France - Ukraine : « L’objectif, c’est gagner »… Les Bleus, à peine qualifiés et déjà au taquet pour la Coupe du monde
football•L’équipe de France a obtenu son billet pour sa 8e Coupe du monde d’affilée grâce à sa victoire contre l’Ukraine, jeudi soir au Parc des PrincesNicolas Camus
L'essentiel
- L’équipe de France est qualifiée pour la Coupe du monde 2026 après sa victoire 4-0 contre l’Ukraine au Parc des Princes, jeudi soir.
- Une satisfaction pour tout le monde, bien sûr, mais pas une fin en soi. Les Bleus le disent clairement, ils iront aux Etats-Unis l’été prochain avec l’ambition de remporter le Mondial.
- « Si on va en demi-finale, on ne va pas dire que l’objectif est rempli. Le rêve, c’est de gagner et on sait que ça va être très difficile. Mais on se prépare pour ça », assure notamment le capitaine Kylian Mbappé, auteur d’un nouveau doublé jeudi.
Au Parc des Princes,
Dans la vie, tout est une question de timing. Et balancer « L’Amérique » de Joe Dassin, c’est toujours mieux à la fin d’un match, quand la qualification pour une Coupe du monde de l’autre côté de l’Atlantique est acquise, qu’avant le coup d’envoi. Surtout quand l’une des plus grandes désillusions de l’histoire du foot français vous attend 90 minutes plus tard. Le petit clin d’œil du DJ du Parc, jeudi soir au terme de la victoire contre l’Ukraine (4-0) qui envoie les Bleus au Mondial américain, n’est pas passé inaperçu. Et on est à peu près sûr que Didier Deschamps, qui était sur le terrain en 1993, a bien entendu aussi.
« On ressent beaucoup de fierté, avec le staff et le groupe, apprécie le sélectionneur. Je ne suis pas quelqu’un de très expressif - peut-être un peu plus dans la vie qu’ici –, mais il faut apprécier. Je n’ai pas eu l’occasion de voir l’Amérique comme joueur. Cette fois, je la verrai. »
La Coupe du monde 1994 restera, pour encore quelque temps, la dernière ratée par la France. Depuis le traumatisme bulgare, elle n’a plus rien laissé en chemin, et disputera l’été prochain son huitième tournoi planétaire d’affilée. Cela fait même 16 grandes compétitions de rang, si l’on compte les championnats d’Europe. « On peut voir que les gens sont très contents. C’est cool, parce qu’ils ne banalisent pas le fait d’aller en Coupe du Monde, observe Kylian Mbappé. On dit que c’est normal pour une équipe comme la nôtre d’aller à la Coupe du Monde, mais il ne faut pas banaliser parce que dans l’histoire de l’équipe de France, ça n’a pas toujours été le cas. Donc c’est toujours un plaisir. »
Le capitaine a bien retenu les mots de son sélectionneur, qui a dû les répéter, on imagine, une bonne centaine de fois à ses joueurs. On aurait tout de même assez mal vécu, ne le cachons pas, d’être éjectés d’un Mondial à 48 équipes, avec un accès encore possible même si l’on avait terminé deuxième d’un groupe comprenant l’Ukraine, l’Islande et l’Azerbaïdjan. Mais on ne fera pas la fine bouche en voyant nos Bleus assumer leur statut – demandez donc aux Italiens ce qu’ils en pensent –, et puis comme le dit Lucas Digne, « ce n’est jamais facile de gagner un match international » – ça on le voit bien à chaque trêve, merci.
Faites vos jeux en attaque
Bref, tout le monde va enfin pouvoir se projeter officiellement sur l’été prochain, et c’est une très bonne chose. On va parler dans les semaines et mois à venir d’ossature de liste, de joueurs qui marquent des points, qui en perdent, qui flambent en club mais peut-être un peu tard, tout ça. La hiérarchie chez les gardiens et en défense semble assez claire, au milieu aussi, même si Tchouaméni et Rabiot ne sont pas là sur ce rassemblement, et que l’on s’interroge à long terme sur la capacité du précieux N’Golo Kanté à conserver sa forme dans le championnat saoudien. En revanche, en attaque, faites vos jeux.
Ousmane Dembélé a tout raté depuis la rentrée, mais en pleine possession de ses moyens, il est indiscutable. Ce qui n’est pas le cas de Randal Kolo Muani et Marcus Thuram. Ces deux fidèles de DD, qui étaient bien installés, vont peut-être se mordre les doigts d’avoir été blessés. Car en leur absence, Hugo Ekitike et Magnes Akliouche ont montré qu’il faudrait compter avec eux, tandis que Michael Olise ne fait plus débat. Rayan Cherki encore un peu, mais ce ne sera plus le cas s’il continue de prendre de l’épaisseur à Manchester City.
Dans la bouche de Deschamps, cela donne ça : « Il y a des joueurs qui ont eu du temps de jeu, c’était important. Il y a des blessés sur ce rassemblement, trop probablement, même si cela me permet de voir d’autres joueurs. Mais ça ne permet pas de répéter comme je l’aurais aimé. Si tout le monde est là - et c’est tout le mal que je me souhaite –, ce sera difficile de choisir. Mais cette oxygénation était importante par rapport à tout ce qui nous attend, même si je l’ai toujours fait. »
Vous y piocherez ce que vous voudrez, pour notre part, on a l’impression qu’Ekitike et Akliouche ne redescendront pas du train, et que tout se jouera au maximum sur un ou deux postes. Mais quel que soit le groupe qui partira aux Etats-Unis l’été prochain, l’équipe de France a un tel potentiel qu’elle ne peut que viser la victoire. Peut-il en être autrement, de toute façon, quand on reste sur un titre et une finale ?
La question de l’objectif, posée dans les travées du Parc jeudi soir, fait bien rire Mbappé. Surtout quand on évoque une demi-finale. Magnéto :
« Je ne comprends pas ce truc de demi-finale. Si l’objectif c’est demi-finale, on va en demi-finale, on s’arrête, on rentre ? Non, l’objectif, c’est gagner, remet en place le Kyks. C’est le rêve de tout le monde. Après, il y a des gens qui vont faire la fine bouche pour dire demi-finale, et si on ne gagne pas, on dira c’est bon, on avait dit demie. Mais nous, c’est gagner. Si on va en demie, on ne va pas dire que l’objectif est rempli. Le rêve, c’est de gagner et on sait que ça va être très difficile. Mais on se prépare pour ça. »
Ça a le mérite d’être clair. Lucas Digne, qui s’est arrêté en zone mixte après son capitaine, pense la même chose. « On y va pour gagner », lance le défenseur, qui pourrait enfin vivre sa première grande compétition en tant que titulaire. Une ambition qui plaira certainement à Didier Deschamps, même si ce dernier se garde bien d’être aussi définitif. Ça nous aurait étonné, aussi.
« C’est un nouveau format, avec plus d’équipes, il y a pas mal de complications là-bas, des conditions climatiques à prendre en compte, et il faudra connaître le temps de récupération entre les matchs, énumère DD. On aura l’ambition, oui, mais il y a des étapes à franchir avant. On a le devoir de faire en sorte d’aller le plus loin possible. »
Toute l'actu des BleusPour le tirage au sort, le 5 décembre prochain, la France, troisième au classement Fifa, sait déjà qu’elle sera l’une des neuf têtes de série autres que les trois pays hôtes (États-Unis, Canada et Mexique). L’Argentine, l’Angleterre et le Brésil le seront également, tout comme probablement l’Espagne, le Portugal et les Pays-Bas, s’ils ne font pas n’importe quoi lors de la dernière journée de qualification dimanche.
Voilà qui éclaircit déjà le tableau. « On va savoir avec qui on est, et surtout où. Cela déterminera la suite, et on pourra accélérer la préparation avec le staff », projette le sélectionneur. Ce dernier redoutait cette soirée, avec ce contexte émotionnel chargé. Il a quitté le stade un peu plus léger qu’en arrivant.



















