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Le Sénat tance la LFP et appelle à une régulation du foot professionnel

LFP : Le Sénat tance la Ligue et Labrune et donne ses pistes pour mieux réguler le foot professionnel

avertissement travailLa commission d’enquête du Sénat sur la financiarisation du football a révélé mercredi son rapport au vitriol. Les sénateurs proposent des mesures de régulation pour éviter le naufrage d’un foot pro qui peine à apprendre des erreurs commises
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • La commission sénatoriale sur la financiarisation du football français pointe du doigt dans son rapport au vitriol les dysfonctionnements au sein du football professionnel français.
  • Le rapport s’interroge sur l’attribution des droits TV, les conflits d’intérêts et la rémunération excessive de Vincent Labrune, président de la LFP, à l’heure où les clubs français sont pour certains en souffrance. Les sénateurs recommandent 35 mesures pour mieux encadrer la gouvernance de la Ligue.
  • La commission recommande un ratio maximal de distribution de 1 à 3 des revenus entre clubs professionnels, afin d’assurer une meilleure solidarité financière. Opposant à Labrune, le président du Havre Jean-Michel Roussier espère une application rapide de l’agenda proposé par les sénateurs, et ce pour éviter « la faillite sportive de nos clubs professionnels ».

Rarement les événements n’avaient autant légitimé l’existence d’une commission d’enquête sénatoriale. Celle sur la financiarisation du football, dont le rapport au vitriol de 130 pages a été révélé mercredi, aura accompagné l’épisode (toujours en cours) de l’attribution des droits TV de la Ligue 1 et de la réélection de Vincent Labrune à la présidence de la Ligue de football professionnel. S’il avait voulu aggraver son cas auprès des sénateurs Laurent Lafon (UDI) et Michel Savin (LR), le foot français ne s’y serait pas pris autrement. « Des erreurs ont été commises et aucun enseignement n’a été tiré, regrette le premier. Elles continuent, et on le voit avec l’attribution des derniers droits audiovisuels. Ces erreurs placent les clubs dans une position très délicate. »

En toile de fond, les sénateurs posent la question de ces dysfonctionnements chroniques et remettent en cause le professionnalisme du collège des acteurs du football professionnel, inquiétude nourrie au long des six mois de mission qui ont abouti à une soixantaine d’auditions, un contrôle dans les locaux de la Ligue de football professionnel (LFP) et à la découverte d’un monde où les règles du jeu peuvent être facilement contournées.

Les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin
Les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin - Hans Lucas via AFP

Vincent Labrune et Nasser Al-Khelaïfi en prennent pour leur grade

Le chantier est tel que Michel Savin propose 35 recommandations pour cadrer la LFP et sa gouvernance. L’une d’entre elles concerne les rémunérations des dirigeants de Ligues sportives, avec un plafonnement recommandé à 450.000 euros calqué sur les indemnités régies par la loi sur les entreprises publiques. Le montant correspond à la moitié du salaire de Vincent Labrune post-réélection, les deux sénateurs ayant une nouvelle fois taclé une diminution de façade puisque le salaire de l’ancien président de l’OM correspond au « double de celui qu’il avait lorsqu’il a été élu la première fois » à la tête de la LFP.

La commission s’attaque également aux conflits d’intérêts dans la gestion des affaires du football français et s’étonne en outre des nombreux fauteuils occupés par Nasser Al-Khelaïfi, sans le citer expressément. « Il n’est pas normal, comme c’est le cas aujourd’hui, qu’un membre du conseil d’administration d’une ligue puisse diriger une entreprise de diffusion audiovisuelle candidate au droit. » Les sénateurs regrettent par ailleurs que le président du PSG n’ait pas pu être entendu, ce dernier ayant reporté à plusieurs reprises une audition qui n’a finalement jamais existé.

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Le président du Havre espère une mise en application rapide

Enfin, l’une des propositions notables de la commission concerne la solidarité via une redistribution équitable des ressources issues des sociétés commerciales entre les différents clubs français afin d’assurer la pérennité du championnat. Les sénateurs recommandent ainsi la fixation d’un ratio « maximal de distribution de 1 à̀ 3 des revenus entre clubs professionnels », annonce dont se félicitent les plus petits clubs comme Le Havre. Le HAC rappelle dans un communiqué qu’il s’agissait d' « une mesure à laquelle l’ensemble des clubs professionnels avait souscrit en 2016, pour éviter un championnat à deux vitesses. » Or, à date et selon les travaux des sénateurs, le ratio actuel serait de « 1 à 4,5 ».

Le président havrais, Jean-Michel Roussier, compte parmi les rares opposants assumés de Vincent Labrune, et espère une mise en application rapide de cet agenda. « Il y a urgence. Seule l’entrée en vigueur de ces mesures permettra d’éviter la faillite du siècle. La faillite sportive de nos clubs professionnels, qui ont besoin de plus d’équité ; la faillite morale de notre secteur, qui doit accepter les règles de transparence et d’éthique qui régissent notre société. »