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Rolland Courbis, « un meneur d’homme exceptionnel » qui a marqué Montpellier à jamais

Rolland Courbis, « un meneur d’homme exceptionnel » qui a marqué Montpellier à jamais

HommagesLe Montpellier Hérault Sport Club a perdu deux entraîneurs emblématiques en moins de trois semaines : Jean-Louis Gasset le 26 décembre et Rolland Courbis ce lundi. Un coach qui a marqué le club
Rolland Courbis, personnage emblématique du football français, est mort à 72 ans
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • Le Montpellier Hérault Sport Club a perdu deux entraîneurs emblématiques en moins de trois semaines : Jean-Louis Gasset le 26 décembre et Rolland Courbis ce lundi.
  • A Montpellier, le Marseillais est resté célèbre pour avoir fait remonter l’équipe en L1 en 2009 et pour ses qualités d’entraîneur, notamment « ses causeries d’avant-match » selon Nenad Dzodic, qui le décrit comme « un meneur d’hommes ».
  • Au-delà de ses compétences tactiques, Rolland Courbis était apprécié pour sa disponibilité et sa passion du football : « Il était toujours disponible », évoque un supporter. « C’est moi, quasiment à chaque fois, qui devais raccrocher, tellement il parlait du ballon avec passion ».

Jean-Louis Gasset, le 26 décembre. Rolland Courbis, ce lundi. En moins de trois semaines, le Montpellier Hérault Sport Club (MHSC) a été endeuillé par la mort de deux entraîneurs qui auront fortement marqué son histoire.

Pour tous les supporters héraultais, Rolland Courbis, restera d’abord l’homme de la remontée en L2, en mai 2009, deux ans presque jour pour jour après avoir sauvé l’équipe de la relégation en National. Comme il le refera en 2013, en L1 cette fois. « C’était un visionnaire. Il nous avait prévenus tout au long de la saison que ça se jouerait à la dernière journée », se souvient Nenad Dzodic, son capitaine cette saison-là. « Il sentait le foot. J’ai énormément appris à ses côtés », précise Pascal Baills, son adjoint pendant plusieurs saisons. « Il était monstrueux, extrêmement pointilleux, il regardait énormément de matchs. Il avait de la gouaille, mais il ne parlait jamais pour ne rien dire ».

Pascal Baills évoque « ses causeries. Par exemple, lors d’un match de coupe de France à Paris, il avait pris Joris Marveaux à part. Il lui avait dit : "Tu ne joues pas contre Paris aujourd’hui, tu joues contre Verratti". Il avait décidé qu’il le prendrait en individuel, entre autres coups tactiques ce jour-là. Et on avait gagné 2-1 ». « Il m’a marqué à jamais », confirme Nenad Dzodic, qui a « immédiatement accroché à Ajaccio », avant de le suivre à Montpellier. « Ses causeries d’avant-match ou la veille des matchs, étaient exceptionnelles. C’était un meneur d’hommes avec une capacité incroyable à nous motiver ».

« Il était disponible avec tout le monde »

« Ça a été mon mentor », se souvient Xavier Collin, ancien défenseur montpelliérain, aujourd’hui coach. « Il m’a fait découvrir la L1 comme joueur. Et il a toujours été bienveillant quand je suis devenu entraîneur. Il me disait, "Est-ce que tu as un plan A et un plan B ?". Récemment encore, il avait appelé un président de National pour lui vanter mes mérites ».

Des coups de génie, des engueulades aussi, avec Louis Nicollin, entre deux grosses personnalités. Et des retrouvailles pour une vraie affection réciproque. « Grâce à lui, on a retrouvé le bonheur sur le terrain », se souvient Mathieu Bertrand. Mais celui qui fut pendant longtemps le rédacteur du site de référence sur le MHSC, Allez Paillade, évoque surtout sa disponibilité avec les supporters. « Je l’ai appelé à de nombreuses reprises pour parler foot, y compris bien après qu’il ne soit plus coach de Montpellier. C’était à chaque fois un bonheur. C’est moi, quasiment à chaque fois, qui devais raccrocher, tellement il en parlait avec passion ».

Notre dossier sur Rolland Courbis

« Il m’appelait souvent la saison dernière, ça le rongeait qu’on puisse descendre », confirme le président du MHSC Laurent Nicollin, à Midi Libre. « Rolland, je le connaissais depuis plus de cinquante ans, souligne Michel Mézy, une autre personnalité du club. C’était la gouaille, le soleil avec tous ses excès, quelqu’un qui connaissait le foot, l’aimait profondément, un homme très attachant, truculent. »