tournoi, comme Maradona, Pelé ou Littbarski.
Victor Lindelöf ne pouvait pas dire qu’il ne connaissait pas le talent du meneur de jeu français, dont le repositionnement derrière Mbappé depuis la deuxième période contre le Sénégal est une franche réussite. L’ancien défenseur de Manchester United l’a affronté à plusieurs reprises en Premier League, quand le n°11 des Bleus évoluait à Crystal Palace. C’est d’ailleurs avec les Eagles, où il a passé trois ans avant de rejoindre le Bayern Munich en 2024, que Michael Olise s’est révélé au monde entier.
Le club londonien avait flairé la bonne affaire en repérant la pépite, née à Londres, lorsqu’il évoluait alors à Reading, en Championship (deuxième division), après avoir fait toutes ses classes dans plusieurs clubs anglais, dont les académies de Chelsea, Arsenal ou Manchester City. Mais alors, comment un enfant né en Angleterre, qui a fait toute sa formation foot chez nos meilleurs ennemis et qui parle mieux la langue de Shakespeare que celle de Molière, ne se retrouve pas avec le maillot des Three Lions cet été ?
Olise a refusé la sélection anglaise
Tout simplement par amour pour la France, comme l’expliquait Thierry Henry, son sélectionneur, durant les Jeux olympiques de Paris en 2024. « Son envie d’avoir voulu jouer pour l’équipe de France me donne des frissons. Il aurait pu aller jouer l’Euro avec l’Angleterre, il a décidé de jouer les JO avec la France. Lui, son rêve, c’est de jouer avec l’équipe de France. » Et lui a fallu une bonne dose de courage pour refuser avec insistance les appels du pied de la sélection anglaise.
Dès 2019, alors qu’il était encore à Reading, Olise, de père anglo-nigérian et de mère franco-algérienne, est sollicité par le sélectionneur des jeunes anglais, comme le racontait son ancien entraîneur Mark Bowen à Eurosport : « Je lui dis que c’est une opportunité unique pour lui de jouer avec les U20 anglais. Je lui fais tout mon argumentaire. Il me regarde et me sort : "Non, je ne suis pas intéressé, je veux jouer pour la France." Fin de la discussion. »
Ne croyez pas que les Anglais ont abandonné. En 2024, après une saison à 10 buts, 6 passes décisives en 14 titularisations, Gareth Southgate, le sélectionneur anglais, l’aurait bien pris dans son squad. Peine perdue, alors qu’Olise n’avait pourtant pas été retenu par l’équipe de France pour disputer cette compétition.
« C’est manifestement un très bon joueur, il n’a pas été retenu dans leur équipe. Ils pourraient l’emmener aux Jeux olympiques, je ne sais pas, déplorait le sélectionneur dans des propos rapportés par The Mirror. C’est un joueur qui devrait nous intéresser car c’est un très bon joueur, mais il est impossible de tout mettre en œuvre à temps pour l’Euro. »
Olise, un joueur hors norme
Finalement, après les Jeux olympiques, Didier Deschamps appelle Michael Olise. Le début de l’idylle entre le fantastique pied gauche et les Bleus, qui trouve son point d’orgue lors de ce Mondial. « Michael enchaîne les prestations de très, très haut niveau, a réagi DD après la victoire face à la Suède. Quand Michael touche le ballon, il se passe beaucoup de choses. […] Avec ce qu’il fait au Bayern et ce qu’il fait avec nous, il est dans cette catégorie (de joueur hors norme). »
Vous en voulez encore ? L’hommage est signé Bradley Barcola, interrogé sur son coéquipier par M6 : « Il fait un peu tout sur le terrain, il fait des super passes, des décalages, amène beaucoup de danger et c’est un réel plaisir de jouer avec lui. C’est un génie, moi je le vois comme un génie. »
Toute l'actu de la Coupe du monde 2026Pendant ce temps, l’Angleterre doit faire avec des Marcus Rashford, Noni Madueke ou Morgan Rogers. Et il n’y a qu’à lire la presse anglaise après le match France-Suède pour comprendre que, eux aussi, auraient bien aimé avoir Olise dans leur équipe. « Difficile de ne pas s’exclamer "Oh là là ! (en français)" d’admiration », écrit The Guardian, louant le « virtuose Olise ». Depuis quand nos chers voisins ne se sont pas exprimés comme ça pour parler de leur sélection ?


















