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L’appel à l’aide de Jeff Louis, bloqué à Haïti tenue par les gangs

Haïti : « Si tu leur poses problème, ils te tuent »… L’appel à l’aide de Jeff Louis, bloqué sur l’île tenue par les gangs

FootballL’ancien joueur de Nancy est retourné vivre à Haïti, où il espère échapper à un destin funeste
Antoine Huot de Saint Albin

A.H.

Il a disputé les plus grosses affiches de Ligue 1, découvert la Ligue des champions et a même participé à la Gold Cup. Mais, aujourd’hui, le combat de Jeff Louis, est loin des terrains. Retraité, l’ancien joueur de Nancy ou Caen, est rentré chez lui, à Haïti, il y a trois ans, pour être auprès de sa mère. Aujourd’hui, il se retrouve dans une situation dangereuse en raison des violences des bandes criminelles, accusées de meurtres, viols, pillages et enlèvements, dans un contexte d’instabilité politique.

Ainsi, « en février et mars, 1.086 personnes ont été tuées et 383 blessées », a indiqué Maria Isabel Salvador, représentante spéciale de l’ONU dans le pays. Plus de 5.000 personnes avaient été tuées en 2024. Dans son rapport trimestriel vu par l’AFP le 21 avril, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres évoque, lui, les « craintes d’un effondrement imminent de la présence de l’Etat à Port-au-Prince », capitale déjà contrôlée à environ 85 % par les gangs.

« Ce n’est plus une vie ici, c’est l’enfer »

« Des gangs se sont emparés de Mirebalais, la ville où j’ai ma maison, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Port-au-Prince, témoigne Jeff Louis auprès de l’Est Républicain. Ils m’ont tout pris. Je n’ai pas eu d’autres choix que de fuir. Ces gens-là n’ont aucune valeur, aucune considération pour la vie humaine. Si tu leur poses problème, ils te tuent. J’ai peur de mourir. Je survis comme je peux, il me reste un tout petit peu d’argent pour dormir à l’hôtel pendant quelques jours mais, après ça, je vais me retrouver à la rue, sans rien. »

Père de deux enfants de 6 et 8 ans, restés en France, Jeff Louis se retrouve aujourd’hui dans l’impossibilité de rejoindre l’Hexagone, la faute à des papiers qui ne sont plus à jour, mais espère vite quitter Haïti. « Ce n’est plus une vie ici, c’est l’enfer, explique l’ancien du Standard de Liège. Il n’y a plus que des massacres, des pillages, des viols. Il faut que je trouve un moyen de rentrer en France. Je n’arriverai pas à m’en sortir tout seul. J’ai besoin d’aide. »