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Le procès Maradona annulé car une juge aurait participé à un documentaire ?

Argentine : Le procès sur la mort de Diego Maradona annulé après la participation d’une juge à un documentaire ?

JusticeDes avocats accusent l’une des juges, Julieta Makintach, d’avoir participé à une production audiovisuelle autour du procès sur la mort de Diego Maradona. Alors qu’il reprend ce mardi après sept jours de suspension, celui-ci risque d’être annulé
Jérémy Laugier

J.Lau. avec AFP

L'essentiel

  • Le procès sur la mort de Diego Maradona est menacé d’annulation en raison de la mise en cause d’une juge soupçonnée d’avoir collaboré à un documentaire à l’insu des parties.
  • Des avocats demandent la récusation ou la destitution de la juge Julieta Makintach, après la diffusion d’images la montrant filmée dans les locaux du tribunal avant le procès et donnant des interviews sur son métier et sur le début du procès.
  • Selon l’avocat argentin Mario Baudry, « le plus sain est qu’on recommence tout à zéro ». La reprise du procès, ce mardi à San Isidro (nord de Buenos Aires), pourrait donc être une journée décisive.

Est-on face à une péripétie de procédure ou une grave débâcle judiciaire ? Le procès sur la mort de Diego Maradona se trouve être en péril après la mise en cause d’une des juges, soupçonnée d’avoir collaboré à l’insu de tous à un documentaire. Un épisode qui pourrait faire annuler l’ensemble des débats en Argentine.

Après sept jours de suspension, le procès de sept professionnels de santé (médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers) reprend en tout cas ce mardi à San Isidro (nord de Buenos Aires). Ceux-ci sont accusés de négligences ayant potentiellement entraîné la mort du légendaire footballeur, en novembre 2020, sur un lit de convalescence à domicile en post-neurochirurgie.

La juge Julieta Makintach a démenti

Une reprise d’audience, mais pour combien de temps ? Dans la foulée de deux avocats de la défense il y a une semaine, d’autres - dont Fernando Burlando, médiatique avocat des filles aînées de Maradona - sont résolus à demander ce mardi la récusation, voire la destitution, de la juge Julieta Makintach, l’une des trois magistrates du procès.

Le doute initial est venu de la présence en audience, en mars aux premiers jours du procès, de personnes paraissant filmer les débats, où les caméras étaient strictement interdites. Plusieurs parties soupçonnaient alors la connivence d’une magistrate. Julieta Makintach, pénaliste de 47 ans, a démenti avoir participé à une production audiovisuelle sur le procès, ou avoir commis un quelconque délit.

Mais une série de perquisitions depuis une semaine (et les demandes de récusation), puis la diffusion de vidéos dans la presse, sont venues affaiblir sa défense. L’une des productrices impliquées s’est défendue, dans une déposition, de n’avoir fait que préparer un documentaire centré sur la juge Makintach, « son rôle de juge et femme », sans « référence au procès proprement dit ».

« Elle n’a pas agi comme une juge, mais comme une actrice »

Des images de vidéosurveillance montrent la magistrate parcourant les locaux du tribunal, le dimanche précédant l’ouverture du procès, filmée par une équipe, donnant des bouts d’interview sur son métier mais aussi sur le début de ce retentissant procès. Si la semaine dernière, certaines parties spéculaient sur le fait que le procès pourrait se poursuivre, y compris avec la juge Makintach éventuellement dessaisie, l’option paraissait ces derniers jours moins probable aux yeux des avocats comme d’observateurs extérieurs.

« C’est un scandale d’une ampleur telle que le monde entier parle de la justice argentine comme du pire des exemples », a fulminé Me Burlando ce week-end, remonté contre la « négligence » du tribunal de San Isidro et le « narcissisme » de la magistrate. « Elle n’a pas agi comme une juge mais comme une actrice », regrette-t-il.

« Le plus sain est qu’on recommence tout à zéro »

« Le procès ne peut pas continuer, il doit être annulé, même si c’est une honte et un manque total de respect pour Diego Maradona, ses sœurs, ses filles et tous les Argentins qui veulent une justice équitable », estime de son côté Adrian Tenca, pénaliste et professeur de droit à l’Université de Buenos Aires.

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« Tout le monde a désormais la sensation que ceci est vicié. Le plus sain est qu’on recommence tout à zéro », confie de son côté Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, ex-compagne de Maradona. Mario Baudry prédit que si toutes les parties se mettent d’accord, un nouveau trio de juges pourrait être désigné en vue de reprendre le procès. Peut-être « vers janvier 2026 », spécule-t-il. Les accusés, qui déclinent toute responsabilité dans le décès d'« El Pibe de Oro », encourent 8 à 25 ans de prison.