Equipe de France : Donnez le brassard à Ibrahima Konaté, le meilleur communicant des Bleus
FOOTBALL•De passage en conférence de presse ce mardi, à Clairefontaine, et en l’absence de Kylian Mbappé, le défenseur central de Liverpool s’est positionnéWilliam Pereira
L'essentiel
- Ibrahima Konaté a fait forte impression lors de son passage en conférence de presse, mardi à Clairefontaine aussi bien par son discours que par son ambition d’obtenir le brassard de capitaine.
- « Être un leader, c’est quelque chose qui ne peut pas s’apprendre, a déclaré Konaté, qui se pose en possible capitaine. On l’a, ou on ne l’a pas ».
- Sur la question des droits des joueurs et d’une éventuelle grève générale, Konaté n’est pas non plus en reste : « Si demain tous les leaders dans le monde du football se décident à taper du poing sur la table… […] S’il y a un mouvement qui peut amener à une compréhension, je pense que les joueurs le suivront car c’est dans notre intérêt à tous. »
A Clairefontaine,
Lundi, il est arrivé en roi de la mode à Clairefontaine. Mardi, c’est sans cagoule verte mais avec l’aura d’un leader qu’Ibrahima Konaté s’est présenté devant des journalistes irradiés par l’énergie solaire du bonhomme. « Je pourrais rester là à l’écouter des heures », sourit un confrère alors que le défenseur de Liverpool vient à peine de quitter la pièce. Pas nous qui allons le contredire. Pour la première fois ou presque, en X années de conférences de presse au fin fond des Yvelines, c’est débordés d’informations que nous ressortons de l’auditorium.
Le dernier à avoir fait si bonne impression ? Sans aucun doute le Mbappé de Monaco. Kylian a fini capitaine, et on ne serait guère étonnés de voir Konaté le rejoindre. Par son discours et en dépit d’un statut de titulaire indiscutable à retrouver, il postule clairement au brassard libéré par l’attaquant merengue, absent du rassemblement.
Konaté communicant-né
« Être un leader, c’est quelque chose qui ne peut pas s’apprendre, a déclaré Konaté. On l’a, ou on ne l’a pas. Il faut être apprécié de tous sur le terrain et en dehors. Il va être là pas forcément quand ça se passe bien, mais surtout quand ça ne se passe pas bien [pardonnez notre mauvais esprit, mais on a envie d’y voir un scud pour vous savez qui] . »
Pour ce qui est des prétendants à l’intérim, le défenseur central a bien quelques noms en tête. « Mike (Maignan), moi… Jules (Koundé), Aurel' (Tchouaméni), peut-être. Ce sont les seuls noms qui me viennent en tête. »
L’Euro 2024 passé sans jouer porte forcément préjudice au prétendant - il en est bien conscient - mais son agilité dans l’exercice médiatique le place devant ceux qui, à l’image du gardien de but, exècrent le sacro-saint ping-pong d’avant match avec les journalistes. Dans la configuration actuelle, en partant du principe que Kylian Mbappé continuerait de sécher l’exercice comme ça a déjà pu être le cas, un Konaté serait le parfait substitut, l’équivalent joueur de l’adjoint envoyé en conférence de presse dans une partie de Football Manager. Celui que l’on envoie prendre la foudre.
Bavard sur le Proche-Orient et les rythmes infernaux
Ibrahima Konaté, homme hybride, mi-panneau solaire, mi-paratonnerre. Capable de se marrer de sa rivalité avec Jules Koundé sur le terrain de la mode et d’évoquer comme si de rien n’était, le possible « craquage psychologique » de Kylian Mbappé, dont le mal-être actuel est un secret de polichinelle dont le Scouser « aimerait parler avec lui » et d’évoquer la situation au Proche-Orient avant de jouer Israël, jeudi, le tout sur un fil suspendu dans le vide.
« On ne va pas regarder contre qui on joue, le plus important c’est de gagner et de prendre les trois points mais ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, ça ne nous laisse pas insensibles, c’est la vérité. Ce qu’on voit aujourd’hui sur les réseaux sociaux, c’est abominable. Je n’ai même pas les mots pour décrire l’horreur qu’on voit. »
Sur le terrain du droit des joueurs, grand thème d’actualité, le joueur n’a pas été en reste, notamment sur la question d’une hypothétique grève. « Si demain tous les leaders dans le monde du football se décident à taper du poing sur la table… […] S’il y a un mouvement qui peut amener à une compréhension, je pense que les joueurs le suivront car c’est dans notre intérêt à tous. » Ibrahima Konaté président… heu capitaine !


















